•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le coût de construction de Trans Mountain explose, atteignant 12,6 milliards de dollars

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Radio-Canada

Les coûts de construction estimés du projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain passent de 7,4 milliards à 12,6 milliards de dollars, selon le président-directeur général de la société de la Couronne, Ian Anderson.

La somme rendue publique lors d'une mise à jour faite par M. Anderson vendredi matin comprend les 1,1 milliard de dollars déjà dépensés par l'ancien propriétaire, l'entreprise Kinder Morgan.

Ian Anderson explique que son entreprise a déjà dépensé 2,5 milliards de dollars, montant qui inclut le coût des processus réglementaires supplémentaires et des retards causés notamment par une décision de la Cour fédérale d’appel d'août 2018 contrecarrant l'autorisation de construire donnée par Ottawa.

Il ajoute que la moitié des frais supplémentaires sont à imputer aux retards de construction, mais aussi à des changements dans la conception : dans certaines zones, des tuyaux plus épais ont dû être ajoutés.

Selon lui, 8,4 milliards de dollars sont nécessaires pour finaliser le projet, auxquels il faut ajouter 1,7 milliard de coûts de portage.

Je suis fier de ce que nous sommes en train de construire, et les Canadiens devraient aussi être fiers.

Ian Anderson, président-directeur général de Trans Mountain

M. Anderson conseille également à Ottawa de prévoir 600 millions de dollars afin de faire face à d'éventuels dépassements de coûts.

Les coûts de construction viennent s’ajouter à la somme dépensée par le gouvernement fédéral pour acheter le pipeline existant et les plans d’expansion.

Une augmentation « prévisible »

Un des effets de la décision de la Cour fédérale d'appel est que le gouvernement fédéral a été contraint de faire un certain nombre d’ajustements réclamés par des communautés autochtones qui se trouvent le long du tracé et revoir ses standards environnementaux, ce qui a ajouté 3 milliards de dollars à la facture.

Ian Anderson soutient également que son entreprise a beaucoup investi auprès des communautés autochtones qui vivent le long du tracé. « Nous avons permis à 20 jeunes d'être formés pour travailler sur le pipeline », assure-t-il.

Il ajoute que les investissements financiers touchent aussi les infrastructures de ces communautés et la gestion de l'impact sur l'environnement.

Le retard qu'accusent les travaux exerce également une pression sur les coûts de main-d'oeuvre, note la société de la Couronne.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, soutient de son côté que le projet actuel est très « différent de celui dont Kinder Morgan avait chiffré les coûts la dernière fois, en 2017 ».

Dans un communiqué, il précise que les améliorations faites aux volets de la sécurité et de la conception ont « permis d'atteindre une norme plus élevée de protection de l'environnement » .

M. Anderson espère toutefois que les retours sur investissements, une fois le projet terminé, couvrent l'augmentation des coûts.

« La responsabilité du fédéral », selon l'Alberta

Le gouvernement fédéral a racheté le pipeline Trans Mountain en mai 2018 pour 4,5 milliards de dollars après le retrait du propriétaire d’origine, l'entreprise Kinder Morgan, à la suite d’une opposition politique et environnementale de plus en plus forte.

Bill Morneau insiste toutefois sur le fait que le gouvernement libéral prévoit toujours de revendre ce projet à une entité privée.

En cas d’échec de vente, les coûts totaux qui en résulteraient pour les contribuables s’élèveraient à 16,2 milliards de dollars. Les libéraux ont défendu ce montant arguant qu’il s’agit d’un coût nécessaire pour que le pétrole canadien atteigne de nouveaux marchés, au-delà des États-Unis, et pour permettre au gouvernement de faire la transition vers une nouvelle économie plus basse en émissions de carbone.

De son côté, Jason Nixon, le ministre albertain de l’Environnement considère qu’il en va de la responsabilité du gouvernement fédéral d’assumer les coûts liés au projet. Il ajoute que son gouvernement n’a pas l’intention d’honorer la promesse faite par l’ex gouvernement provincial de Rachel Notley de donner 2 milliards de dollars pour dépanner en cas de débordement.

Nous sommes dans cette situation à cause du gouvernement fédéral et nous nous attendons à ce qu’ils fassent le travail promis aux Albertains.

Jason Nixon, ministre de l’Environnement de l’Alberta

Cette expansion devrait se jumeler au pipeline existant, qui s’étend sur plus de 1000 kilomètres entre Edmonton et Burnaby, en Colombie-Britannique. Elle permettra de tripler la quantité de bitume s’écoulant dans le pipeline, pour atteindre 900 000 barils par jour.

Selon Ottawa, ce projet devrait produire 400 mégatonnes de gaz à effet de serre annuellement, mais également créer 15 000 emplois pendant la phase de construction et générer près de 47 milliards de dollars dans ses 20 années d’activité.

Selon l’entreprise, le pipeline sera utilisable à pleine capacité à compter de décembre 2022.

Avec les informations de Vassy Kapelos et de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Industrie pétrolière

Économie