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Elie Bouka veut déstigmatiser les problèmes de santé mentale dans le monde du football

Elie Bouka regarde vers le haut pendant un arrêt de jeu lors d'un match de football.

Le 18 décembre dernier, Elie Bouka a signé une nouvelle entente de deux saisons avec les Roughriders de la Saskatchewan.

Photo : Johany Jutras/LCF

Charles Lalande

Le demi de coin des Roughriders de la Saskatchewan Elie Bouka s’est récemment associé à l’organisme Huddle Up, qui a pour mission de sensibiliser à la santé mentale et à la prévention du suicide. Comme porte-parole, Elie Bouka s’est donné l’objectif de déstigmatiser les problèmes de santé mentale dans l’univers du football professionnel.

Au cours des dernières années, plus précisément de 2015 à 2018, la carrière de footballeur du Lavallois a été grandement ralentie par plusieurs blessures. Les moments libres dus à l'inaction forcée ont fait ressortir des problèmes de santé mentale qui, selon lui, étaient enfouis depuis longtemps.

J’étais tellement occupé avec le football et l’école que je ne prenais même pas le temps de penser à mes problèmes. De ne pas jouer m’a forcé à composer avec mes émotions, avec mon passé et avec tout ce que j’ai vécu, explique-t-il, sans vouloir s’étendre davantage sur la nature de ses démons.

Elie Bouka en entrevue aux abords du terrain du Stade Mosaic de Regina.

Pendant la saison morte, Elie Bouka, un ancien des Dinos de l'Université de Calgary, habite en Alberta, où Huddle Up a été créé.

Photo : Radio-Canada

Concrètement, l’ancien des Nomades du Collège Montmorency entend sensibiliser ses coéquipiers des Roughriders à la cause. Un défi à la fois stimulant et colossal, dans un vestiaire multiethnique composé d’une cinquantaine d’hommes issus de nombreux milieux.

Selon Elie Bouka, il est important de rappeler en cette Semaine de la prévention du suicide que ces colosses qui se poursuivent et se plaquent mutuellement au sol ne sont pas immunisés contre les problèmes de santé mentale ou les idées suicidaires.

Ce qui me faisait le plus peur, c’était de découvrir un côté de moi-même que je ne connaissais même pas.

Elie Bouka, demi de coin des Roughriders de la Saskatchewan

Un effet d'entraînement

Elie Bouka considère que le fait de parler de ses problèmes de santé mentale est la chose la plus difficile.

Tu viens à croire que ces problèmes sont une faiblesse que les gens vont utiliser contre toi et que ça va nuire à ta carrière. Il faut regarder ça de l’autre côté : en parler, c’est une force. C’est là-dessus que nous devons focaliser.

Elie Bouka

Au cours des dernières années, une poignée de footballeurs ont choisi de briser le silence, notamment Mike Reilly, le quart-arrière des Lions de la Colombie-Britannique, et Brian Dawkins, un ancien maraudeur des Eagles de Philadelphie, qu’Elie Bouka considère comme une idole.

Il lève la main pour saluer quelqu'un dans la foule.

Mike Reilly, l'un des meilleurs joueurs de la LCF, s'est ouvert en juillet dernier sur ses problèmes de santé mentale. Il désire mettre fin à la stigmatisation.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

De telles révélations peuvent avoir un effet contagieux sur d’autres joueurs. Ce sont d’ailleurs ces témoignages qui ont éveillé en Elie Bouka le désir de s’ouvrir publiquement.

Ça va en prendre encore plus pour que ce soit un sujet moins tabou. Honnêtement, il vaut mieux régler ses problèmes maintenant que d’attendre et que cela ait des conséquences sur ta vie personnelle et professionnelle, souligne-t-il.

Huddle Up veut s'étendre à travers le Canada

Cofondé par Clym Atkin en 2016, Huddle Up a commencé à s’immiscer dans le monde du ballon ovale canadien en organisant un rassemblement avant un match des Stampeders de Calgary. Ensuite, l’initiative s’est transportée à Edmonton, puis à Regina, dans les stades des Eskimos et des Roughriders.

En 2020, ce sera au tour des Blue Bombers de Winnipeg d’accueillir une délégation de l’organisme dans leurs estrades. Après avoir conquis la majorité des formations de l'ouest, une percée vers celles de l’est est souhaitée, avoue Clym Atkin.

Elie Bouka poussé en touche par deux joueurs adverses.

Elie Bouka, que l'on voit ici en 2016 avec les Cardinals de l'Arizona, vante les initiatives de la NFL avec notamment un programme visant à prendre soin des joueurs blessés.

Photo : Associated Press / Jeff Roberson

Par ailleurs, au cours des dernières semaines, une pétition a été lancée sur la plateforme change.org. L’objectif est d'attirer l’attention du commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), Randy Ambroisie. Un geste simple, qui ne prend que quelques secondes, mais qui peut faire une grande différence, convient Elie Bouka.

On aimerait que la pétition soit signée par 30 000 personnes, ce qui est l’équivalent d’un stade de la LCF. Cela aurait un impact significatif.

Clym Atkin

Huddle Up dit déjà avoir amassé près de 100 000 $ pour la santé mentale au Canada et dit vouloir en faire davantage.

Pour l’instant, Elie Bouka est le seul joueur de la LCF associé à Huddle Up, et son mandat n’a aucune limite. On peut compter sur Clym Atkin et les autres têtes dirigeantes de Huddle Up pour lui laisser toute la liberté nécessaire pour représenter l’organisme.

Son histoire n’est pas unique, mais il a été assez brave pour en parler. Son courage est immensément important pour nous. C’est un modèle qui mérite d’être suivi, conclut le cofondateur au sujet de son porte-parole.

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