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Racisme et coronavirus : la police de Longueuil sert un avertissement dans les écoles

L'écusson de la police de Longueuil sur l'uniforme d'un policier.

Un policier du Service de police de l'agglomération de Longueuil

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) et la Commission scolaire Marie-Victorin ont adressé une lettre aux parents d'élèves et aux enseignants sur les risques d’intimidation et de propos racistes que suscite la peur du coronavirus, notamment envers les personnes d'origine asiatique.

La peur de contracter le coronavirus pousse certaines personnes à se méfier ou à s’éloigner des gens d’origine chinoise ou asiatique en raison du fait que le foyer de l’épidémie se trouve en Chine, ce qui donne lieu à des situations ou à des commentaires discriminatoires, voire intimidants envers certaines personnes d’origine asiatique.

Nous travaillons de concert avec les commissions scolaires et les autorités de santé publique afin d’éviter le profilage racial qui peut résulter de l’association du virus aux personnes d’origine asiatique ou ayant séjourné dernièrement dans cette partie du globe, écrit le service de police.

Les commissions scolaires Des Patriotes et Riverside ont également accepté de prendre part à cette initiative, tout comme la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, explique l'agente Marie Beauvais-Lavoie, porte-parole du service de police de Longueuil.

Le SPAL, qui s'inspire d'une mesure semblable appliquée en Ontario, invite dans la lettre toutes les personnes qui ont connaissance de tels agissements dans le contexte scolaire à prévenir immédiatement les agents préventionnistes affectés aux écoles de la commission scolaire.

Au besoin, les agents de la Section prévention, vigilance et relations communautaires seront disponibles afin de rencontrer toute personne qui en ferait la demande, explique le SPAL, qui ajoute que des présentations sur la sensibilisation à l’intimidation en milieu scolaire pourraient aussi être offertes aux élèves.

À la Commission scolaire Marie-Victorin, on explique que le SPAL fait beaucoup d'ateliers sur l'intimidation dans les écoles.

Bien qu'aucun cas d'intimidation ni aucune plainte n'aient été rapportés jusqu'ici dans ses écoles, la commission scolaire préfère agir à titre préventif.

Le but, c’est de rassurer, c’est de dire qu’on travaille beaucoup sur l’inclusion dans nos écoles. On a confiance dans notre personnel et nos directions d’école pour rassurer les parents au besoin.

Marc-André Petit, directeur adjoint à la Commission scolaire Marie-Victorin

Il n'en demeure pas moins que la problématique est présente dans les écoles, comme en témoigne Hanbert Zhang, un étudiant d'origine asiatique.

Après l'école, quelqu'un est venu pour demander de l'aide à ma sœur, puis elle pouvait pas. En repartant, il a dit : "Je veux pas être près de toi parce que t'as le coronavirus".

Lorsqu'un Chinois passe, il y a des gens qui vont commencer à tousser [...] Il y a des gens qui ont un peu peur de s'approcher de certains Chinois, relate Hanbert Zang, qui ajoute qu'il y a aussi des Chinois qui s'amusent à porter des masques pour blaguer et faire peur aux gens.

Vous avez été témoin ou victime de gestes discriminatoires ou de messages à caractère raciste liés à l’épidémie de coronavirus? Contactez-nous à l’adresse suivante : temoin@radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre)

Pas d'épidémie au Canada

Rappelons que seulement quatre cas de coronavirus ont été détectés au Canada depuis le début de l’épidémie, et aucun au Québec. Toutes les personnes malades ont été hospitalisées et traitées en conséquence par les autorités médicales.

Aucune de ces personnes n’est par ailleurs décédée des suites de l'infection.

Même s’ils sont souvent suscités par une peur irrationnelle de la maladie – encouragée par l’intense couverture médiatique dont elle est l’objet –, les comportements discriminatoires envers les membres de la communauté asiatique doivent être rapportés.

Et il y en a plus qu’on ne le pense, soulignait jeudi dernier au micro d' ICI Première Doreen Assaad, la mairesse de Brossard, ville où habite une importante communauté chinoise. Selon la mairesse, le phénomène est déjà bien présent sur les réseaux sociaux et dans le commentariat de certains médias.

Il y a un racisme en ligne qu’on voit, de commentaires d’isolement, de critiques, et je trouve ça désolant.[…] Pour nous, c’est très important que les gens comprennent qu’un virus ne fait pas de discrimination, pourquoi on doit le faire entre nous?, a déclaré Doreen Assaad.

La mairesse Assaad précise cependant que peu d’appels ou de plaintes ont été faits à la Ville de Brossard concernant des incidents à caractère raciste jusqu’ici.

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