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Système de paie Phénix : une fonctionnaire privée de salaire pendant 6 mois

Une femme remplit une déclaration de revenus.

Le système Phénix est un système de paie automatisé du gouvernement fédéral mis en place en 2016.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une fonctionnaire du gouvernement fédéral fait encore les frais des ratés du système de paie automatisé Phénix. Depuis 2017, le gouvernement lui réclame à tort plus de 49 000 $ et a suspendu son salaire pendant une période 6 mois.

Tout a commencé il y a deux ans. Après avoir quitté son emploi, Marie-Ève Ricard a été réembauchée dans ses anciennes fonctions chez Service Canada. Or, le gouvernement lui réclame 44 000 $, comme si on lui avait versé par erreur son salaire tout au long de son absence. Or, cette somme n’a jamais été déposée sur son compte.

Ça m’a occasionné une crise d’angoisse. Un matin je n’ai pas été capable d'aller travailler.

Marie-Ève Ricard, fonctionnaire

Malgré tout, le système a ensuite automatiquement saisi 100 % de son salaire pendant une période de 6 mois pour se faire rembourser.

Un deuxième raté

Cet imbroglio a depuis été réglé. Marie-Ève Ricard a même changé d’emploi, mais une fois arrivée à Shawinigan et embauchée par un autre ministère, on l’informe qu’il y a eu une autre erreur. Cette fois, on lui réclame 5300 $.

Depuis un an et demi, la fonctionnaire travaille à l’Agence de revenu du Canada tout en percevant encore un salaire de son ancien emploi à Saint-Jérôme, une autre conséquence d’une erreur du système Phénix.

Je paie encore mes cotisations syndicales à mon ancien syndicat, donc je prévois encore des retombées fiscales par rapport à l’ajustement de salaire qu’ils devront faire, se désole-t-elle.

Loin d’être un cas isolé

Marie-Ève Ricard est loin d’être la seule victime des ratés du système de paie automatisé. Plusieurs employés du Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan ont vécu des problèmes similaires.

Certains employés ont même connu des situations de détresse, selon le président local du Syndicat des employés de l’impôt, Patrick Bertrand. Il y a eu des situations où les gens ont dû aller dans les comptoirs alimentaires pour aller chercher des paniers. Il y a des gens qui doivent priver leurs enfants de sorties parce que les paies sont erronées, précise-t-il.

À l'échelle du pays, des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été touchés par les ratés du système électronique de paie depuis son lancement au début de 2016.

D’après un reportage de Jonathan Roberge

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