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La Couronne réclame 6 mois de prison pour la lanceuse de chaise de Toronto

Marcella Zoia entourée par les caméramans à la sortie de la cour.

Marcella Zoia et son avocat Greg Leslie à la sortie de la cour.

Photo : CBC

Jean-Philippe Nadeau

L'audience sur la détermination de la peine de la femme qui avait lancé une chaise sur l'autoroute Gardiner à Toronto s'est terminée vendredi. Marcella Zoia a plaidé coupable en novembre à une accusation de méfait ayant mis la vie d'autrui en danger après avoir lancé, il y a un an, une chaise d'une tour du centre-ville.

La Couronne a réclamé une peine de 6 mois de prison, deux années de probation et 240 heures de travaux communautaires. Elle demande aussi à ce que la femme de 20 ans suive des séances de counselling pour alcoolisme et qu'on lui interdise d'afficher quoi que ce soit sur les médias sociaux durant cette période.

À l'époque, la vidéo du lancer de chaise était devenue virale. La Couronne ajoute que c’est Marcella Zoia elle même qui a diffusé la vidéo sur son compte Snapchat avant de l'effacer trois heures plus tard, ce qui constitue un facteur aggravant.

La vidéo du lancer de la chaise était devenue virale dans les réseaux sociaux

La Couronne dit qu'elle ne croit pas aux remords de la délinquante et qu'une peine de prison est proportionnelle à la gravité du méfait qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques selon elle.

Qu'elle se compte chanceuse de n'avoir tué personne ce jour-là, poursuit la procureure Heather Wright.

La chaise était tombée d'un 54e étage dans un stationnement entre l'autoroute Gardiner et le boulevard Lakeshore. La femme s'était rendue aux autorités deux jours plus tard, le 11 février 2019, après que la police eut lancé un avis de recherche grâce aux photos de la vidéo.

Un homme met une chaise emballé dans du plastique à l'arrière d'une voiture.

La chaise que Marcella Zoia a lancée est une pièce à conviction de la Couronne dans cette affaire. La chaise soigneusement emballée retourne au bureau du procureur.

Photo : Radio-Canada / Meagan Fitzpatrick

Personne n'avait été blessé, mais la Couronne ajoute, vidéos de surveillance à l'appui, qu'une vingtaine de piétons marchaient sur le trottoir sous le balcon durant la chute de la chaise en bois et en métal. La procureure Wright avait d'ailleurs présenté à la cour la chaise en question.

La Couronne ajoute que les remords de la femme ne sont pas sincères. Elle minimise toujours ce qu'elle a fait et ne parle que des conséquences de son geste sur sa vie, souligne Me Wright.

La procureure lui reproche de ne penser qu'à elle, lorsqu'elle exprime dans le rapport psychiatrique sa frustration de voir la désapprobation du public et des médias à son endroit et d'endurer les restrictions qui ont été imposées à sa liberté de mouvement.

Position de la défense

L'avocat Gregory Leslie a plutôt demandé la clémence en suggérant une peine avec sursis assortie d'une période de probation de deux ans.

Ma cliente a plaidé coupable, mais elle est atteinte d'un trouble du déficit de l'attention/hyperactivité et elle a un problème de dépendance à l'alcool, explique-t-il. Elle ne comprenait pas encore les conséquences de son TDAH sur son comportement, poursuit-il.

Me Leslie explique que sa cliente a agi de façon spontanée par bravade sous la pression de ses amis après un lendemain de veille et qu'elle comprend mieux aujourd'hui la gravité de son acte.

Photo d'un homme portant un complet bleu se tenant debout devant les micros de journalistes.

Greg Leslie, l'avocat de la jeune accusée

Photo : Radio-Canada

La défense soutient toutefois que ce n'est pas sa cliente qui a diffusé la vidéo du lancer de chaise, mais qu'elle a depuis compris le côté sombre des réseaux sociaux.

Me Leslie souligne que sa cliente doit endurer les quolibets de ses anciens amis et qu'elle est soumise à une couverture négative dans les médias. Cela ne fait qu'aggraver son anxiété, dit-il.

L'avocat précise que la femme a le soutien entier de sa famille dans cette épreuve, qu'elle a obtenu son diplôme d'études secondaires avec les honneurs et que son employeur est aujourd'hui prêt à la réembaucher.

illustration judiciaire de la délinquante Marcella Zoia

Marcella Zoia s'est adressée à la juge Mara Greene au dernier jour de son audience sur la détermination de la peine.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Avant de se retirer du prétoire à l'ajournement de l'audience, la juge Mara Greene de la Cour de justice de l'Ontario a demandé à la délinquante si elle avait quelque chose à ajouter.

Vêtue toute de noir, Marcella Zoia a répété qu'elle était désolée et qu'elle est aujourd'hui en thérapie pour ses problèmes de santé. Je n'avais aucune intention malveillante, je comprends que j'aurais pu blesser quelqu'un ou provoquer un accident de voiture, précise-t-elle.

La jeune femme ajoute qu'elle ne souhaite que reprendre ses études en esthétique au Collège Bryant et poursuivre son travail de mannequin.

Dans son droit de réplique, la Couronne conclut que rien ne l'empêchera de reprendre ses études ou de travailler lorsqu'elle sortira de prison. Une période de probation n'est pas une punition, rappelle-t-elle.

La sentence sera rendue le 12 mars.

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