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Montréal a exagéré le coût des caméras pour les policiers, selon l’opposition

Un policier du SPVM porte une caméra d'intervention.

La Ville de Montréal avait estimé qu’il en aurait coûté plus de 17 millions de dollars rien que pour équiper chaque agent du SPVM de cette caméra d'intervention.

Photo : SPVM

La Ville de Montréal aurait exagéré les coûts estimés pour doter ses policiers de caméras d'intervention afin d'éviter cette dépense, affirme l’opposition, qui demande l’implantation de cette mesure.

Lors d’une conférence de presse mardi, des membres de l’opposition au conseil municipal de Montréal, appuyés par des groupes communautaires qui réclament le port de caméras par les policiers, ont déclaré que la Ville a gonflé les coûts d’une telle mesure au terme du projet pilote réalisé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) il y a deux ans.

En janvier 2019, au terme d’un projet pilote lancé en 2016 auprès de 78 agents du SPVM, la Ville avait conclu que les caméras portatives ne favorisent pas vraiment la transparence des interventions policières, pas plus qu’elles ne contribuent à consolider le lien de confiance avec les citoyens.

Surtout, la Ville avait estimé qu’il en aurait coûté plus de 17 millions de dollars rien que pour équiper chaque policier du SPVM de cette caméra et qu’il en coûterait 24 millions de dollars par année pour maintenir et exploiter le système.

La Ville estimait qu'il faudrait embaucher environ 200 policiers supplémentaires pour traiter toute l'information recueillie chaque jour par les caméras.

Or l’opposition à l’Hôtel de Ville n’est pas de cet avis. Affirmant détenir des preuves basées sur d'autres projets d’utilisation de caméras d'intervention par la police dans des villes nord-américaines, notamment à Toronto, l’opposition estime que les coûts réels de la mesure seraient en réalité deux fois moins élevés que les estimations faites à Montréal.

Selon le porte-parole de l’opposition en matière de Sécurité publique, Abdelhaq Sari, les caméras portatives sont un outil essentiel pour le travail des policiers pour qu’il y ait davantage de transparence dans les interventions et de confiance du public envers les forces de l’ordre.

Il faut augmenter la transparence du travail policier, et surtout, avoir une perception de confiance pour que moi, comme citoyen, je puisse avoir une certaine communication, une interpellation avec un policier, a plaidé M. Sari.

Ça a été prouvé dans plusieurs villes que ça augmente ces deux facteurs-là. La seule place où on a dit que c’est non, que ça n’augmente aucunement ni la transparence ni la perception de confiance, c’est à Montréal.

Abdelhaq Sari, porte-parole de l’opposition en matière de Sécurité publique à la Ville de Montréal

L’opposition, qui n’entend pas lâcher prise, compte déposer une motion lors du conseil municipal du 24 février prochain pour demander à l’administration de la mairesse Valérie Plante de munir ses agents de police de caméras d'intervention.

Le Service de police de la Ville de Montréal emploie actuellement environ 3000 patrouilleurs.

Plusieurs grandes villes canadiennes, dont CalgaryEdmonton et Toronto, ont fait l'expérience des caméras portatives au cours des dernières années. À ce jour, cependant, seul le corps de police de Calgary a commencé à les utiliser à grande échelle. Celui de Victoria, en Colombie-Britannique, a quant à lui signifié son intention de le faire.

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