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10 histoires extraordinaires sur le Festival du film de montagne de Banff

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Festival du film de montagne de Banff.

Image tirée du film Danny Daycare, du cycliste et photographe Danny MacAskill. On y voit un cycliste dans les airs, en train de faire un tour sur lui-même, avec un chariot pour enfant attaché à son vélo.

Image tirée du film Danny Daycare, du cycliste et photographe Danny MacAskill.

Photo : Festival du film de montagne de Banff / Dave Mackison

Élyse Allard

Assister au Festival du film de montagne de Banff, c’est accepter d’avoir le souffle coupé à maintes reprises. Mais ce n’est rien de comparable aux exploits accomplis par les aventuriers au cœur des films qui y sont présentés.

À l’occasion de la tournée mondiale du Festival, qui s’arrête cette semaine en Mauricie et au Centre-du-Québec, le responsable-instigateur de son volet québécois, Stéphane Corbeil, fouille dans ses souvenirs pour nous faire part de 10 histoires extraordinaires sur ce festival, qui sort clairement de l’ordinaire.

Q : Dans quel contexte est né le Festival du film de montagne de Banff?

R : Le Festival est pratiquement né dans un sous-sol, en 1976, entre amis grimpeurs et alpinistes qui habitaient les villes de Banff et de Canmore, en Alberta. Ils se sont réunis en se disant : « Ce serait amusant qu’on se montre nos films. » C’est donc parti de cette petite communauté d'aventuriers, qui ont donné envie à plus de gens de réaliser des films de montagne. Les instigateurs du Festival se sont ensuite associés au Banff Centre, un lieu de formation en leadership et en créativité, qui est une véritable institution dans l’Ouest canadien. Ce centre de diffusion a donné à l'événement l’ampleur qu’on lui connaît aujourd'hui.

Q : Qui est l’aventurier le plus âgé présenté dans un film de montagne à Banff?

R : L’année dernière, on a présenté le film For the Love of Mary, qui mettait en scène un coureur de 97 ans. Il participait à une course sur le mont Washington, aux États-Unis. L’objectif était d'atteindre le sommet au pas de course. L’homme a choisi de participer à cette aventure en mémoire de sa femme décédée il y a une quinzaine d’années. C’est un film extrêmement touchant et avec beaucoup d’humour. Le court métrage ne durait que 8 minutes, mais les gens m’en parlent encore aujourd’hui.

Q : Le plus jeune aventurier vu dans un film de montagne?

R : En fait, c’est une aventurière! Il y a cet excellent cycliste de montagne, Danny MacAskill, qui a un très bon sens de l’humour. Dans le scénario du film Danny Daycare, des amis lui confient la garde de leur jeune fille d’environ quatre ans. Comme Danny n’est pas du genre à colorier ou à pousser un enfant sur une balançoire, il part en montagne avec un chariot attaché à son vélo, à bord duquel se trouve sa protégée. C’est probablement la plus jeune aventurière que j’ai vue dans un film, mais elle est davantage une participante qu’une aventurière.

Q : Quel est le sport le plus inusité présenté au festival?

R : Il y a quelques années, on a constaté une tendance. Les gens faisaient des sauts de type base jumping avec une combinaison à ailes, communément appelée wingsuit. Avec cet habit étrange, l’homme se transforme en une sorte d’écureuil volant. Les premières années où l’on a vu sauter un homme d’un sommet avec une simple combinaison à ailes, tout le monde retenait son souffle dans la salle. C’était vraiment extraordinaire. Certains aventuriers frôlent tellement la terre de près que surviennent parfois de graves accidents, voire des sauts mortels.

Aussi, il y a une dizaine d’années, on a vu apparaître le high line, qui ressemble à du funambulisme sur une courroie tendue. On accroche cette courroie en hauteur, souvent entre deux montagnes ou au-dessus d’un canyon. C’est possible de pratiquer ce sport entre deux arbres, dans sa cour, mais c’est beaucoup moins impressionnant! Contrairement au base jumping, le funambule a toujours une corde d’assurance qui le retient s’il tombe, mais c’est tout de même très impressionnant.

Q : Le sport en apparence le plus facile présenté dans un film au festival?

R : C'est certainement le canot. Sur un lac, les enjeux sont moins grands. Par contre, certains font du canot en eaux vives. La dynamique devient alors complètement différente. Le canot peut sembler tranquille entre deux rapides, mais dans un rapide plus tumultueux, ça devient plus dangereux.

Q : Un accident mortel est-il déjà survenu lors d’un tournage?

R : C'est le cas dans Solo, un film de kayak de mer. Un aventurier navigue seul sur les eaux de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Au début du film, il dit au revoir à sa femme et à son enfant avant de partir en mer. Une tempête se lève. Le kayakiste sent qu’il ne s’en sortira pas. Il entre alors en communication téléphonique avec sa femme avant de mourir. Le kayak et les images captées par l’aventurier ont été retrouvés par la suite. Ça donne un film extrêmement émouvant. Les gens m’en parlent encore 10 ans plus tard.

C’est rare de voir des films d’aventure dans lesquels quelqu’un décède. Normalement, les proches refusent que le film soit projeté sur grand écran. Dans ce cas-ci, la famille avait accepté de diffuser les derniers moments du défunt.

Q : Le film le plus marquant réalisé par des Québécois?

R : C’est assurément le film Asiemut, réalisé par un couple de Québec : Olivier Higgins et Mélanie Carrier. Ces deux cyclistes ont parcouru les 8000 kilomètres qui séparent la Mongolie du Sud de l’Inde. Pour Mélanie Carrier, c’était une première aventure à vélo avec plusieurs sacs à porter. Son conjoint, Olivier, agissait à titre de photographe et de caméraman.

Ce film est exceptionnellement bon et magnifiquement bien tourné. Il raconte des histoires humaines touchantes. Les aventuriers y relèvent des défis physiques extrêmement importants. Asiemut a systématiquement remporté des prix dans tous les festivals où il a été présenté (des grands prix et des prix du public). On parle d’une trentaine de distinctions à travers le monde. 

Q : Quels pays reviennent le plus souvent au Festival du film de montagne de Banff?

R : Comme il y a plus de 400 films présentés chaque année au festival, on retrouve une grande diversité de lieux de tournage. Évidemment, il s’agit de pays où il y a des montagnes. Beaucoup de films ont été tournés en France et en Italie. En Asie, les aventures se déroulent notamment au Népal, en Mongolie et au Pakistan cette année. Plus près de chez nous, un grand nombre de films nous viennent de l’Ouest canadien. Pour ce qui est de l’est du pays, c’est essentiellement les paysages du Québec qui sont à l'honneur.

Q : Combien de pays et de villes visite le Festival lors de sa tournée mondiale?

R : Le Festival du film de montagne de Banff est présenté dans 45 pays à travers le monde. Ça correspond à plusieurs centaines de villes, dont 23 au Québec. Plus de 500 000 personnes assistent aux projections grâce à la tournée mondiale. C’est l’un des plus importants et des plus prestigieux festivals de films d’aventure et de montagne au monde. 

Q : Combien de films sont projetés annuellement au Festival?

En 2019, 442 films ont été soumis au Festival du film de montagne de Banff. Sur ce nombre, 90 ont été présentés en compétition officielle. Pour la tournée québécoise, le public est invité à visionner 9 films cette année : 2 h 15 de courts et de moyens métrages projetés les uns à la suite des autres.

Tournée mondiale du Festival du film de montagne de Banff en Mauricie et au Centre-du-Québec :

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