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Des changements proposés au système de santé inquiètent des infirmières en Alberta

Remplacer des infirmières hautement qualifiées par du personnel au salaire moins élevé serait « contre-productif », selon une experte du milieu infirmier.

Image d'une infirmière.

Un rapport de la firme Ernst & Young suggère plusieurs façons de réduire les dépenses de Services de santé Alberta, par exemple, réduire le nombre d'infirmières qu'elle emploie.

Photo : iStock / FabioBalbi

Radio-Canada

Des infirmières appellent à la prudence face aux recommandations d’un rapport externe qui visent à faire baisser le coût du système de santé publique en Alberta. Plusieurs des propositions, selon elles, risquent de se répercuter sur la qualité des soins.

La professeure de Sciences infirmières de l’Université Mount Royal Cathy Carter-Snell qualifie les recommandations de « contre-productives ».

« Je suis complètement d’accord que nous devons réduire les coûts [...], mais procéder aux changements proposés de cette manière, en fait, les recherches le montrent, augmentera la charge de travail, et indirectement les coûts, car les patients devront rester plus longtemps et auront plus de complications », explique-t-elle.

Elle fait référence à un rapport sur les finances de Services de Santé Alberta commandé par le ministère de la Santé. Ce document contient 57 recommandations et 72 « occasions de faire des économies », qui permettraient d’économiser jusqu’à 1,9 milliard de dollars si elles étaient toutes implantées en même temps.

Les auteurs suggèrent, par exemple, de réduire le personnel dans le réseau de santé et de remplacer plusieurs postes d’infirmières autorisées par des infirmières auxiliaires ou des aides-soignants, pour économiser 322 millions de dollars.

Les infirmières autorisées ont des salaires plus élevés, car leur formation est deux fois plus longue que celle des infirmières auxiliaires. Selon Mme Carter-Snell, c’est ce qui leur permet de gérer des cas plus complexes plus facilement.

Réduire leur nombre, selon elle, augmentera ultimement la charge de travail de tous les professionnels dans le réseau de la santé.

Le syndicat des infirmières juge le rapport incomplet

Le principal syndicat des infirmiers et infirmières, United Nurses of Alberta (UNA), abonde dans le même sens. Dans un communiqué publié lundi, il affirme que de telles recommandations ne prennent pas en compte les répercussions potentielles sur les patients.

Sa présidente, Heather Smith, en attribue la responsabilité aux « comptables ».

« [Ils] disent : "Si on change cela, on peut avoir des soins moins chers. Ce ne sera peut-être pas de meilleurs soins, en fait probablement pas, mais ce sera peut-être moins cher."», explique-t-elle.

Elle accuse le gouvernement de vouloir instrumentaliser le rapport pour en faire un levierdans ses négociations avec les syndicats qui représentent les travailleurs de la santé publique.

« C’est très décourageant, et je crois que ça va fâcher beaucoup d’infirmières et d’autres professionnels de la santé », ajoute-t-elle.

Le rapport, rédigé par le cabinet de consultants Ernst & Young, a cependant conclu que Services de santé Alberta était généralement mieux doté en personnel que ses homologues des autres provinces canadiennes et dans plusieurs autres pays.

Le ministre de la Santé de l’Alberta a déjà annoncé que certaines des recommandations, par exemple celle de fermer des hôpitaux, ne seraient pas implantées. Il affirme que tout l'argent qui est économisé grâce à celles qui le seront sera réinvesti dans le réseau de santé.

D'après les informations de Jennifer Lee et Sarah Rieger

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