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Jean Grand-Maître quittera la direction artistique de l’Alberta Ballet en 2022

Jean Grand-Maître.

Jean Grand-Maître a décidé de quitter la direction artistique de l'Alberta Ballet en 2022.

Photo : Radio-Canada

  • Laureen Laboret

Jean Grand-Maître annonce qu’il va quitter ses fonctions de directeur artistique de l’Alberta Ballet en 2022, après deux décennies. C’est une page qui se tourne pour l'institution albertaine et dans la carrière prolifique de l’artiste.

Originaire de Gatineau au Québec, il avoue que cela faisait deux ans qu’il y pensait. Pour lui, le temps était venu de passer le flambeau, il sentait que la compagnie et lui avaient besoin d’un nouvel envol. Ça va faire 20 ans, c’est long pour un directeur artistique...je ne pensais rester que six ou sept ans quand je suis arrivé en 2002, explique-t-il. Il affirme que cette décision est aussi motivée par sa volonté de se rapprocher davantage des danseurs et de s’éloigner des responsabilités administratives, qui prennent du temps.

Survivre dans le milieu culturel c’est un grand défi aujourd’hui.

Une citation de Jean Grand-Maître, directeur artistique de l’Alberta Ballet

Pour la directrice du Regroupement artistique francophone de l'Alberta, Sylvie Thériault, l’artiste laissera un héritage immense dans la communauté albertaine. Je crois qu'il va laisser sa trace et tout son savoir et toutes ses expériences et le risque qu'il a pris avec les spectacles qu'il a montés avec l'Alberta Ballet. Je pense qu'il va toujours rester dans l'âme de tous, affirme-t-elle. Elle dit aussi beaucoup apprécier sa capacité à toucher le public et à démocratiser la discipline. On peut apprécier le ballet sans être dans l’élitisme de la société, analyse-t-elle.

De toutes ces années à l’Alberta Ballet, Jean Grand-Maître se souviendra en particulier, et avec beaucoup d’émotion de sa collaboration avec la chanteuse canadienne Joni Mitchell, sur le ballet de 2009, The Fiddle and the Drum. Elle m’a tout enseigné, elle m’a inspiré, elle m’a fait penser à l’importance de l’intégrité dans le travail artistique, détaille-t-il. Par la suite, les deux artistes sont devenus très amis.

Un homme et une femme sont en discussion.

Jean Grand-Maître et Joni Mitchel au travail, lors de la création du spectacle Fiddle and Drum en 2006.

Photo : Alberta Ballet

Il a apporté beaucoup de prise de risques...toute une autre perspective non seulement pour les danseurs, mais aussi des nouvelles expériences pour le public.

Une citation de Sylvie Thériault, directrice du Regroupement artistique francophone de l'Alberta

Sa carrière en Alberta doit aussi beaucoup à ceux qu’il côtoie quotidiennement : les danseurs.Je les vois danser avec plein de sacrifices, ils sont tellement innocents, tellement pleins d’espoir, d’optimisme pour le futur, s’émeut-il. Et c’est en pensant à eux qu’il a tout naturellement porté son choix sur Christopher Anderson, comme son successeur à la direction artistique. Il voit en son actuel maître de ballet, sa volonté de collaborer davantage avec les danseurs en les impliquant dans la création et les décisions artistiques. C’est ce que veulent les jeunes danseurs aujourd’hui : plus de voix. À mon époque, on ne disait rien et on dansait, avance-t-il.

Un avenir en Alberta

Christopher Anderson prendra la place de Jean Grand-Maître à l’issue d’une période transitoire de trois ans. Les transitions longues sont celles qui ont le plus de succès, car on ne change pas une direction artistique du jour au lendemain, estime le québécois. Entre temps, il codirigera le ballet avec son homologue anglophone et sera artiste en résidence pour la saison 2022-2023.

Le secret de ma longévité? Ma passion folle.

Une citation de Jean Grand-Maître, directeur artistique de l’Alberta Ballet
Des danseurs répètent un spectacle.

Christopher Anderson, ici en répétition avec des danseurs, reprendra la direction artistique de l'Alberta Ballet en 2023.

Photo : Paul McGrath

Même si pour l’instant, il reste discret sur ses projets futurs, il ne cache pas qu’il restera dans la province, où le public lui a apporté un vrai soutien. Ils m’ont toujours accueilli à bras ouverts, avec beaucoup de chaleur, ils ont toujours été curieux de nos créations, dit-il. Le lien qu’il entretient avec le public est aussi à l’origine de l’une de ses plus grandes fiertés : avoir réussi à créer une relation entre la danse et les gens des prairies.

Et avant de partir, il veut aussi défendre l’importance de la place de l'art dans la prospérité de la province. L’industrie culturelle est importante si on veut diversifier l’économie albertaine dans le futur, témoigne-t-il. C’est pourquoi il réclame aux politiciens de développer une vision plus stratégique pour l’industrie artistique et de reconnaître à quel point, en tant qu’ambassadeurs culturels de la province, Jean Grand-Maître et ses paires ont le pouvoir de changer les mentalités du public.

  • Laureen Laboret

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