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Bombardier : le syndicat lance un cri du cœur pour les travailleurs

Enseigne de l'usine Bombardier à La Pocatière

Le coordonnateur québécois du syndicat des machinistes de Bombardier dit que les Québécois devraient promouvoir et protéger une industrie qui a le potentiel d'assurer notre prospérité.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Le coordonnateur québécois du syndicat des machinistes de Bombardier, David Chartrand, lance un appel à l'aide pour Bombardier dans une lettre ouverte publiée vendredi.

Souhaiter que Bombardier ferme, c'est souhaiter l'appauvrissement collectif des Québécois. Et ça équivaut à laisser tomber des milliers de travailleurs dans l'industrie, écrit David Chartrand. Le dirigeant syndical a tenu à répliquer à tous ceux qui, par dépit, à cause des difficultés de l'entreprise, plaident pour la fermeture pure et simple de Bombardier ou le refus de toute aide supplémentaire, sous prétexte qu'il s'agit là d'un gouffre financier.

L'industrie aérospatiale, c'est 200 entreprises et 42 000 emplois directs, dont 12 000 chez Bombardier. Ne laissons pas tomber tous ces travailleurs et travailleuses, écrit le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), affiliée à la FTQ. Il soutient que sans Bombardier, des entreprises comme Airbus, Mitsubishi ou Stelia ne se seraient pas établies au Québec.

En principe, comme Québécois, on devrait être fier, on devrait promouvoir et protéger une industrie qui a le potentiel d'assurer notre prospérité. Au lieu de ça, on préfère culpabiliser d'avoir investi des fonds publics dans une entreprise québécoise pour qu'elle réalise le programme d'avion le plus ambitieux et prometteur des 50 dernières années, lance M. Chartrand. Il affirme que Bombardier est l'entreprise qui a le plus investi en recherche et développement au Canada en 2017 et en 2018, pour des sommes de 1,6 et 1,5 milliard de dollars respectivement.

Malgré tout ce que l'on pourrait reprocher à Bombardier, le succès de l'entreprise a contribué à l'économie du Québec. L'entreprise a également permis à un nombre incalculable de Québécois et de Québécoises de développer leur talent et de travailler dans une industrie qui les passionne, ajoute le dirigeant syndical.

En conclusion de sa lettre, David Chartrand pose une question.

En fait, la vraie question à se poser ici n’est pas : doit-on aider ou non une entreprise d’un secteur clé de notre économie? Ce qu’on doit se demander c’est : comment faire pour que chacun de nos investissements assure un maximum de retombées pour le Québec?

David Chartrand, porte-parole du syndicat

Une dette de neuf milliards

Avec une dette de neuf milliards de dollars, Bombardier se voit acculée au pied du mur. À la fin du mois dernier, l'agence Bloomberg citait des sources anonymes selon lesquelles l'entreprise envisageait de céder ses activités ferroviaires à son concurrent Alstom. En début de semaine, c’est le Wall Street Journal qui laissait entendre que Bombardier négociait avec la compagnie américaine Textron pour lui vendre sa division d'avions d'affaires.

Ottawa et Québec ont déjà injecté plusieurs centaines de millions de dollars dans la compagnie au cours des dernières années. Le premier ministre François Legault a déjà dit qu'il veut préserver les emplois. C’est sûr qu’actuellement, il y a 13 000 emplois dans la division avions au Québec, alors qu’il y a seulement 1000 emplois dans la division trains. Mais le potentiel est du côté des trains, donc la réponse n’est pas évidente, a résumé M. Legault plus tôt cette semaine.

Sur les ondes d'En direct avec Patrice Roy, à ICI RDI, le ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon a dit douter de la vente des deux divisions de la compagnie. Ce sera soit les trains, soit les avions d'affaires. C'est sûr que Bombardier va survivre, mais ce sera dans un environnement différent de celui que l'on connaît aujourd'hui, a ajouté M. Fitzgibbon.

Avec les informations de La Presse canadienne

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