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Bombardier pourrait vendre sa division d'avions d'affaires

Vue d'ensemble de l'appareil, dans un hangar.

Le Global 7500, avion d'affaires de Bombardier, à l'usine de finition de Montréal, en décembre 2018

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les mauvaises nouvelles s'accumulent chez Bombardier; l'entreprise québécoise aurait entamé des négociations avec la compagnie américaine Textron pour lui vendre sa division d'avions d'affaires, selon des informations du Wall Street Journal.

Interrogé par les journalistes à l'entrée du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ), à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a rappelé que Bombardier est un joueur important au Québec. M. Fitzgibbon a toutefois reconnu que l'entreprise ne pouvait survivre dans sa forme actuelle, avec ses trois principales activités économiques, soit l'avion A220 – l'ancien C Series –, le transport ferroviaire et les avions d'affaires.

Le risque pour Bombardier concerne son niveau d'endettement, juge le ministre. L'entreprise a en effet emprunté un total de 9 milliards de dollars américains qu'elle peine à rembourser.

Selon le Wall Street Journal, qui s'appuie sur la base de données financières Factset, Bombardier devra rembourser un minimum de 1,5 milliard de dollars l'an prochain.

Cela prend une réingénierie financière, a poursuivi M. Fitzgibbon. Je pense que dire que c'est fini [comme l'a fait le Wall Street Journal], c'est un peu sévère.

Toujours au dire du ministre, il est temps que Bombardier cède ses activités liées à l'A220, dont un peu plus de la moitié des parts ont été acquises par l'avionneur européen Airbus en 2017.

Les deux autres activités commerciales de Bombardier pourront cohabiter, mais cela sera difficile, a encore estimé le ministre de l'Économie.

Le gouvernement Legault n'a cependant pas reçu, pour l'instant, de demande d'aide financière de la part de Bombardier. Mais si tel était le cas, la CAQ irait-elle dans le sens du Parti québécois, qui réclame au préalable le départ du président Alain Bellemare? J'ai beaucoup de respect pour l'opposition, mais [elle n'est] pas qualifiée, et moi non plus, pour juger de la pertinence de M. Bellemare, a rétorqué M. Fitzgibbon.

Par ailleurs, pas question d'investir davantage dans le programme de l'A220, a fait savoir M. Fitzgibbon. Nous avons mis un milliard de dollars américains dans le programme; je pense que c'est suffisant, les Québécois ont assez mis d'argent, a-t-il déclaré.

Écoutez, je n’ai pas tous les renseignements; je crois qu’il faut faire confiance au conseil d’administration […]. Nous ne sommes pas partie prenante des discussions, mais évidemment, on surveille les questions liées aux emplois, l’impact de Bombardier sur la grappe aérospatiale, qui est très important, a poursuivi le ministre.

De son côté, le premier ministre François Legault s'est engagé à tout faire pour préserver les emplois au Québec. Cela voudrait-il dire que la disparition de l'entreprise est acceptable, si les emplois étaient préservés? Les emplois et l'entreprise vont ensemble, a maintenu M. Legault.

Démantèlement?

Sur les ondes d'En direct avec Patrice Roy, à ICI RDI, le ministre Fitzgibbon a tenté de calmer les esprits, alors que divers analystes évoquent un démantèlement des différentes divisions de Bombardier.

À la fin du mois dernier, l'agence Bloomberg citait des sources anonymes selon lesquelles l'entreprise envisageait de céder ses activités ferroviaires à son concurrent Alstom.

M. Fitzgibbon juge toutefois que rien ne laisse présager que la division des avions d'affaires et celle des trains soient toutes deux vendues à d'autres entreprises, ce qui mettrait en péril les quelque 3000 emplois directs chez Bombardier au Québec, sans compter les postes au sein des fournisseurs et autres compagnies tierces.

Nous n'avons pas d'assurances quant au maintien des emplois, a reconnu le ministre, qui a cependant précisé que Québec a de l'influence, il y a des discussions, on parle à M. Bellemare tous les jours.

La fin de Bombardier, c'est un peu apocalyptique; je pense qu'on peut penser à des scénarios où il va rester une activité [économique] chez Bombardier.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

La question, a encore mentionné le ministre, est de savoir quelle serait cette activité industrielle qui serait encore effectuée au sein de l'entreprise, une fois la « réingénierie financière » réalisée. Ce sera soit les trains, soit les avions d'affaires.

C'est sûr que Bombardier va survivre, mais ce sera dans un environnement différent de celui que l'on connaît aujourd'hui, a ajouté M. Fitzgibbon.

Les syndiqués déplorent un flou

Toutes les rumeurs sur la vente d'une partie ou de l'ensemble des activités de Bombardier sont difficiles à suivre, déplore David Chartrand, coordonnateur québécois à l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale.

C'est difficile de savoir où l'on s'en va, tant pour le syndicat que pour nous, les travailleurs et les travailleuses, a-t-il affirmé.

Tout le monde est inquiet et se demande ce qui va arriver demain.

David Chartrand, de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale

Plusieurs employés interrogés à l'usine montréalaise du groupe, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, ont par ailleurs dit craindre de perdre leur emploi.

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