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Le plan forestier ontarien critiqué par des groupes écologistes

Des billes de bois en forêt.

Le gouvernement ontarien veut doubler le volume de bois récolté dans la province.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La proposition du gouvernement de l’Ontario de doubler les volumes d’exploitation forestière au cours de la prochaine décennie irait trop loin et ne protégerait ni l’environnement ni la faune, ont déclaré mardi des écologistes qui réclament un plan plus équilibré.

Des groupes comme la Fondation David Suzuki, Ontario Nature et la Wildlands League ont déclaré qu’ils s’opposaient au plan présenté par le gouvernement provincial au début décembre, préconisant plutôt une approche qui maintiendrait les efforts de conservation et protégerait les espèces menacées tout en atteignant l’objectif déclaré du gouvernement de renforcer le secteur forestier de la province.

Les progressistes-conservateurs ont proposé d'augmenter l'exploitation forestière sur les terres publiques, passant de 15 millions de mètres cubes récoltés annuellement à 30 millions de mètres cubes d'ici 2030 afin de créer des emplois et de revitaliser l'industrie.

Un porte-parole du ministre des Richesses naturelles et des Forêts John Yakabuski a déclaré que l'industrie forestière dans la province ne récolte actuellement que la moitié de la quantité de bois qu'elle pourrait prélever.

Un homme qui répond à des questions.

Le ministre des Richesses naturelles et des Forêts John Yakabuski

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Les changements aideront à créer des marchés pour le bois et permettront au secteur d'atteindre son potentiel tout en gérant les forêts de manière durable, affirme Justine Teplycky.

Le niveau de récolte visé d'environ 30 millions de mètres cubes est nettement inférieur à la croissance annuelle des forêts, soutient-elle.

Julee Boan, responsable du programme boréal d'Ontario Nature, réplique que la province n'a fourni aucune preuve que cette quantité de bois récoltée est durable.

Nous sommes préoccupés par le fait que 30 millions de mètres cubes de forêt soient bloqués pour le secteur industriel. Surtout à un moment où nous recherchons davantage de possibilités de conservation et où nous ne voulons pas que celles-ci soient exclues.

Julee Boan, responsable du programme boréal d'Ontario Nature

Les consultations publiques sur cette proposition se terminent mercredi, et les écologistes ont exprimé leurs inquiétudes tant sur le plan de l'augmentation de la récolte de bois que sur les changements réglementaires qui, selon eux, pourraient exempter le secteur forestier de certaines lois clés en matière de protection de l'environnement.

Nous sommes dans une crise climatique et une crise de la biodiversité; il ne me semble pas que ce soit l'option la plus durable de supprimer ces protections environnementales, a dit Anna Baggio de la Wildlands League.

Rachel Plotkin, responsable du projet boréal à la Fondation David Suzuki, a quant à elle qualifié la stratégie de la province de très décevante et a croit qu'elle aura un impact négatif sur un certain nombre d'espèces en danger, dont le caribou.

Le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario a transporté par hélicoptère samedi 4 caribous vers Slates Islands.

Un caribou nord-ontarien

Photo : ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario

Selon elle, la stratégie va à l'encontre d'une étude fédérale de 2019 sur le caribou, qui demande aux provinces de protéger 65 % de l'habitat forestier de ces animaux pour augmenter le taux de survie des faons.

Des chercheurs ont découvert que les routes d'exploitation forestière rendaient le caribou plus vulnérable aux prédateurs comme les loups.

L’opposition demande davantage de réflexion

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, a appelé le gouvernement à faire marche arrière avant de finaliser la stratégie, affirmant que cela n'avait aucun sens face à la crise climatique mondiale.

Un homme en mêlée de presse.

Mike Schreiner croit que le gouvernement Ford doit changer son plan.

Photo : Radio-Canada

C'est une décision à court terme du gouvernement qui sape nos obligations climatiques et nos obligations de protection des espèces en danger, a-t-il déclaré.

Judith Monteith-Farrell, la porte-parole du NPD en matière de foresterie, avance que l'industrie forestière demande depuis longtemps de l'aide pour mettre en marché davantage de ses produits, en dépit des craintes qu'il n'y ait pas de demande.

Le gouvernement doit publier plus de détails avant d'aller de l'avant.

Judith Monteith-Farrell, porte-parole du NPD en matière de foresterie

J'ai quelques inquiétudes quant à l'endroit où les coupes vont avoir lieu, a ajouté Mme Monteith-Farrell.

L'Association de l'industrie forestière de l'Ontario a salué ce plan lorsqu'il a été annoncé pour la première fois l'année dernière, le décrivant comme un moyen de développer le plein potentiel du secteur.

Avec les informations de La Presse canadienne

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