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Lâcher son travail pour écrire

Portrait en couleur de l'autrice Lynda Dion, une main sur la joue droite, foulard rouge autour du cou, lunettes vertes hexagonales, cheveux courts.

L'autrice Lynda Dion a longtemps enseigné au secondaire, avant de se consacrer à l'écriture.

Photo : posefoto.com

Radio-Canada

Lynda Dion a publié son premier roman à 50 ans. Huit ans plus tard, elle a pris sa retraite de l'enseignement du français au secondaire pour se consacrer à l'écriture.

L'ancienne professeure considère en effet que « l'écriture est un muscle qui se développe ». Et pour ça, il faut écrire « tous les jours, tout le temps, n'importe où ».

Écrire sans pudeur

Dans Grosse, son quatrième et plus récent roman, Lynda Dion aborde de front les luttes, les douleurs et les complexes liés à un corps imparfait.

« J’écris des livres sans pudeur dans lesquels j’aborde des sujets qui poussent au dévoilement », explique-t-elle sans détour.

Constatant que la plupart des gens qui écrivent de la fiction se projettent dans leurs personnages, elle ne voit pas l’utilité de le faire en [se] camouflant.

J’ai longtemps cru qu’écrire voulait dire inventer, fabriquer une histoire de toutes pièces. J’aime en lire, bien sûr, mais ma préférence va aux textes qui disent vrai.

Lynda Dion

S’inspirer de soi, du matériau de sa vie, présente cependant bien des risques. Jusqu'où par exemple peut-on se permettre d’impliquer ses proches, qui ne manqueront pas de se reconnaître?

À la recherche de la « vérité vraie »

Pour l'écrivaine, qui faisait partie l'an passé du comité de sélection du Prix du récit Radio-Canada, tout récit est une construction : du moment que c’est écrit, ça devient de la littérature.

La « vérité vraie », ce qui s’est réellement passé, n’y apparaît pas. C'est la posture, cette nécessité pour l’écrivain ou l'écrivaine d’aller à la rencontre de sa vérité, qui fait l'authenticité du récit.

Déstabiliser le lectorat

Pour cette lectrice exigeante, un récit se démarque s'il parvient à la happer dès le début, dès les premières phrases, si on y entend la « voix » du texte.

Ça se passe au niveau du rythme dans la phrase, de la tonalité employée (réaliste, poétique, humoristique, dramatique, etc.), du choix des mots. C'est le traitement du sujet ou du thème qui fait la différence entre un texte qu’on a l’impression d’avoir lu dix fois et celui qu’on découvre.

La singularité d'un texte le rend d’emblée plus intéressant pour moi. J’aime être déstabilisée quand je lis.

Lynda Dion

L'écrivaine a d'ailleurs récemment accepté de participer, aux côtés d'Anaïs Favron et de Patrice Michaud, à la « Mission impossible » de l'émission Plus on est de fous, plus on lit!, un défi littéraire qui consiste à se plonger dans la lecture d'une brique réputée difficile.

Cette année, il s'agit du roman-fleuve Guerre et paix. Si elle avait peur de s'ennuyer en se lançant dans cette aventure, gageons que la saga littéraire de Leon Tolstoï saura la faire changer d'avis.

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