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L'OMS tiendra un sommet scientifique sur le nouveau coronavirus

Des infirmiers en tenue de protection poussent une civière.

Du personnel médical transporte un malade à l'hôpital Queen Elizabeth de Hong Kong.

Photo : Reuters / cnsphoto

Radio-Canada

Alors que l'épidémie de pneumonie due au virus 2019-nCoV a tué plus de 630 personnes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prépare pour la semaine prochaine une rencontre à laquelle prendront part des scientifiques de partout dans le monde.

La rencontre aura lieu les 11 et 12 février et doit permettre de coordonner les efforts internationaux de recherche en vue de découvrir de possibles traitements.

Le but est d'accélérer le développement de tests de diagnostic efficaces, de vaccins et de traitements, a précisé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.

Les vaccins et les traitements ne sont pas des solutions magiques. On aura besoin de temps pour les mettre au point.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS

Présentement, nous livrons un combat simulé au coronavirus, a-t-il dit. Il faut amener ce virus sous les projecteurs pour pouvoir l'attaquer correctement.

Les chercheurs nagent encore dans une grande part d'inconnu, a expliqué le Dr Ghebreyesus. De nombreuses questions restent sans réponse en ce qui concerne la source de l'éclosion, la gravité de l'épidémie et la transmissibilité du virus.

Le bilan

Le bilan de l'épidémie s'élève à plus de 630 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), où presque 3700 nouveaux cas de contamination ont été annoncés en un seul jour. Ailleurs, deux décès ont déjà été imputés à la maladie, l'un aux Philippines et l'autre à Hong Kong.

L'un des derniers décès à survenir en Chine est celui de l'ophtalmologiste Li Wenliang, l'un des premiers médecins à avoir sonné l'alarme au sujet du coronavirus, en décembre dernier. C'est l'hôpital central de Wuhan, où il était soigné, qui en a fait l'annonce sur le réseau social chinois Weibo.

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus, autour de 2 %, reste pour l'heure très inférieur à celui du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Plus de 30 000 personnes sont désormais atteintes du nouveau coronavirus en Chine continentale. Dans le reste du monde, plus de 240 cas de contamination sont confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

Une femme est aspergée de désinfectant.

Du personnel médical indonésien pulvérise du désinfectant sur les passagers qui descendent d'un avion en provenance de Wuhan, en Chine.

Photo : Reuters / Antara Foto

Des milliers de voyageurs et membres d'équipage sont consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le Diamond Princess est maintenu en quarantaine après la confirmation de 20 cas à bord. Quelque 3700 personnes sont confinées dans leur cabine.

À Hong Kong, quelque 3600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, car les tests de trois anciens passagers se sont révélés positifs.

De nombreux pays musclent leurs restrictions. Le Vietnam est devenu le dernier pays en date à interdire l'entrée aux voyageurs arrivant de Chine. Plus radicale, l'Arabie saoudite a interdit les voyages en Chine aux Saoudiens et à ses résidents étrangers, sous peine de sanctions.

L'Italie surveille la température de tous les passagers en provenance de l'étranger et l'Autriche impose des contrôles de température à l'aéroport de Vienne pour les passagers en provenance de Pékin.

L'Indonésie a interrompu ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant sur l'île touristique de Bali des milliers de touristes chinois –auxquels les autorités chinoises proposeront vendredi des vols de rapatriement.

Dans ce contexte, les compagnies aériennes Air France et KLM ont annoncé la prolongation jusqu'au 15 mars de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale. Virgin Australia va, elle, cesser ses vols vers Hong Kong, à l'instar des compagnies américaines United et American Airlines.

Trois agentes de bord circulent dans un aéroport.

Des agentes de bord d'une compagnie aérienne chinoise portent des masques pour se protéger du coronavirus.

Photo : afp via getty images / PETER PARKS

Sous pression, les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes-frontière avec le reste du pays et imposeront à partir de samedi une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs venant de Chine continentale.

Paniqués par un risque supposé de pénurie, les Hongkongais se sont rués dans les supermarchés pour constituer des stocks de papier toilette.

Alors qu'ils s'étaient dits mercredi extrêmement inquiets, les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo-2020 ont assuré que l'événement se déroulerait comme prévu.

Les réseaux de santé dépassés

Deux semaines après la mise en quarantaine de facto de la ville de Wuhan puis d'une grande partie de sa province, le Hubei (centre), berceau de l'épidémie, le système de santé local reste débordé par l'afflux de patients.

À Wuhan, un hôpital de fortune de 1000 lits construit en 10 jours a accueilli mardi ses premiers malades. L'ouverture d'un second établissement du même type, d'une capacité de 1600 lits, doit suivre.

Et les autorités ont annoncé la conversion d'une dizaine de bâtiments publics de la ville, dont des centres culturels ou des gymnases, en cliniques improvisées.

La métropole de 11 millions d'habitants connaît une grave pénurie de lits, ainsi que d'équipements et de matériel, s'est désolé Hu Lishan, un haut responsable de Wuhan.

Parallèlement, le groupe chinois de biotechnologie BGI annonçait jeudi l'entrée en service à Wuhan d'un laboratoire capable de traiter chaque jour plus de 10 000 tests de dépistage du virus.

Ailleurs en Chine, les mesures de confinement s'étendaient dans un nombre toujours croissant de villes.

De nombreuses localités, jusqu'aux régions de l'extrême nord-est, proposent des primes en cas de dénonciation de personnes venues du Hubei.

À Nanchang (centre), les pharmacies sont tenues de rapporter aux autorités l'identité des personnes achetant des médicaments contre la toux ou la fièvre.

L'économie chinoise pourrait être durablement plombée, alors que dans de nombreuses provinces, la plupart des entreprises et usines ne redémarreront pas avant le 10 février au mieux.

Le géant électronique taïwanais Foxconn, fournisseur clé de l'américain Apple, a indiqué que les ouvriers d'une de ses usines au Henan (centre de la Chine), un site géant de production d'iPhones, seraient placés en quarantaine pour au moins une semaine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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