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Hausses des primes d’assurance auto jusqu’à 11 % en Ontario

Une facture de l'entreprise Wawanesa

Une vingtaine d'assureurs en Ontario augmenteront leurs primes d'assurance automobile en ce premier trimestre de 2020.

Photo : CBC/Robert Jones

Philippe de Montigny

L’Autorité ontarienne de réglementation des services financiers a autorisé l’augmentation des primes d’assurance automobile d’une vingtaine d’assureurs dans la province.

Les clients de la compagnie d’assuranceScottish & York à Scarborough pourront voir leurs primes augmenter d’un peu plus de 11 % dès ce mois-ci. Les hausses autorisées chez Coseco et SGI Canada sont d’environ 10 %.

Même si son profil de conductrice n’a pas changé, Traci-Ann Yacoub devra payer 244 $ de plus en assurance automobile cette année. Sa facture a bondi à 2464 $.

C’est frustrant parce que je ne peux rien y faire.

Traci-Ann Yacoub, résidente de Burlington
Une jeune femme avec des lunettes dans un stationnement.

La prime d'assurance automobile de Traci-Ann Yacoub augmente de 11 % cette année, même si son profil de conductrice n'a pas changé.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Même si l’Ontario a aussi l’un des plus bas taux d’accidents et de décès au pays, le coût moyen de l’assurance automobile dans la province figure parmi les plus chers, selon des données colligées par le Bureau d’assurance du Canada.

Nous payons des primes parmi les plus élevées au pays pour l’une des pires protections.

Claire Wilkinson, avocate spécialisée en droit des assurances

Chaque trimestre, les assureurs qui souhaitent augmenter leurs primes doivent déposer une demande auprès de l’Autorité ontarienne de réglementation des services financiers. Les entreprises fournissent des données actuarielles à l’appui, telles que les coûts des sinistres, encourus et envisagés.

Assurance automobile, un champ de mines politique

Au cours des 30 dernières années, tous les principaux partis ontariens ont tenté de faire réduire les primes payées par les automobilistes de la province, sans succès.

En 1987 et en 1990, les néo-démocrates de Bob Rae font campagne en promettant d’adopter un régime public d’assurance automobile, comme au Québec, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique. Une fois au pouvoir, cependant, le premier ministre Rae abandonne l’idée qui, selon lui, allait coûter trop cher et entraîner trop de pertes d’emplois.

Deux hommes assis devant des microphones, à une table de négociation.

Bob Rae (à droite), alors premier ministre néo-démocrate de l'Ontario dans les années 1990.

Photo : Radio-Canada

En 2003, le premier ministre libéral Dalton McGuinty impose un gel des primes d’assurance, immédiatement après son assermentation, promettant ensuite de les réduire. L’effet contraire s’est produit : les prix ont augmenté bien au-delà du taux d’inflation.

Dix ans plus tard, les libéraux sous Kathleen Wynne promettent une réduction moyenne de 15 % sur deux ans, en s’attaquant notamment aux réclamations frauduleuses, une promesse qui ne s’est toutefois pas concrétisée.

Les trois hommes en conférence de presse.

L'ex-ministre libéral des Finances, Charles Sousa, au podium.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Claire Wilkinson, avocate spécialisée en droit des assurances et en préjudices corporels, affirme que les efforts des précédents gouvernements visant à réduire les primes ont effrité la couverture offerte aux Ontariens.

Tout l’argent autrefois déboursé reste dans les poches des compagnies d’assurance, mais les primes continuent d’augmenter. Ça n’a pas de sens, dit-elle.

Et si les assureurs révélaient leurs profits?

L'avocate propose au gouvernement de forcer les assureurs à divulguer les profits qu’ils tirent de la vente de polices d’assurance automobile.

Je crois qu’on verrait que ces compagnies engrangent d’énormes profits. Assez pour réduire les primes et restaurer des bénéfices aux personnes blessées, sans plonger les assureurs dans le rouge, affirme Mme Wilkinson.

Une femme et un homme assis à une table, devant un fond blanc.

L'avocate Claire Wilkinson et John Karapita, directeur des affaires publiques de l'Ontario Trial Lawyers Association, dans le cadre d'une consultation prébudgétaire du ministère des Finances de l'Ontario, le 27 janvier dernier.

Photo : Claire Wilkinson/Twitter

L’avocate souhaite aussi que le gouvernement Ford élimine la franchise liée à des blessures et autres pertes non pécuniaires. En 2020, une franchise de 39 557 $ est déduite du montant accordé à une personne blessée dans un accident de voiture et versée à la compagnie d’assurance. Si on vous donne 40 000 $ pour souffrances et douleurs, vous ne recevez pratiquement rien, affirme Mme Wilkinson.

Les gens ne sont pas au courant de cette franchise secrète, dit-elle.

L’avocate espère que ces idées, qu'elle a présentées lors d’une consultation prébudgétaire avec le ministre des Finances Rod Phillips à Oakville le mois dernier, seront prises en considération.

Une réforme transformatrice dans la mire des conservateurs

Au dépôt de son premier budget, en avril dernier, le gouvernement de Doug Ford a promis une importante réforme du système d’assurance automobile.

Les conservateurs ont proposé, entre autres, des mesures pour mettre fin à la discrimination géographique, une situation où les primes d’assurance d’automobilistes avec le même dossier varient en fonction de leur code postal.

Le gouvernement veut intensifier la concurrence dans l’industrie et obliger les compagnies d’assurance à offrir un plus large éventail d’options et de rabais aux consommateurs.

Notre gouvernement reconnaît qu’il n’y a pas de remède miracle qui peut rapidement résoudre les problèmes structurels qui affectent les primes d’assurance auto.

Scott Blodgett, porte-parole du ministère des Finances de l’Ontario

Le ministère des Finances dit avoir consulté, l’an dernier, des dizaines de milliers d’automobilistes ontariens qui souhaitent que leur assurance automobile devienne plus abordable et plus facile à comprendre. Contrairement à ses prédécesseurs, le gouvernement Ford n’a pas promis de réduction précise des primes et affirme que sa stratégie s’étalera sur plusieurs années.

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