•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de Bella Desgagnés, pas de Route blanche, les Bas-Côtiers sont isolés

Le navire Bella Desgagnés tente de se frayer un passage à travers les glaces.

Le navire Bella Desgagnés tente de se frayer un passage à travers les glaces. (archives)

Photo : Randy Jones

Le navire Bella Desgagné, qui assure la desserte maritime de la Basse-Côte-Nord, a terminé sa saison. La Route blanche, qui permet aux résidents de la région de se déplacer pendant l’hiver n’est toujours pas ouverte dans son entièreté, laissant les Bas-Côtiers pratiquement prisonniers de leurs villages.

Après avoir prolongé sa saison régulière de trois semaines, le Bella Desgagnés est entré à son port d’attache, à Rimouski.

Pendant cet arrêt de la desserte du Bella Desgagnés, les résidents de la Basse-Côte-Nord peuvent généralement se déplacer en avion ou en motoneige sur la Route blanche. Puisque le voyage en avion entre les communautés de la région coûte très cher, les gens se tournent vers la Route blanche pour se promener entre les villages, sauf qu'elle n’est pas encore ouverte dans son entièreté cet hiver.

Seul le tronçon entre Kegaska et La Romaine est actuellement ouvert. De courtes portions sont accessibles dans les secteurs de La Tabatière et de Tête-à-la-Baleine ainsi qu’entre les villages de Saint-Augustin et de Pakua Shipi.

Un motoneigiste avance sur la Route blanche, tracée entre des conifères. Au loin, une grande étendue de neige et des montagnes.

La Route blanche de la Basse-Côte-Nord (archives)

Photo : Julie Roy

Sans le Bella Desgagnés ou la Route blanche, les résidents de la Basse-Côte-Nord sont pris dans leur village, estime le préfet de la MRC du Golfe-Saint-Laurent, RandyJones.

La Route blanche est utilisée comme la [route] 138.

Randy Jones, préfet de la MRC du Golfe-Saint-Laurent

Puisque cette route hivernale est le seul lien terrestre reliant les villages de la Basse-Côte-Nord, Randy Jones affirme que les Bas-Côtiers attendent son ouverture avec impatience. Quand la route blanche est ouverte, c’est le temps de visiter notre parenté dans les autres villages, dit-il.

L’industrie du tourisme est aussi importunée. À La Tabatière, l'auberge de la Mer affirme qu'un groupe de motoneigistes a déjà annulé ses réservations parce qu'il n'a pas pu se rendre au village. Un autre, qui doit être de passage à l'auberge à la fin de la semaine, risque d'annuler aussi. D'autres réservations prévues dans les prochaines semaines pourraient aussi être annulées si la route tarde à ouvrir.

Pas si exceptionnel

Des données du ministère des Transports montrent que cette situation n’a rien d’exceptionnel. Même si la Route blanche ouvre généralement un peu plus tôt dans l’hiver, lors de la saison 2017-2018, par exemple, elle n'a été accessible dans son entièreté que le 8 février.

Ouverture de la Route blanche dans son entièreté

  • Hiver 2018-2019 : 86 jours entre le 24 janvier et le 19 avril
  • Hiver 2017-2018 : 71 jours entre le 8 février et le 19 avril
  • Hiver 2016-2017 : 72 jours entre le 24 janvier et le 17 avril

Même que pendant l’hiver 2015-2016, la route n’a pas été ouverte une seule journée dans son entièreté.

Randy Jones est au téléphone, dans un bureau.

Randy Jones, maire de Gros-Mécatina (archives)

Photo : Radio-Canada / Louis Garneau

Changements climatiques

Randy Jones reconnaît qu’il n’est pas anormal que la Route blanche soit encore fermée à cette date. Il observe toutefois que son ouverture se fait attendre de plus en plus chaque année. Selon lui, les changements climatiques sont en cause.

On n’a pas assez de neige pour ouvrir la route blanche. On est de plus en plus on est affecté par les changements climatiques.

Le Bella Desgagnés

Le Bella Desgagnés (archives)

Photo : Radio-Canada / Tammy Green

Par ailleurs, la faible présence de glace dans le golfe du Saint-Laurent aurait pu permettre au Bella Desgagnés de naviguer encore quelque temps. Toutefois, le navire doit absolument arrêter son service pendant quelques semaines pour permettre à l’équipage de faire les réparations et les entretiens préventifs nécessaires à la saison suivante, a expliqué le directeur général de Relais Nordik, Francis Roy en entrevue à l'émission Boréale 138.

Pour s’assurer d’avoir un bon service l’année suivante, il est essentiel que le navire puisse arrêter pendant ces 6-7 semaines-là, dit-il. Donc de continuer plus loin, ça met à risque notre prochaine saison.

Le Bella Desgagnés reprendra la desserte maritime de la Basse-Côte-Nord et de la Minganie le 6 avril.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Côte-Nord

Transports