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Coronavirus : deux groupes de Canadiens évacués de Wuhan sont de retour au pays

Tous semblaient être en bonne santé. Ils amorcent maintenant une quarantaine de 14 jours.

Le reportage de Philippe Leblanc.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Plus de 200 Canadiens qui étaient coincés depuis plusieurs jours dans la région de Wuhan, en Chine, sont revenus au pays à bord de deux avions nolisés par les gouvernements canadien et américain. Un premier groupe en apparente bonne santé est arrivé vendredi matin peu après 6 h 30 (heure normale de l'Est) à Trenton, en Ontario, tandis qu'un deuxième s'y est rendu peu après 13 h.

Le premier appareil affrété par Ottawa ramenait 176 personnes, des citoyens canadiens et des résidents permanents. La liste originale dressée par Ottawa comptait 211 noms, mais certaines personnes ne se sont pas présentées à l'aéroport, avait indiqué jeudi le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne.

Aucun d'entre eux n'a présenté de symptômes du coronavirus ou d'une autre maladie pendant le vol, a annoncé la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu. Heureusement, personne n'avait de symptômes, donc personne n'a dû débarquer lors de l'escale à Vancouver, a-t-elle dit.

Mme Hajdu a souligné que les évacués avaient été soumis à un énorme stress et à beaucoup d'ennuis à Wuhan, la ville chinoise où l'éclosion est née. Isolés, beaucoup ont été séparés de leurs enfants ou ont dû laisser des êtres chers derrière eux.

Un Airbus A330 devant un grand hangar.

L'avion dans lequel ont voyagé 176 Canadiens devant le hangar où ils allaient être évalués.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Parti quelque 24 heures plus tôt de Wuhan, l'Airbus A330 de la compagnie Hi Fly Malta avait fait lui aussi escale à l'aéroport de Vancouver pour y faire le plein de carburant avant de repartir pour Trenton deux heures et demie plus tard.

L'autre appareil, réservé par le département d'État américain, a décollé de Chine quelques heures après le premier.

Ce deuxième avion s’est posé à Vancouver vendredi matin. Il avait à son bord 39 autres Canadiens, qui sont arrivés à Trenton, peu après 13 h.

Ces deux vols devaient permettre de rapatrier les deux tiers des 347 personnes qui ont demandé l'aide d'Ottawa pour quitter la région de Wuhan. Cela signifie qu'un second vol canadien sera nécessaire, avait précisé le ministre Champagne. Il devrait décoller de Wuhan lundi prochain.

Un long et complexe processus de triage attendait les passagers, une fois arrivés à la base de Trenton. L'état de santé de chacun devait être évalué dans un grand hangar aménagé pour l'occasion.

Une femme et un bambin à leurs sièges dans un avion.

Summer Wu et son fils Félix, âgé d'un an, font partie des Canadiens qui ont enfin pu rentrer au pays, dans l'appareil qu'Ottawa a nolisé.

Photo : La Presse canadienne / Michael Schellenberg

Un long périple

CBC News a pu s'entretenir avec un passager à bord du vol organisé par Ottawa. Celui-ci a affirmé que personne n'était sorti de l'avion lors de l'escale à Vancouver et que l'ambiance était généralement bonne étant donné les circonstances.

Il a ajouté que les passagers n'étaient pas entassés les uns sur les autres, et que plusieurs sièges n'étaient pas occupés.

Les autorités ont pris la température corporelle des passagers à deux reprises : avant le décollage de Wuhan et avant de décoller de Vancouver.

L'appareil est ensuite reparti quelque deux heures et demie plus tard à destination de Trenton, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Kingston, dans le sud de l'Ontario. Il s'est posé sur le tarmac de la base militaire, vers 6 h 35.

Une autre passagère, Myriam-Cynthia Larouche, de L'Ascension, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a reconnu en entrevue à La Presse canadienne que les derniers jours avaient été particulièrement stressants et que le voyage avait été plutôt long. Elle a souligné que presque tous les passagers avaient dormi une bonne partie du temps.

Je pense que je vais maintenant dormir 20 heures de suite!

Myriam-Cynthia Larouche, une Canadienne rapatriée de Chine
Des passagers sont vus par les hublots de l'appareil.

Les Canadiens rapatriés de Wuhan ont dû être très patients.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

L'avion devait initialement décoller mercredi de Hanoï, au Vietnam, mais le départ avait été retardé d'une journée en raison du mauvais temps qui y sévissait. Il lui avait fallu attendre la prochaine plage horaire disponible en Chine.

Surveiller les signes d'infection

Les Canadiens rapatriés n'en ont pas fini. Ils devront patienter encore deux semaines avant de voir leur vie reprendre un cours normal.

Afin d'éviter les risques de propagation du coronavirus, tous devront demeurer en quarantaine dans des chambres du motel Yukon Lodge, sur la base de Trenton, pendant 14 jours, la période d'incubation de la maladie. Chaque famille devra rester dans sa propre chambre la plupart du temps, même au moment des repas.

Les passagers ne pourront pas interagir les uns avec les autres, mais ils auront la possibilité de quitter leur chambre et de divertir leurs enfants, a expliqué la ministre Hajdu. Bien sûr, tout cela sera coordonné avec les responsables de la santé sur place.

Du personnel médical vérifiera quotidiennement que personne ne présente des signes d'infection. La base est équipée d’un laboratoire de microbiologie.

Dans le cas où quelqu'un montrerait des signes de maladie, il sera envoyé à l'hôpital de Trenton ou à celui de Belleville.

Deux lits dans une chambre d'hôtel

Les personnes en quarantaine devront demeurer dans leur chambre.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Combattre l'ennui

Les Forces armées canadiennes ont tenté de rendre leur base la plus accueillante possible pour ceux qui y passeront ce séjour forcé. Des mesures ont été prises pour garder les gens occupés.

Ils disposeront ainsi d’un accès Wi-Fi à Internet, de la télévision câblée, de films, de réfrigérateurs et de micro-ondes. Différents effets devaient aussi leur être distribués, comme des trousses d’hygiène, incluant des lingettes désinfectantes, du détergent à lessive et des couches, mais aussi des animaux en peluche et des cahiers à colorier, pour les enfants.

Du soutien psychologique sera fourni aux évacués.

Plusieurs représentants de la Croix-Rouge canadienne sont aussi à Trenton depuis plusieurs jours pour se préparer à les assister.

On est là pour mettre la touche humanitaire, pour s’assurer que les gens sont bien soutenus, a déclaré Joseph Léger, porte-parole de l’organisation. Les délégués qu’on a choisis pour cette opération sont des gens qui ont souvent des profils d’infirmière, de médecin, d’aidant psychosocial.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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