•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Après la procédure de destitution, Trump fait le ménage à la Maison-Blanche

Gordon Sondland, la main levée, en gros plan.

L'ambassadeur Gordon Sondland pendant son témoignage devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman, expert de l'Ukraine au Conseil de sécurité nationale (NSC) américain, est limogé, tandis que l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, est rappelé, deux jours après l'acquittement du président américain.

Les deux hommes ont été des témoins importants lors de l'enquête en destitution visant Donald Trump. Lors de l'enquête sur la mise en accusation de Donald Trump, M. Vindman, le principal expert de l'Ukraine au sein du NSC, avait exprimé aux membres de la Chambre des représentants ses inquiétudes par rapport à la conduite de l'administration Trump dans le dossier ukrainien. Quant à Gordon Sondland, il avait contredit le président américain en affirmant qu'il y avait bel et bien eu une demande d'échange de services entre Américains et Ukrainiens au cours de l'année 2019.

M. Sondland a confirmé la nouvelle dans un communiqué. On m'a informé aujourd'hui que le président a l'intention de me rappeler immédiatement de mon poste d'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, a-t-il attesté. Il a aussi remercié Donald Trump de lui avoir permis d’occuper ce poste. Notre travail ici a été le point culminant de ma carrière, a-t-il commenté. Les liens entre l'ambassadeur et la Maison-Blanche s'étaient détériorés depuis son témoignage.

Quant à Alexander Vindman, il devait initialement quitter son poste au NSC en juillet prochain. Il avait cependant fait part à ses collègues, récemment, de son désir de partir avant cette date. Le lieutenant-colonel a appris vendredi que ses services n’étaient plus requis. M. Vindman a ensuite été escorté hors de la Maison-Blanche par les services de sécurité, selon son avocat, David Pressman.

Son frère jumeau, le lieutenant-colonel Yevgeny Vindman, avocat au NSC, a également été licencié, soudainement et sans explication, selon M. Pressman, et a quitté la Maison-Blanche à ses côtés. Les deux frères auraient déjà été réaffectés au sein de l'armée, selon un porte-parole, qui a refusé de donner plus d'informations.

Le procès en destitution contre le président américain, qui s'est déroulé au Sénat après l'enquête menée par la Chambre des représentants, s'est conclu cette semaine par l'acquittement de Donald Trump.

Limogé « pour avoir dit la vérité »

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman, portant l'uniforme, répondant aux questions des élus.

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman répond aux questions des membres de la Chambre des représentants.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

Selon un proche de Trump cité par CNN, ces deux licenciements visent à envoyer le message que le fait de prendre parti contre le président ne sera pas toléré. Rincer les tuyaux [flushing out the pipes]. C'était nécessaire, a-t-il déclaré. Donald Trump avait laissé présager le licenciement d’Alexander Vindman. Je ne suis pas content de lui. Vous pensez que je suis censé être content de lui? Je ne le suis pas, avait-il déclaré plus tôt vendredi. Depuis le témoignage de M. Vindman, Donald Trump ne cessait de s’en prendre à lui en privé, selon des témoins.

Dans un communiqué, l’avocat de M. Vindman soutient que son client a été démis de ses fonctions pour avoir dit la vérité. Son honneur, son engagement envers le droit, ont effrayé les puissants, écrit-il. L’avocat souligne que pendant ses nombreuses années de service, le lieutenant-colonel a servi les États-Unis avec dévouement. Il ne s’est exposé au public que lorsqu'il a été assigné à témoigner devant le Congrès, et il a fait ce que la loi exigeait, commente-t-il.

L’appel au président ukrainien

Lors de son témoignage devant la Chambre des représentants, en novembre, Gordon Sondland avait catégoriquement dit que l’annonce par l’Ukraine d'enquêtes sur la société gazière ukrainienne Burisma et sur la possible ingérence de l'Ukraine dans les élections présidentielles américaines de 2016 était une condition préalable à un appel entre le président Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, ainsi qu'à la tenue d'une rencontre entre les deux dirigeants.

Il avait aussi déclaré aux législateurs qu'il en était venu à croire que l'administration Trump liait l'enquête sur Burisma à près de 400 millions de dollars d'aide à l'Ukraine. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, candidat à l'investiture présidentielle démocrate et donc adversaire politique direct de Donald Trump, a siégé à la direction de l'entreprise gazière ukrainienne, qui a un temps été soupçonnée de pratiques douteuses.

Le vice-président Mike Pence, le secrétaire d'État Mike Pompeo, le chef de cabinet de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, et l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton, tous étaient au courant des pressions exercées sur l'Ukraine, avait-il attesté. Il avait ainsi contredit le président Trump, qui avait assuré à plusieurs reprises qu'il n'y avait en aucun cas eu de demande de contrepartie (quid pro quo) dans cette affaire.

De son côté, Alexander Vindman avait témoigné à huis clos à la fin d'octobre 2019. M. Vindman avait avoué avoir écouté l'entretien téléphonique du mois de juillet entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, au cœur de la procédure de destitution, à partir de la salle de crise de la Maison-Blanche. J'étais préoccupé par cet appel, avait admis Alexander Vindman au cours de sa déclaration d'ouverture, préoccupation dont il disait avoir fait part à l'avocat principal du NSC.

Lors de son témoignage, M. Vindman avait aussi affirmé qu’il avait tenté d’apporter des modifications à la transcription de l’entretien téléphonique publié par la Maison-Blanche, notant que celles-ci avaient été omises, mais sans toutefois dire pourquoi. Il avait également déclaré aux législateurs qu’on lui avait dit de ne pas discuter de l'appel avec qui que ce soit.

Alexander Vindman est né en Ukraine. Sa famille est arrivée de l'Union soviétique aux États-Unis en 1979, quand il était enfant. Le lieutenant-colonel a reçu la médaille Purple Heart pour son service en Irak après avoir été blessé lors d'une attaque d'engins explosifs improvisés. Il a aussi effectué des missions en Corée du Sud et en Allemagne.

Avec les informations de CNN, et Washington Post

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International