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Apprendre le français dans la campagne de l'Ouzbékistan communiste

Abdumalik entouré d'enfants et de deux femmes dans son village.

Actuellement l'enseignement du français en Ouzbékistan commence dès l'âge de 7 ans.

Photo : Abdumalik Muminov

Radio-Canada

Le français est enseigné depuis plus d'un demi-siècle dans les écoles du village Xo’jaqishloq, dans la vallée de Ferghana, à plus de 200 kilomètres de la capitale de l’Ouzbékistan.

L'enseignant suppléant au conseil scolaire Viamonde, Abdumalik Muminov, est né dans ce village où il a appris le français après l’ouzbek et le russe.

Dans [mon] village, le français est enseigné depuis presque 60 ans. L’apprentissage du français se faisait par régions : cinq à six villages étaient spécialisés dans une langue étrangère.

Abdumalik Muminov

C’est un ancien professeur parti étudier le français dans la capitale qui a commencé à former les jeunes de Xo’jaqishloq en français. C’est une tradition jusqu’à maintenant, explique Abdumalik Muminov.

Le village Xo’jaqishloq sur la carte.

Le village Xo’jaqishloq se situe à Ferghana, l'une des 12 provinces de l'Ouzbékistan.

Photo : Radio-Canada / camile Gauthier

Apprendre le français à l’âge de 12 ans, après l’ouzbek et le russe, n’a pas été facile pour lui.

La difficulté dans mon apprentissage du français, c'était l’alphabet, car le français n'a rien à avoir avec l'ouzbek et rien à avoir avec le russe. C’est une langue complètement différente.

Abdumalik Muminov

En moins d’un siècle, l'Ouzbékistan a connu trois changements d’écriture. Le pays est passé de l’alphabet arabe à l'alphabet latin, puis à l'alphabet cyrillique, puis à nouveau à l'alphabet latin, qui a les mêmes bases que celles utilisées en français.

Le premier mot en français qu’Abdumalik a appris est service, parce qu'un élève était chaque jour au service. C’est-à-dire qu'il essuyait les tables et nettoyait le tableau. Dès que l’enseignant rentrait, l’élève en service se présentait en disant : ''C’est moi qui suis de service'', explique-t-il.

La grille d'entrée de l'école 32.

Chaque école publique en Ouzbékistan porte un numéro. Celle de M. Muminov porte le numéro 11.

Photo : Abdumalik Muminov

L'Ouzbékistan fut un état communiste et membre de l’Union soviétique jusqu’à la déclaration de son indépendance en 1991.

Outre la présentation au début de la journée, les chansons françaises ont aussi motivé Abdumalik et les autres élèves de son école à pratiquer davantage leur français. Notre enseignant jouait [les chansons] de Joe Dassin et celles de Mireille Mathieu, commente-t-il. M. Muminov aime le français parce que c’est tout d’abord une langue internationale, soutient-il. Il ajoute que c’est grâce à cette langue qu’il a réussi [dans la vie] et a rencontré sa femme.

Une famille francophile

Le français occupe une place importante dans la famille Muminov. J’ai deux nièces qui ont étudié le français et qui sont enseignantes dans mon village. Mon frère également est enseignant de français. J’ai aussi un autre neveu qui étudie le français à l’Université des langues du monde en Ouzbékistan, dit-il.

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