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Safia Nolin dans une série sur un camp pour filles et jeunes de genre non conforme

L'artiste regarde des jeunes qui sont au micro avec une guitare.

Safia Nolin est mentore dans la série documentaire « Camp Rock »

Photo : Radio-Canada

Cecile Gladel

La série documentaire Camp Rock a suivi pendant une semaine des filles et des jeunes de genre non conforme qui ont participé à un camp musical l’été dernier dans la région de Montréal. Leur mentore était Safia Nolin.

Le concept de Camp Rock existe depuis 10 ans. Ce camp de musique encourage chaque été une quarantaine de filles et personnes de genre non conforme de 10 à 17 ans à s’épanouir dans un environnement sain, sécuritaire et propice au développement de l’estime de soi. À la base, c’est de dire aux filles : "Vous pouvez prendre une basse, une batterie. Vous pouvez crier dans un micro." C’est une façon de leur donner du pouvoir, souligne en entrevue la réalisatrice de la série documentaire, Sophie Lambert.

Le concept du Camp Rock se déploie dans une centaine de villes dans le monde. Au Canada, on compte une douzaine de camps : Montréal, Québec, Dawson, Mississauga, Peterborough, Toronto, Lethbridge, Vancouver, Victoria, Saskatoon, Regina et Winnipeg.

C’est parti du mouvement punk qui voulait simplement mettre en lumière le fait que le monde de la musique rock et punk était majoritairement dominé par les hommes, explique Élo, de la direction des programmes du Camp Rock, qui est bénévole, comme toutes les personnes intervenantes.

Safia Nolin, la mentore

Si l’autrice-compositrice-interprète Safia Nolin n’est normalement pas impliquée dans le Camp Rock, elle a été invitée à participer au documentaire en tant que témoin, car elle a de nombreux points communs avec les personnes participantes. Safia Nolin accompagne les jeunes dans leur apprentissage musical et fait part de ses réflexions sur l’importance de la musique dans l’affirmation de soi. « Ce qui l’a aidée, c’est la musique. Elle est donc devenue un bel exemple et incarnait bien ça », souligne Sophie Lambert.

Les jeunes ont beaucoup apprécié sa participation. On a discuté de plein de choses avec elle, a souligné Myrka, l’une des jeunes, lors d’une entrevue à l’émission Pénélope. Elle est juste devenue notre amie, ajoute Ross, une autre participante à la série documentaire.

L'artiste regarde la caméra.

Safia Nolin dans la série documentaire « Camp Rock»

Photo : Radio-Canada

Dans les premiers épisodes, Safia Nolin raconte pourquoi elle aurait été la participante parfaite à ce type de camp, s’il avait existé lorsqu’elle était adolescente.

J’avais un surplus de poids, et à ce moment-là j’essayais par tous les moyens de ne pas être lesbienne, mais je l’étais. Donc j’avais toute la liste des prérequis [pour participer à un tel camp]. En plus, je faisais 6 pieds, j’étais tout le temps la plus grande. Je ne fittais pas vraiment dans aucun standard. J’étais vraiment malheureuse. Tout ce que je voyais dans le futur, c’est moi qui ne fitte jamais avec personne, qui ne va jamais être bien.

Safia Nolin

C'est pour ces raisons que l'artiste a accepté de participer au documentaire. Pendant longtemps, [ce camp] a été un [endroit sécuritaire] pour beaucoup de gens qui ne se reconnaissaient pas dans les standards de la société. C’est aussi un endroit pour les gens non représentés en musique.

Les jeunes en vedette

Les personnes qui participent au camp viennent de tous les horizons et ont généralement en commun de se sentir en marge des autres et de faire de la musique.

Ces jeunes personnes n'ont pas le crachoir dans notre société. Le camp est un milieu inclusif où on leur dit : “Même si tu te sens bizarre à ton école secondaire, parce que tu ne sais pas si tu es un gars ou une fille, ou que tu es entre les deux, que tu es gêné·e, que tu as un corps atypique, [ce n’est pas grave], car tu as quelque chose à dire.” Pendant une semaine, elles sont dans un espace sécuritaire, sont écoutées et après elles retournent dans la société avec une certaine force.

Sophie Lambert

La réalisatrice dit avoir été témoin de transformations lors de ce tournage. Elle espère que cette série permettra à des jeunes qui vivent dans des milieux plus conservateurs de savoir qu’elles et ils ont droit à la différence.

Des jeunes personnes sont assises et elles écoutent une autre personne.

Une scène avec des jeunes de la série documentaire « Camp Rock »

Photo : Radio-Canada

Même Sophie Lambert avoue que la série lui a permis de se plonger dans cette nouvelle réalité et d’en parler au lieu d’éviter le sujet. Avant, moi-même, j’avais un certain malaise. On est habitué à dire le garçon, la fille. À partir du moment où ce n’est plus fille ou garçon, on se demande comment l’appeler si ce n’est pas il ou elle. Alors le nouveau pronom c’est « iel ». Mais comment s’en sert-on? Est-ce qu’on dit « iel » est heureux ou heureuse? Ça amène des questionnements, mais plutôt que de nommer les choses, on veut se retirer. Ce que j’ai appris, c’est que tu peux simplement demander à la personne c’est quoi son pronom et si tu fais une erreur, tu t’excuses, souligne la réalisatrice.

Plus que de la musique

Le programme du camp musical se déroule sur une semaine, incluant des ateliers sur l’estime de soi et le développement du leadership. Chaque jour, il y avait un atelier sur un type de discrimination. Le groupe était séparé en deux. Les personnes qui étaient touchées par ce genre de discrimination et les allié·e·s, a expliqué l'une des participantes à Pénélope McQuade.

Toutefois, le premier objectif du camp est que les jeunes jouent d’un instrument et écrivent une chanson. Le défi est de créer une œuvre musicale en équipe pour la présenter en spectacle et l’enregistrer en studio à la fin de la semaine.

Montage montrant les visages d'une femme et de deux jeunes parlant devant un micro dans un studio de radio.

La réalisatrice Sophie Lambert avec Myrka et Ross, deux participantes du Camp Rock à Montréal l'été dernier.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Dupuis

Les huit épisodes de la série, de 10 minutes chacun, sont en ligne sur ICI Tou.tv. (Nouvelle fenêtre)

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