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Un Saskatoonais résout le mystère de l’identité de son père français

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Michael Sovyn porte une photo devant lui de son père. Michael est dans son salon à Saskatoon.

Michael Sovyn avec une photo du soldat français, son père, Lucien Laurent

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne Smith

Radio-Canada

Michael Sovyn se posait beaucoup de questions sur le passé de sa famille et ne pensait plus trouver les réponses de son vivant. L'homme de 74 ans de Saskatoon cherchait son père depuis des années. Il y a quelques semaines, il a finalement eu des réponses.

Tout ce que Michael connaissait de son père, c'était ce que sa mère lui avait dit. Selon le récit de sa famille, cette dernière, Maria, travaillait dans un restaurant en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La rencontre

Dans la jeune vingtaine, elle a rencontré un « beau soldat français » qui fréquentait l'établissement. Ils se sont plu dès les premiers instants.

 Il a passé beaucoup de temps en Allemagne, mais il a dû partir parce qu'il était soldat, mais il revenait fréquemment lui rendre visite, explique Michael Sovyn. Le couple a même fait quelques voyages ensemble.

Un jour, les visites du soldat ont pris fin et Maria s'est retrouvée enceinte, puis seule avec son fils Michael.

Une photo de Maria Sovyn et son fils Michael en Allemagne.

Maria Sovyn et son fils Michael en Allemagne.

Photo : Michael Sovyn

La mère et le fils vivaient dans un camp allemand pour étrangers quand, un jour, elle a reçu un manteau, don d'une famille de Canora, en Saskatchewan. À l'intérieur de la poche se trouvait une note demandant à la personne qui l’avait reçue de les contacter. C’est ce qu’elle a fait et la famille l'a aidée à s'installer avec son fils alors âgé de trois ans en Saskatchewan.

Le seul souvenir que Maria et Michael avaient de Lulu, le père de l'enfant, était une photo avec une note écrite en français au dos.

La photo du soldat avec une note inscrite en arrière.

La photo du soldat avec une note inscrite en arrière.

Photo : Michael Sovyn

Maria se souvenait de l'avoir appelé Lulu, mais ne connaissait pas son nom de famille. Elle se souvenait également qu'il était né à Marseille et que sa famille avait des liens avec l'industrie de la chaussure.

Malheureusement, elle est décédée en 2005.

À la recherche de Lulu

Après la mort de sa mère, Michael Sovyn a continué ses recherches pour retrouver son père.

Sa fille, Sherri Hrycay, est chapelière et propriétaire du Sova Hat Shoppe, à Saskatoon.

Son talent l'a amenée à faire des voyages en Europe, dont plusieurs en France. Lors de chaque voyage, Sherri et sa famille cherchaient des indices sur l’identité du soldat français.

Sherri à coté de son père. Elle a la main sur son épaule.

Sherri Hrycay et son père, Michael Sovyn.

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne Smith

Il y a quelques années, la famille a fait appel à la généalogiste Murièle Gadaut à Paris pour l'aider dans ses recherches.

C'était très compliqué parce qu’on est parti avec le témoignage de Maria qui complétait cette photo, mais nous ne savions pas quel crédit apporter à ses souvenirs. Est-ce que ce sont des choses qu'elle avait romancées?

Grâce à un test ADN et au site Myheritage.com, la famille a trouvé un jeune cousin en France.

La généalogiste a pu reconstituer l’arbre généalogique de Michael et trouver les adresses de membres de sa famille. Elle a envoyé des lettres, qui contenaient la photo de Lulu.

Les retrouvailles

En janvier, une membre de la famille a finalement pris contact avec Mme Gadaut après avoir reconnu sur la photo du soldat, qui est l’oncle de son mari, Lucien Laurent.

Lucien, ou « papa Lulu », comme l'appelait sa famille, était mort 20 ans auparavant, mais il avait eu trois fils.

Murièle Gadaut a aidé les familles à entrer en contact les unes avec les autres.

Au début, tout le monde avait beaucoup de questions. La famille en France voulait s'assurer que ce n'était pas une arnaque.

 Nos téléphones sonnent ici 24 heures sur 24. Il y a toujours quelqu'un qui nous appelle avec de nouvelles informations sur les liens entre nous.

Au fil du temps, les familles ont découvert qu'elles avaient beaucoup de choses en commun, mais le véritable choc pour Sherri a été lorsqu'elle a découvert que son grand-père avait travaillé dans une fabrique de chapeaux. Vraiment! J'étais époustouflée, c'est incroyable!

C’est beaucoup d’information à digérer pour Michael, mais il a l'impression que sa vie est plus complète.

Il s'apprête à rencontrer les membres de sa famille à Nice, sur la Côte d'Azur, où ils vivent.

« Les premiers jours, les frères et moi allons passer du temps ensemble. Nous allons apprendre à nous connaître. »

Sherri, Michael et son épouse Lorraine, feront le voyage à la fin du mois de mars.

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