•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • Clémence DesRochers, portraitiste attachante de la femme québécoise

    Clémence DesRochers est de profil, une main tient un micro devant elle.

    Clémence DesRochers a habité la scène artistique du Québec pendant plus de 60 ans.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En 60 ans de carrière artistique, Clémence DesRochers a donné une place prépondérante sur scène aux femmes québécoises et les a accompagnées dans leur évolution. Retour sur un parcours des plus riches.

    Tout simplement un prénom

    C’est Lise Payette qui disait que vous avez été terriblement importante pour la société au Québec. Avec vos monologues, ce que vous racontiez, vos chansons, vous avez permis aux femmes québécoises de s’affirmer.

    Céline Galipeau interviewant Clémence DesRochers, 2007

    En 2007, Clémence DesRochers célèbre ses 50 ans de carrière. Le 17 août de cette année-là, Céline Galipeau, animatrice du Téléjournal, propose une entrevue qu’elle a effectuée avec l'artiste dans son domaine de Saint-Benoît-du-Lac. En présentant cette entrevue, Céline Galipeau met en relief un fait qui, à première vue, peut paraître anodin, mais qui est cependant très significatif : quand le public parle de Clémence DesRochers, il le fait souvent en utilisant seulement son prénom. C’est un comportement rare, qui se manifeste uniquement pour les grands artistes pour qui le public éprouve une profonde affection.

    Soulager « des fois »

    Dans cette entrevue, Clémence DesRochers et Céline Galipeau passent en revue plusieurs sujets, dont la relation qu’entretient l’artiste avec l’écriture. Elles discutent aussi d’un élément qui deviendra un fil conducteur essentiel dans sa carrière : donner une voix à certaines femmes que l’on entendait à peine dans la société québécoise.

    Clémence DesRochers confie à Céline Galipeau qu’elle n’est pas certaine d'avoir eu une grande influence sur l’affirmation des femmes québécoises. Ce qu’elle croit, par contre, c’est qu’elle les a soulagées « des fois ». Elle mentionne alors le mot « ménopause », qui est le sujet d’un de ses célèbres monologues intégré dans le spectacle J’ai show, présenté pour la première fois en 1989. « J’ai nommé ce qui nous importune, qui nous dérange », dit Clémence DesRochers à Céline Galipeau. « C’est une forme de vengeance. »

    Le 30 septembre 1991, à l'émission Studio libre qu'anime Michel Désautels, Clémence DesRochers chante une des chansons de ce spectacle. Elle enchaîne avec une entrevue dans laquelle elle explique comment elle vit sa ménopause.

    Une carrière artistique qui s’étend sur 60 ans

    Clémence DesRochers est née en 1933. Elle entame sa carrière artistique en 1957. C’est l’animateur Jacques Normand qui lui a donné une « deuxième naissance », selon sa propre expression, en l’invitant en 1958 à son mythique cabaret, le Saint-Germain-des-Prés.

    Dans les années 1960, on retrouve Clémence dans les boîtes à chansons, participant à des revues musicales et donnant des spectacles.

    Bien avant ses considérations sur la ménopause, Clémence DesRochers a utilisé sa sensibilité et son sens de l’humour par diverses formes d'écriture pour s'entretenir de l’univers des femmes.

    Le 19 octobre 1969, un journaliste de CKRS-TV de Jonquière interviewe Clémence DesRochers, accompagnée de Chantal Renaud, de Diane Dufresne, de Paule Bayard et de Louise Latraverse. Cette année-là, Clémence Desrochers a écrit les textes d’un spectacle qui s’intitule Les Girls. Ce spectacle, réalisé entièrement par une équipe féminine, donne la parole à des femmes pour parler de leurs expériences.

    Les cinq femmes qui personnifient ces « girls » répondent au journaliste d'un ton direct et quelquefois cru. Elles projettent une image qui se trouve aux antipodes de l’image gentille et parfois simplette qu’on imposait alors aux comédiennes et aux chanteuses. Précurseures de la vague féministe qui allait entrer au Québec dans les années 1970, Les Girls ont profondément marqué l’histoire des arts de la scène de la Belle Province.

    « Il faut bien que quelqu’un la nomme »

    En 2017, Clémence Desrochers tire sa révérence de la scène.

    Le 17 mars 2017, le journaliste Louis-Philippe Ouimet interviewe l’artiste pour le Téléjournal. Elle souligne alors qu’elle est très contente d’avoir chanté les femmes. Elle mentionne sa grande admiration pour sa mère, les femmes qui travaillent dans les manufactures et celles qui ont des enfants.

    Elle aussi rappelle que dans un de ses textes, elle affirme « qu’il faut que quelqu’un la nomme ». Ce « quelqu’un », Clémence DesRochers en aura joué le rôle à merveille pendant 60 ans.

    Clémence DesRochers est Chevalière de l’Ordre national du Québec et de l’Ordre national du Canada. Elle est aussi Compagne des arts et des lettres du Québec.

    Encore plus de nos archives

    Commentaires fermés

    L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

    Archives

    Arts