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La situation de Bombardier, un dilemme pour les gouvernements

M. Bellemare au micro.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, lors d'une conférence de presse, le 25 juin 2019, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Comment aider Bombardier à se débarrasser de sa dette de 9 milliards de dollars sans provoquer la colère de l’opposition et de l’opinion publique? Les deux gouvernements se penchent sur le problème, alors qu'ils ont déjà injecté ces dernières années plusieurs centaines de millions de dollars dans cette entreprise québécoise, qui n’arrive toujours pas à sortir de la zone rouge.

Des informations ont fait état mardi de discussions entre Bombardier et la compagnie américaine Textron en vue de la vente de la division avions d’affaires.

Ce nouvel épisode a remis le cas de Bombardier au-devant de la scène politique à Québec et à Ottawa.

À l’Assemblée nationale, le cas a été soulevé mercredi par l’opposition et le gouvernement.

Les Québécois sont tannés de se faire prendre pour des guichets automatiques [et pour] la marge de crédit de Bombardier. On leur doit des comptes. Ce sont des gens qui ont payé pour Bombardier.

Vincent Marissal, député de Québec solidaire

Après avoir rappelé les montants que le gouvernement a injectés dans l’entreprise, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’est contenté de dire : Il faut comprendre où est allé l’argent, il faut comprendre ce qui s’est passé.

Pour sa part, le premier ministre François Legault a souligné que sa priorité est la préservation des emplois de Bombardier, mais il estime qu’il y aura des choix à faire.

On est en train de peser les différents scénarios. C’est sûr qu’actuellement il y a 13 000 emplois dans la division avions au Québec, alors qu’il y a seulement 1000 emplois dans la division trains. Mais le potentiel est du côté des trains, donc la réponse n’est pas évidente, a résumé M. Legault.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau est resté vague sur la position du fédéral.

On a déjà investi énormément dans l’industrie aérospatiale, on comprend qu’il y a énormément de bons emplois au Québec et à travers le pays. Bombardier se doit de prendre des décisions. Mais nous allons être là pour appuyer l’industrie aérospatiale et les travailleurs, a-t-il déclaré.

Quant à Suzanne Benoît, PDG d’Aéro Montréal, grappe de l'industrie aérospatiale au Québec, elle a exprimé son inquiétude en ce qui concerne les emplois de Bombardier.

S’il y avait un nouveau joueur qui se présentait éventuellement pour faire l’acquisition d’une division de Bombardier, ça serait très important que le gouvernement - les pouvoirs publics en fait - s’assurent que l’acquéreur maintienne les mêmes conditions. Que ce soit en termes de création d’emplois, que ce soit au niveau des engagements. Parce qu’on ne veut pas fragiliser notre grappe, a-t-elle souligné.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a reculé de 3,5 % après un bond de 18 % mardi.

Selon Isabelle Dostaler, professeure à l’Université Memorial de Saint-Jean, à Terre-Neuve, la situation actuelle de Bombardier est en partie due à son introduction en bourse.

L’impatience des marchés financiers. C’est une entreprise cotée en bourse, c’est aux trois mois qu’il faut approuver qu’on est sur la bonne voie. Imaginez cette entreprise complètement privée, les choses seraient différentes, les horizons lointains dans le domaine de l’aviation et également le domaine ferroviaire. Il ne faut pas non plus trop dramatiser, c’est une grande entreprise avec des ventes de 16 milliards de dollars, dit-elle.

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