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Élever son enfant en français sans maîtriser la langue de Molière

La famille Malenczak-Dunn lit un livre sur le sofa.

Chez les Malenczak-Dunn, seul le père est bilingue, mais ils ont décidé d'envoyer la petite Sophia à la garderie francophone pour lui permettre de se familiariser avec la langue de sa grand-mère.

Photo : Radio-Canada / Hugo Levesque

Élever un enfant en français dans un milieu majoritairement anglophone comporte son lot de défis. Mais, lorsque l'un des deux parents est unilingue anglais à Edmonton, le défi est d'autant plus grand.

C'est ainsi que, pour la petite Sophia, une garderie francophone est la première étape qui lui permettra de se familiariser avec la langue de Molière. Du haut de ses 18 mois, elle parle peut-être peu, mais elle sait déjà nommer le chien, une véritable petite victoire pour ses parents.

Dans la famille Malenczak-Dunn, il est important que Sophia soit en mesure de maîtriser les deux langues. Si la mère, Nicole, est anglophone unilingue, le père, John, a été élevé dans une famille entièrement bilingue.

Même si j’ai appris le français à l’école et étudié au Québec pour un temps, je n’ai aucune confiance pour parler français, mais je veux être certaine que Sophia puisse avoir cette capacité dès son plus jeune âge, explique Nicole Malenczak.

La famille Malenczak-Dunn n'est pas la seule famille exogame à vouloir élever un enfant en français. Selon Nicole, 80 % des enfants qui se trouvent dans le système francophone seraient issus d’une famille bilingue.

La crainte de l’aide aux devoirs

Pour le moment, sa fille est encore jeune, mais, comme beaucoup de parents anglophones, Nicole craint le jour où elle devra l’aider à faire ses devoirs.

J’ai très peur du moment où elle viendra vers moi avec ses devoirs et que je ne pourrai pas du tout l’aider.

Une citation de :Nicole Malenczak, mère de Sophia

C’est une inquiétude que comprend bien la présidente de la Fédération des parents francophone, Gillian Anderson. C’est pourquoi elle offre l’atelier I want my child to speak French, how can I help? [Je veux que mon enfant parle français, qu'est-ce que je peux faire?] dans lequel elle donne des outils aux parents anglophones pour les aider à soutenir leurs enfants dans leur apprentissage.

Chaque parent a tellement peur de ne pas être capable d’assister son enfant, quand ça vient aux devoirs de mathématique ou de science, il ne connaît pas les termes, explique-t-elle.

Gillian Anderson, présidente de la Fédération des parents francophones.

Selon Gillian Anderson, élever un enfant en français, c'est comme élever un joueur de hockey, on n'a pas besoin de savoir jouer pour l'encourager dans ses pratiques.

Photo : Radio-Canada / Hugo Levesque

Elle se veut cependant rassurante en ajoutant que différentes ressources et sites web sont mis à la disposition des parents pour les aider dans ces situations.

S’entourer de français

Notre fille va à la garderie en français, alors elle est entourée de français cinq jours par semaine pour la plupart de la journée et, à la maison, j’essaye de toujours lui parler en français, raconte John Dunn, le père de la petite Sophia.

Mais, aller à la garderie ou à l'école francophone n'est pas non plus une solution miracle pour élever un enfant bilingue, souligne Gillian Anderson.

Ça prend l'engagement du parent aussi, c'est pour ça qu'on offre l'atelier pour leur expliquer comment s'engager vraiment, avoir la meilleure expérience francophone avec leur enfant, dit-elle.

Parmi les conseils proposés, il y avait l’idée d’établir une zone consacrée uniquement au français à la maison et d'apprendre un vocabulaire français restreint, mais qui favoriserait la participation des parents aux activités scolaires de leurs enfants.

L'idée est de demander au professeur d'enseigner 50 mots en français aux parents anglophones pour qu'ils puissent au moins faire l'effort et montrer à l'élève que, même s’ils ne parlent pas le français, ils font l'effort pour l'apprendre et être là, souligne Gillian Anderson.

Dans quelques années, Sophia entrera à l'école francophone. Si certaines craintes demeurent, Nicole Malenczak espère tout de même avoir le temps d’améliorer son français d’ici là.

On est pas trop inquiet, on va apprendre ensemble, dit en riant John Dunn.

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