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1 million d'élèves ontariens privés d'école en raison de la grève d'un jour d'enseignants

Des enseignants tiennent des affiches durant une manifestation.

Des enseignants en grève d'un jour affirment que les coupes du gouvernement Ford mineraient le système d'éducation.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des centaines d'enseignants en grève des écoles publiques anglaises de l'élémentaire en Ontario ont manifesté jeudi matin devant les bureaux du ministère de l'Éducation à Toronto.

Les 83 000 membres de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) tiennent une grève d'un jour pour protester contre l'impasse des négociations contractuelles avec le gouvernement de Doug Ford.

Ce débrayage touche plus de 2100 écoles élémentaires et près d'un million d'élèves.

La FEEO représente des enseignants, des suppléants et des professionnels de l'éducation un peu partout dans la province.

Enseignant en immersion française à l'école intermédiaire Coburn, dans le conseil scolaire du district de Toronto, M. Byll a fait partie du cortège formé de plusieurs milliers de personnes qui a ciblé les bureaux des députés provinciaux progressistes-conservateurs et ceux du ministère de l'Éducation. Les élèves ont besoin de nous pour finir; l’année scolaire est en joue, a-t-il exprimé.

Un enseignant arbore un panneau de protestation sur son torse.

M. Byll, enseignant en immersion française à Toronto demande au ministre ontarien de l'Éducation Stephen Lecce de visiter une classe pour y observer les « problématiques ».

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

La raison principale de son engagement dans la grève n'est pas le salaire - contrairement à ce qu’on veut faire croire -, mais plutôt la taille des classes : Dans l’intérêt des enfants, je ne suis pas sûr que le ministre ait déjà fréquenté une salle de classe et y voir toutes les problématiques que posent une salle de classe. Quand on parle d’effectif, c'est une réalité. On ne peut pas s’occuper de 30 élèves et plus.

Si aucune entente n’est conclue avec le gouvernement, le syndicat menace de mobiliser à nouveau tous ses membres le 11 février.

Sam Hammond, président de la FEEO, a pris le micro lors d'une des étapes de la matinée, aux alentours de la tour CN. Le ministre et son équipe doivent revenir à la table avec le mandat de conclure une entente dans l’intérêt des élèves, de leur apprentissage et des enseignants., a-t-il notamment clamé.

Sam Hammond, président de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario tient un micro devant quelques manifestants lors de la grève de son syndicat à Toronto.

Le président du syndicat FEEO, a réaffirmé l'organisation d'une nouvelle journée de grève générale.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Selon le syndicat, les parties concernées étaient en voie de conclure une entente vendredi dernier, mais les représentants du gouvernement auraient fait volte-face sur plusieurs questions, dont le processus d’embauche des enseignants.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, rejette ces affirmations et affirme que le gouvernement a été « raisonnable » pendant les négociations.

Il est vraiment désolant de voir que les parents doivent subir les moyens de pression accrus que les leaders syndicaux déploient aux dépens de nos élèves, tout cela dans le but d'obtenir une rémunération plus élevée et des avantages sociaux encore meilleurs.

Stephen Lecce, ministre de l'Éducation

Les dernières négociations entre le syndicat et la province ont eu lieu du 29 au 31 janvier.

Les enseignants de l’élémentaire anglais réclament un financement adéquat pour l’éducation spécialisée, le maintien du programme de maternelle, des conditions d’embauche équitables, des engagements sur la taille des classes et une rémunération indexée sur l’inflation.

La FEEO poursuivra ses moyens de pression la semaine prochaine, mais espère revenir à la table de négociation d’ici là.

Jennifer Woodcock en entrevue.

La mère de famille de Toronto Jennifer Woodcock appuie les enseignants.

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, la mère de famille de Toronto Jennifer Woodcock appuie les enseignants, affirmant qu'ils se battent contre les compressions du gouvernement Ford en éducation et donc pour le bien-être des élèves.

Il est temps que la Nation Ford écoute la population. On a besoin d'aide, pas de coupes.

Jennifer Woodcock, mère

D'autres parents expriment quant à eux leur consternation. C'est frustrant qu'ils n'aillent pas à l'école, reconnait ainsi Annie Horodnyk, mère de trois enfants. Ce n'est jamais clair si leur classe est maintenue ou non, il y a une mauvaise communication de la part de l'école et du conseil scolaire. Mme Horodnyk compte souscrire à l'aide de 60 $ par jour du gouvernement aux parents qui ont recours à des services de garde d'urgence.

Une femme portant une tuque grise s'exprime à l'entrée d'un établissement de garde d'urgence.

Mère de trois enfants scolarisés dans autant d'établissements différents, Annie Horodnyk estime être confuse sur le maintien ou non des classes selon les journées.

Photo : Radio-Canada

Faits saillants :

  • Il y a eu 23 jours de négociation entre la FEEO et le gouvernement ontarien.
  • 13 jours de grève tournante ont été organisés du 20 janvier au 5 février 2020.
  • Les moyens de pression de la FEEO, qui a d’abord fait la grève du zèle, ont commencé le 26 novembre 2019.

Intensification des moyens de pression

L’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) a annoncé qu’elle intensifiera sa grève du zèle dès le 11 février.

Le syndicat, qui représente 45 000 enseignants de l’élémentaire et du secondaire du système scolaire catholique anglais, avait commencé sa grève du zèle le 13 janvier.

Pendant les jours de classe, les membres de l'OECTA n'effectueront que leurs tâches d'enseignement et de supervision prévues. Ils n'accepteront pas de tâches supplémentaires. Les entretiens entre les parents et enseignants auront lieu s'ils ont déjà été prévus. Les enseignants continueront de participer à des activités parascolaires, précise l’OECTA.

Les élèves sont notre priorité.

Liz Stuart, présidente de l'OECTA

Leur dernière rencontre de négociation avec les représentants du ministère de l'Éducation a eu lieu le 3 février.

Piquet de grève de la FEESO.

Les syndicats d'enseignants poursuivent leurs moyens de pression (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) poursuit sa grève du zèle, qui a commencé le 26 novembre.

Ce syndicat représente environ 60 000 enseignants des écoles secondaires anglaises et des employés de soutien, dont certains sont dans les écoles francophones.

Les dernières négociations avec le gouvernement Ford ont eu lieu le 16 décembre, selon le ministère de l’Éducation.

Parmi les éléments litigieux : les salaires, l'augmentation de la taille des classes et l'imposition par le gouvernement de cours en ligne au secondaire.

La FEESO a également organisé une grève d'une journée à l'échelle de la province le 4 décembre.

Depuis, il y a eu six grèves tournantes au sein de conseils scolaires sélectionnés.

Aide financière pour les parents

Ces grèves créent une situation difficile pour certains parents.

Il y a trois semaines, le gouvernement Ford annonçait qu'il offrirait jusqu’à 60 $ par jour aux parents qui devront avoir recours à des services de garde d’urgence en cas de débrayage des enseignants de la province.

Le ministère de l'Éducation dit avoir reçu plus de 340 000 demandes, selon ses plus récentes données.

Les enseignants ontariens sont sans contrat de travail depuis le 31 août dernier.

Avec des informations de Myriam Eddahia et de Marguerite Gallorini

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Toronto

Éducation