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L’interdiction de livrer du tabac est incohérente, selon des commerçants nord-côtiers

Un homme est accoudé au comptoir de son dépanneur. Il note quelque chose sur un calepin.

Un dépanneur

Photo : Radio-Canada

Des commerçants de la Côte-Nord dénoncent l'article 14.1 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme (Nouvelle fenêtre), selon lequel il est illégal de livrer des produits du tabac à domicile.

Depuis 2005, les commerces qui livrent des produits du tabac chez leurs clients s'exposent à des amendes allant de 2500 $ à 250 000 $.

Le directeur général de l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais, dit avoir reçu plusieurs plaintes de commerçants, qui estiment que l’interdiction de livrer du tabac est incohérente.

On considère que c'est une injustice que des sociétés d'État comme la SQDC ou la SAQ puissent livrer à domicile des produits dont la vente est interdite aux mineurs. Pourquoi les détaillants ne pourraient pas aussi livrer des produits du tabac?, se demande Yves Servais.

Depuis 2015, cinq amendes ont été délivrées par les autorités pour la livraison de tabac à domicile dans la province. Ces données ne sont pas disponibles pour la Côte-Nord uniquement.

Un commis sort de l'épicerie Arthur

L'épicerie Arthur, à Sept-Îles, fait une cinquantaine de livraisons diverses par jour chez des clients.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec fait valoir que la décision de permettre la livraison de cannabis à domicile repose sur le fait que la SQDC est la seule institution à pouvoir en vendre au Québec et que les points de vente dans la province sont limités.

Perte de revenus

Par ailleurs, selon l'AMDEQ, la vente de tabac représente près du tiers du chiffre d'affaires de plusieurs de ses membres. L'interdiction de livrer du tabac prive donc les commerçants de gains significatifs, soutient l’Association.

La députée de la circonscription de Duplessis, Lorraine Richard, croit aussi que cette réglementation empêche des clients d'acheter le produit qu'ils souhaitent.

On a des gens qui sont à mobilité réduite, on a des gens qui n’ont pas de voiture. Je trouve que c'est une incohérence dans notre système.

Une citation de :Lorraine Richard, députée péquiste de la circonscription de Duplessis
Un cliente paye sa commande dans l'entrée de son appartement.

Jusqu'en 2005, les livraisons des dépanneurs pouvaient contenir des paquets de cigarettes.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

L'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec compte entreprendre des démarches afin de modifier la Loi.

Pour sa part, la codirectrice et porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Flory Doucas, estime qu’il est assez étonnant de voir des commerçants remettre en question la loi de 2005 qui interdit la livraison des produits du tabac.

Les points de vente du tabac sont passés de 19 500 à moins de 10 000 et c’est les commerces qui bénéficient de ces resserrements, et réduire l’aisance avec laquelle on pouvait acheter des produits du tabac, explique-t-elle.

Selon un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé en 2017, le tabac tue annuellement plus de 7 millions de personnes dans le monde.

D’après le reportage de Nicolas Lachapelle

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