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Des milliers de tiques parasites trouvées sur des orignaux

Un orignal.

Des chercheurs au Québec et au Nouveau-Brunswick trouvent des milliers de tiques parasites sur des orignaux.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

Radio-Canada

En survolant les forêts en hélicoptère, on met peu de temps à apercevoir un orignal; et du haut des airs, on peut voir les milliers de tiques qui infestent sa peau.

Des chercheurs de l’Université du Nouveau-Brunswick et de l’Université Laval, au Québec, étudient les tiques dans les divers climats des deux provinces et leurs conséquences sur les orignaux.

Selon des données rassemblées sur trois ans, les orignaux se portent bien dans les deux provinces, mais une diminution des chutes de neige en hiver facilite la survie des tiques.

Les changements climatiques favorisent l’abondance des tiques, explique le biologiste de la faune, Serge Couturier. Elles se propagent de plus en plus vers le nord, dit-il.

Des parasites externes

Les tiques sont des parasites externes. Elles se nourrissent du sang d’un animal et restent sur sa peau pendant l’automne et l’hiver, jusqu’à ce qu’elles finissent par pondre leurs œufs dans la végétation.

Des tiques sur le pelage d'un orignal.

Dans certains cas, jusqu'à 80 000 tiques ont été trouvées sur un seul orignal.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

Contrairement aux tiques qui infestent les chevreuils et qui propagent la maladie de Lyme, celles-ci ne propagent aucune maladie transmissible aux humains. La chair de l’animal qu’elles infestent peut être consommée malgré tout, selon le Réseau canadien pour la santé de la faune.

Contrairement au cerf de Virginie, l’orignal tolère la présence des tiques sur son corps jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Plusieurs orignaux finissent par souffrir d’anémie, explique un professeur de biologie à l’Université Laval et principal chercheur du projet d’étude sur les orignaux, Jean-Pierre Tremblay.

Le pelage d'un original où il manque du poil.

Lorsqu'il est infesté de tiques, l'orignal se frotte aux arbres et perd sa fourrure.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

L’inflammation de la peau de ces orignaux, précise-t-il, change leur comportement. Ils passent plus de temps à se frotter contre des arbres, au point de perdre leur fourrure, et passent moins de temps à se nourrir.

La fin de l’hiver est cruciale pour les orignaux, particulièrement chez les jeunes, parce qu’ils ont brûlé jusque-là presque toutes leurs réserves de graisse, souligne M. Tremblay.

Piéger les orignaux du haut des airs

Les chercheurs emploient un hélicoptère dans le cadre de leurs travaux. Lors d’une sortie du genre effectuée récemment, ils ont aperçu un orignal et ils l’ont immobilisé avec un filet. Cette technique est très efficace et sécuritaire pour l’animal, selon M. Couturier.

Une fois l'hélicoptère au sol, un vétérinaire a administré un produit tranquillisant à l’animal et veillé sur lui durant l’examen.

Les chercheurs ont examiné la fourrure de l’orignal et trouvé des dizaines de tiques sur une petite surface. Ils estiment que des milliers de tiques infestaient l’ensemble de la peau de l’animal.

Un hélicoptère.

Les chercheurs emploient un hélicoptère dans le cadre de leurs travaux.

Photo : Radio-Canada / Eric Woolliscroft

Après l’examen, le vétérinaire a administré à l’orignal un autre produit qui neutralise le tranquillisant. Trois minutes plus tard, l’animal s’est levé et s’est éloigné.

Les chercheurs s’affairent ainsi à mesurer et peser 116 orignaux au Québec et au Nouveau-Brunswick et à installer sur ces bêtes un collier GPS. L’objectif est de soigner la moitié de ces orignaux avec un insecticide afin de déterminer s’ils meurent à cause des tiques ou d’autres facteurs.

Les colliers GPS peuvent indiquer la position de l’animal tous les quarts d’heure, une fois par heure ou une fois toutes les quelques heures, explique un étudiant à la maîtrise à l’Université du Nouveau-Brunswick, Douglas Munn. Il est basé à Fredericton comme les autres chercheurs de la province qui participent à l’étude.

Du matériel de vétérinaire posé sur la neige près d'un orignal.

Un vétérinaire est présent pour mettre l'animal sous sédatif, surveiller sa respiration et sa température et, en général, le maintenir à l'aise pendant que les chercheurs effectuent leurs travaux.

Photo : Radio-Canada / Eric Woolliscroft

Les chercheurs peuvent ainsi étudier les déplacements des orignaux et déterminer si ceux qui sont infestés de tiques agissent différemment des autres et quels habitats ils fréquentent.

D'autres chercheurs ont déterminé que 70 % des jeunes orignaux dans les États américains du New Hampshire et au Maine ne survivent pas à leur premier hiver, en grande partie à cause de l'infestation de tiques parasites. Dans certains cas, jusqu’à 80 000 tiques infestent un seul orignal (Nouvelle fenêtre), selon leur étude qui fait l’objet d’un article dans la Revue canadienne de zoologie.

Pour la gestion à venir des forêts

L’entreprise forestière J. D Irving compte parmi les 16 partenaires qui appuient l’étude canadienne, avec le gouvernement du Québec, Parcs Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

J. D. Irving veut comprendre la façon dont les changements climatiques influent sur les espèces animales sur les terres qu’elle exploite afin d’adapter sa gestion forestière, explique le directeur de l’étude chez l’entreprise, Andrew Willett.

Un original sur la neige dans la forêt.

Les chercheurs s’affairent ainsi à mesurer et à peser 116 orignaux au Québec et au Nouveau-Brunswick et à installer sur ces bêtes un collier GPS.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

Un arbre planté aujourd’hui sera récolté dans 40 ans et à ce moment-là le climat sera complètement différent, souligne M. Willett.

Les scientifiques ajoutent que leurs travaux sont importants, non seulement parce que l’orignal joue un rôle dans la nature, mais aussi parce qu’il est un animal emblématique du Canada et qu’il fait partie des valeurs spirituelles des Autochtones au Canada et aux États-Unis, ajoute Douglas Munn.

Avec les renseignements de Kayla Hounsell, de CBC

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