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Émoi en Chine après la mort du jeune médecin ayant alerté sur le coronavirus

La police de Wuhan avait adressé une lettre au médecin en lui reprochant d'avoir « perturbé gravement l'ordre public ».

Des bouquets de fleurs près de la photo du jeune médecin sont déposés sur le sol.

Li Wenliang, le médecin chinois sanctionné pour avoir alerté la population de l'apparition du nouveau coronavirus, a succombé vendredi à la maladie à l'âge de 34 ans.

Photo : Reuters

Reuters

Le médecin chinois qui a alerté très tôt des risques d'une épidémie de coronavirus à Wuhan est décédé vendredi après avoir contracté le virus. Son décès a provoqué l’émoi mais aussi la colère sur les réseaux sociaux. Les autorités ont ouvert une enquête.

Li Wenliang, ophtalmologue d'un hôpital de Wuhan, foyer de l'épidémie dans le centre de la Chine, est devenu l'une des figures de la crise liée au coronavirus 2019-nCoV.

Le médecin de 34 ans avait publiquement révélé le mois dernier avoir été réprimandé par la police de Wuhan, qui l’avait alors accusé de « répandre des rumeurs » sur le virus.

L'hôpital de Wuhan, qui employait Li Wenliang, a déclaré sur son compte Weibo – l'équivalent chinois de Twitter – que le jeune médecin était décédé dans la nuit de jeudi à vendredi. Li Wenliang avait annoncé le 1er février avoir contracté le coronavirus.

À l'annonce de sa mort, les publications sur le réseau social Weibo ont déferlé, cumulant ainsi plus de 1,5 milliard de vues dans la nuit de jeudi à vendredi. Le sujet a aussi fait l'objet de nombreuses discussions sur le service de messagerie WeChat, où tristesse et indignation ont été exprimées.

Certains organes de presse chinois ont même décrit Li Wenliang comme « un héros prêt à dire la vérité », et de nombreux messages publiés sur Internet ont été accompagnés de photos, de dessins ou de poèmes rendant hommage au courage du médecin.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est également dite « profondément attristée » par le décès de l'ophtalmologue, via son compte Twitter.

Accusé d’avoir « perturbé l'ordre public »

En janvier, Li Wenliang avait déclaré via WeChat à un groupe de médecins que sept cas d'une maladie ressemblant au SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) étaient liés à un marché de fruits de mer de Wuhan, origine présumée du virus.

Il avait alors posté une photo d'un test de l'échantillon d'un patient confirmant une infection à un coronavirus « ressemblant au SRAS », selon une image de conversations WeChat.

Le 3 janvier, la police de Wuhan a adressé une lettre au médecin en lui reprochant d'avoir « perturbé gravement l'ordre public » avec ses messages sur l'application WeChat. Elle lui a alors demandé de signer une lettre pour promettre de ne plus adopter désormais un comportement illicite, le menaçant de poursuites pénales s'il refusait d'obtempérer.

L'attitude des autorités chinoises à l'égard de Li Wenliang a rappelé les soupçons qui pesaient sur la Chine en 2003 lorsqu'elle fut accusée de tenter de dissimuler une épidémie majeure du SRAS, virus jusque-là inconnu qui est apparu dans la province du Guangdong avant de se répandre dans d'importantes villes chinoises et d'autres pays.

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