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Le T. rex avait un vieux cousin

Représentation d'un tyrannosaure la gueule ouverte. On peut voir une rangée de dents acérées. Des lignes verticales comme des cicatrices ponctuent sa mâchoire.

Le Thanatotheristes se différencie des autres tyrannosaures par la présence de crêtes verticales sur son museau.

Photo : Julius Csotonyi

Une espèce de tyrannosaure inconnue à ce jour a été décrite par des paléontologues albertains à partir d'ossements découverts il y a près de 12 ans.

La bête peuplait le territoire correspondant au sud de l'actuelle Alberta il y a 79,5 millions d'années.

En apparence, le dinosaure baptisé Thanatotheristes degrootorum ressemblait à son jeune cousin plus célèbre, le Tyrannosaurus rex. Il marchait sur deux pattes et avait deux pattes avant plus courtes et deux doigts à chacune d'elles. Un crâne massif doté de dents acérées complétait le tableau. Son nom veut d’ailleurs dire dieu de la mort qui récoltait les fruits de son travail .

Des crêtes pour parader

Le Thanatotheristes était toutefois un peu plus petit que son cousin, avec une longueur estimée entre 8 et 9 mètres et un poids de 2 tonnes. Le T. rex dépassait, lui, les 12 mètres.

Deux morceaux de fossiles d'une mâchoire. On peut voir des restes de grandes dents.

Les morceaux d'os trouvés montraient la présence de crêtes uniques à cette espèce. Les restes de ces crêtes apparaissent comme des points blancs.

Photo : musée Royal Tyrrell

En plus d’autres signes physiologiques distincts, des marques sur son crâne ont également permis de différencier le Thanatotheristes des quatre autres espèces de tyrannosaures identifiées dans la région.

Ces crêtes verticales sur son museau sont quelque chose d’unique, qu’aucune autre espèce de tyrannosaure n’avait auparavant, explique François Therrien, le conservateur de paléoécologie au musée Royal Tyrrell, à Drumheller. C’était sûrement des marques pour la parade [amoureuse] pour se différencier des individus de son espèce.

La famille des tyrannosaures s’agrandit

C’est la première découverte d’un tyrannosaure en 50 ans au Canada et le plus vieux spécimen. Si on regarde l’arbre généalogique des tyrannosaures, c’est une espèce qui menait sur la lignée du T. rex, mais qui s’est séparée à la toute dernière minute, résume M. Therrien, aussi coauteur d’un article scientifique sur cette nouvelle espèce.

Deux hommes se tiennent côte à côte devant une série de fossiles. Un des hommes tient un morceau de mâchoire.

François Therrien (à gauche) et Jared Voris (à droite) présentent leur découverte.

Photo : musée Royal Tyrrell

Les nouveaux fossiles appuient l’hypothèse que différents types de tyrannosaures peuplaient différentes régions de l’Amérique du Nord : les plus primitifs dans le sud des États-Unis, les plus légers, comme l’Albertosaurus, dans le centre de l’Alberta, et les plus massifs et au museau allongé, dans le sud de la province et au Montana.

Découverte fortuite

L’auteur de cette trouvaille est un fermier, John De Groot, qui randonnait dans la région de Hays, dans le sud-est de l’Alberta, en 2008. Les fragments d’os se situaient sur le rivage de la rivière Bow, probablement mis au jour grâce à un éboulement.

La venue d’une équipe du musée n’a cependant pas permis, à l’époque, de découvrir beaucoup plus. La formation rocheuse n’est pas propice à la présence de nombreux fossiles.

Un homme tient deux fossiles dans ses mains.

John De Groot, un fermier albertain, a trouvé les fragments d'os lors d'une randonnée.

Photo : John De Groot

Les morceaux ont très vite été attribués à un tyrannosaure. À l’époque, le musée ne pouvait toutefois pas définir l’espèce sans pour autant confirmer qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce. C'était avant qu’un étudiant de l’Université de Calgary, Jared Voris, ne confirme la présence de marques uniques sur le fossile.

Maintenant que l’on connaît cette espèce-là, on peut revisiter les collections faites au cours des 100 dernières années, voir des fossiles découverts dans la même formation rocheuse et voir si on est capable de reconnaître quelques-uns de ces éléments diagnostiques, s’enthousiasme M. Therrien.

L’article détaillant le Thanatotheristes degrootorum est publié dans la revue scientifique Cretaceous Research.

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