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  • Archives
  • L'époque des machines à boules

    Homme de dos qui joue à une machine à boules pendant qu'un autre homme le regarde.

    À la fin des années 1970, le maire Jean Drapeau interdit les machines à boules aux moins de 18 ans.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Saviez-vous que les machines à boules n’ont pas toujours été les bienvenues à Montréal où on les associait au crime organisé? Nos reportages d’archives rappellent la guerre que leur livrait le maire Jean Drapeau, mais aussi l’amour que leur vouent certains collectionneurs passionnés de jeux d'arcade.

    Êtes-vous nostalgiques des machines à boules? Ces machines lumineuses et bruyantes également appelées « pinball » ou « flipper » se retrouvaient jadis en grand nombre dans les arcades de la métropole. Le joueur devait contrôler à l’aide de boutons la boule argentée du plateau de jeu pour accumuler des points en évitant qu’elle ne glisse dans la trappe.

    Depuis quelques années, il semble y avoir un regain pour ce type d’appareils prisés par certains collectionneurs.

    La chasse aux machines à boules du maire Jean Drapeau

    Dans ce reportage du 12 septembre 1977 présenté au Ce soir, le journaliste Gabi Drouin nous parle de l’avenir des machines à boules dans la métropole.

    Ce soir, 12 septembre 1977

    Au moment où le maire de l’époque Jean Drapeau veut implanter un règlement qui interdit l’accès des centres de divertissement familial aux moins de 18 ans, le journaliste revient sur la réglementation entourant ce type d’appareil.

    Présentes depuis les années 1930, les machines à boules avaient disparu en 1955.

    Le Code criminel avait alors été modifié afin d'interdire tous les appareils qui comprenaient un élément de hasard. Un Jean Drapeau à peine élu se portait défenseur de la loi et de l’ordre. Un an plus tôt, il avait remis son rapport du Comité de la moralité publique sur la corruption à Montréal.

    Policier qui regarde un amas de machines détruites.

    En 1955 à Montréal, les machines de jeux de hasard sont saisies et parfois détruites pour lutter contre le crime organisé.

    Photo : Radio-Canada

    Les distributeurs de machines ont longtemps exercé des pressions pour que le Code criminel soit modifié afin de remettre en circulation les appareils qui s’entassaient dans les entrepôts.

    Les machines refont leur apparition en 1976 lorsque le Code criminel est modifié. Dès 1977, on compte 3000 machines à boules sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal.

    Le maire Drapeau souhaite alors empêcher les centres de divertissement d’aller chercher 50 % de leurs revenus auprès des moins de 18 ans.

    En 1977, seuls les jeunes de 16 ans et plus sont autorisés à jouer dans les machines. Le maire estime que l’âge doit être relevé à 18 ans et que les machines doivent se trouver uniquement dans les arcades et non dans les bars.

    Nous sommes justifiés d’agir pour protéger notre jeunesse et pour protéger aussi certains salariés qui malheureusement ont la faiblesse d’aller jouer dans ces machines-là.

    Jean Drapeau, 1977

    Normand Drysdale, le lieutenant de police à la Communauté urbaine de Montréal qui mène la bataille avec le maire Drapeau, déclare :

    C’est connu depuis l’existence des machines à boules que c’est contrôlé en majeure partie par l’élément criminel et le crime organisé.

    Pour Gérard Blanchette, président de l’Association des centres de divertissement familial, le règlement n'a pas de sens.

    Quand on pense qu’un enfant à l’âge de 12 ans, il peut jouer au bingo. À 16 ans, il peut aller à Blue Bonnets gager sur un cheval. Et qu’on lui dise : faut que tu attendes d’avoir 18 ans pour jouer dans cet appareil-là. Je trouve que c’est rétrograde en 1977. Ce n’est quand même pas fait pour les gens de 72 ans, ces machines-là!

    Gérard Blanchette, 1977

    En 2015, un propriétaire de bar de la rue Saint-Laurent fait pression sur la Ville de Montréal afin que le règlement soit de nouveau modifié. Il souhaite introduire les machines à boules dans son établissement, ce que l’administration municipale lui permet. Les amateurs de machines à boules s’y donnent alors rendez-vous.

    Recréer les arcades de son adolescence

    Le 25 mars 1983, à l’émission Repères, le journaliste Claude Sauvé s’entretient avec un joueur.

    L’homme explique jouer depuis la fin des années 1970. Même si, en 1983, les jeux vidéo constituent la nouveauté dans les arcades, il préfère s’en tenir aux machines à boules.

    Je préfère ça, je trouve ça moins stressant. Je trouve que les jeux vidéo sont beaucoup plus énervants que les machines à boules.

    Joueur de machines à boules

    Le 5 janvier 2010 à l’émission C’est ça la vie, la journaliste Guylaine Bussière rencontre Jocelyn Veilleux, un collectionneur de jeux d’arcade, en particulier de machines à boules.

    C’est ça la vie, 5 janvier 2010

    L’homme a recréé les lieux de divertissement de sa jeunesse. Machines, fumée et boule disco nous ramènent aux années 1970 et 1980.

    Je suis passionné depuis que je suis tout-petit, ça me rappelle une belle époque quand j’allais dans les arcades.

    Jocelyn Veilleux, collectionneur de jeux d’arcades

    Enfant, son père possédait une machine à boules à la maison, une « Mascarade », qu’il a été en mesure de retrouver à Toronto après trois ans de recherche.

    Jocelyn Veilleux explique que certains appareils portent des thématiques et se font plus rares sur le marché. Par exemple, une machine à l’effigie du groupe rock Guns N’ Roses coûte le double d’une simple machine à afficheur dot matrix.

    Il ne reste qu’un seul manufacturier de machines à boules, le fabricant Stern Pinball, situé aux États-Unis.

    Plusieurs amateurs achètent des modèles d'occasion. Avec les plans électriques de la machine, ils sont capables de la restaurer pour la rendre comme neuve. Cela fait partie du plaisir des plus passionnés.

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