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Coronavirus : le rapatriement des Canadiens coincés à Wuhan retardé d'une journée

Le gouvernement du Canada a réservé un second appareil, qui ne se rendra à Wuhan que si cela s'avère nécessaire.

Plan d'ensemble d'un terminal de l'aéroport au crépuscule.

Les Canadiens qui s'étaient rendus à l'aéroport de Wuhan ont dû rebrousser chemin ou se préparer à y attendre de nombreuses heures. (Archives)

Photo : Getty Images / China Photos

Radio-Canada

L'avion nolisé par Ottawa pour rapatrier des ressortissants canadiens coincés en Chine en raison de l'épidémie de coronavirus rentrera au pays au moins un jour plus tard que prévu. Des conditions météorologiques inadéquates au Vietnam, où se trouve présentement l'appareil, expliquent ce report.

L'appareil devait initialement partir de Wuhan mercredi soir et arriver à la base de Trenton, en Ontario, jeudi matin.

Mais le mauvais temps a repoussé le décollage de quatre heures, a noté mercredi le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne. Ce retard nous a fait manquer le court délai que les autorités chinoises offrent aux pays pour évacuer leurs citoyens, a-t-il expliqué. Elles autorisent uniquement des départs d’évacuation durant la nuit.

Le Canada doit maintenant attendre la prochaine plage disponible à l'aéroport de Wuhan, au cœur de l’épidémie. Selon ce qu'a indiqué l'ambassadeur canadien en Chine, Dominic Barton, le décollage aura lieu, si tout va bien, dans la nuit de jeudi à vendredi (heure locale), espère-t-on.

Malheureusement, la Chine ne nous donne que des moments très limités pour faire voler des avions commerciaux spéciaux vers Wuhan. Malheureusement, à cause de la météo, on n’a pas pu décoller de Hanoï hier soir et, donc, on a un retard d’une journée. Mais on espère rapatrier ces familles pour vendredi matin.

Justin Trudeau, premier ministre

Évidemment, je comprends que c’est difficile pour ces familles et pour leurs familles ici au Canada, mais on continue de faire tout ce qu’on peut pour les garder en sécurité et pour les ramener bientôt, a poursuivi M. Trudeau.

Les 211 personnes dont le nom figure sur le manifeste du premier vol ont été contactées par les fonctionnaires d’Affaires mondiales Canada pour, bien évidemment, les informer du changement, a ajouté le ministre Champagne.

En après-midi, le ministre Champagne a indiqué qu'il y aura également « quelques dizaines » de sièges disponibles sur un avion américain qui décollera quelques heures après l'avion canadien.

Le gouvernement évaluera la possibilité d'affréter un deuxième avion « en fonction des besoins ».

François-Philippe Champagne a réitéré que le Canada déconseille à ses ressortissants les voyages non essentiels en Chine, ajoutant cette fois qu'il recommande à ceux qui y sont déjà de rentrer dès que possible : Nous conseillons aux Canadiens et Canadiennes dont la présence en Chine n’est pas essentielle de partir par des moyens commerciaux tant qu’ils restent disponibles.

Le Canada n'est pas le seul pays à avoir adopté cette position, mais le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, a laissé entendre qu'elle est excessive. Considérer la Chine comme si le problème était le même dans toutes les provinces constitue une erreur puisque 80 % des cas sont de la province du Hubei. [...] Il y a des provinces où il y a très peu de cas, a-t-il insisté, en invitant les différents gouvernements à se baser sur les faits et à éviter les généralisations.

Le ministre parle, la main vers l'avant.

François‑Philippe Champagne invite les Canadiens actuellement en Chine à rentrer au Canada si cela leur est possible.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Déception et confusion

Le premier message (comportant quelques fautes de français et erreurs de traduction) qu'Ottawa a expédié mercredi aux Canadiens qui se trouvent dans la région de Wuhan est le suivant :

Veillez noter que le temps de départ sera retardé dû à des circonstances au-delà du contrôle du gouvernement du Canada. Vous êtes donc maintenant demandé de vous présentez à l’aéroport jeudi, le 6 février au plus tard à 17 h, heure locale. (sic)

Affaires mondiales Canada

Ce n'est que quelques heures plus tard que le cabinet du premier ministre a précisé aux médias que les conditions météo étaient en cause.

La Montréalaise Meghan Millward, son mari chinois et leurs enfants de 2 et 6 ans venaient de stationner leur véhicule près de l'aéroport quand ils ont consulté leurs courriels et ont vu celui des autorités canadiennes qui leur annonçaient le report.

Alors, on a refait le chemin. Au moins, on n’a pas eu de très grands problèmes pour passer au-delà des barrières du point de contrôle, a-t-elle relaté.

Un jour de plus, c’est un peu fatigant, mais on a quand même un peu d’espoir de pouvoir prendre l’avion demain. Et c’est 24 heures de plus pour essayer de convaincre les autorités de laisser mon mari prendre l’avion avec nous.

Meghan Millward, une Canadienne coincée dans la région de Wuhan
Plan rapproché de Meghan Millward.

La Montréalaise Meghan Millward fait partie des quelque 300 Canadiens qui sont dans la région de Wuhan.

Photo : Radio-Canada / Skype

C'est que l'époux de Mme Millward, Lie Zhang, devra vraisemblablement rester en Chine. Bien qu'il soit résident permanent du Canada, son passeport est chinois. Il n'est donc pas considéré comme un étranger par Pékin.

Pas assez de places

Un peu plus de 370 personnes souhaitent partir de Wuhan pour revenir au Canada, d'après Ottawa, mais une partie d'entre elles ne disposent pas d'un passeport canadien. Il est fort probable que l'avion affrété ne compte pas assez de places pour accueillir tous les ressortissants qui se présenteront à l'aéroport, seulement 211 places ayant été confirmées.

Le premier courriel disant que le vol était pour aujourd’hui disait qu’on était shortlisted, alors il n’y avait pas de garantie qu’il y aurait de l’espace pour nous, a expliqué Meghan Millward.

Les fonctionnaires demeurent en contact constant avec Mme Milward et ses compagnons d'infortune, a-t-elle convenu. Ils nous appellent beaucoup. Normalement, c’est juste pour confirmer et reconfirmer les détails qu’on a déjà donnés ou pour s’assurer qu’on a reçu le courriel. Alors, oui, ils nous contactent beaucoup, mais pas avec les nouvelles qu’on désire entendre.

350 autres Américains rapatriés

Pendant ce temps, deux autres avions transportant 350 Américains qui se trouvaient dans la région de Wuhan ont atterri mercredi à la base militaire aérienne Travis, au nord-est de San Francisco, a fait savoir le US Northern Command.

Tous seront mis en quarantaine pour 14 jours. Un groupe devra écouler ce temps dans un hôtel de la base, tandis qu'un autre fera de même dans un immeuble de la base militaire Miramar, près de San Diego, où il sera transporté en avion.

L'état de santé des passagers n'a pas été divulgué. Des responsables des Centres de contrôle et de prévention des maladies devraient donner des détails à ce sujet plus tard mercredi.

Deux autres avions devraient rapatrier des Américains coincés à Wuhan plus tard cette semaine. L'un devrait se poser à la base militaire Lackland, à San Antonio, au Texas, l'autre doit atterrir à l'aéroport Eppley, à Omaha.

Un premier vol ramenant 195 Américains s'était posé mercredi dernier à la base militaire March, en Californie.

Avec les informations d'Anyck Béraud, correspondante en Asie

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