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Plan rapproché de François Legault, qui ajuste sa cravate.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’insouciance, selon Balzac, c’est l’art de se balancer sur l’escarpolette sans s’inquiéter du moment où la corde cassera. L’image résume bien l’état d’esprit des députés et des ministres de la CAQ alors que les travaux parlementaires reprennent aujourd’hui. Une impression d’invincibilité plane.

Il faut dire que le taux de satisfaction à l’égard du gouvernement se maintient depuis plus d’un an autour de 60 %, ce qui est énorme, et que ses adversaires, PLQ, QS, PQ, sont très loin derrière.

Le premier ministre François Legault a beau rappeler à son caucus qu’il faut rester humble, mais la réalité est que la CAQ a le champ libre et qu’elle peut imposer ses façons de faire.

Éducation : le gouvernement trop pressé?

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, laissait entendre à l’entrée du caucus de Saint-Sauveur, la semaine dernière, son intention de collaborer davantage avec les partis d’opposition. Mais cela n’a pas empêché, 15 minutes plus tard, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’annoncer qu’il songeait à utiliser le bâillon pour adopter son projet de loi sur la gouvernance scolaire.

Le ministre affirmait, à son avantage, que la commission parlementaire avait siégé une centaine d’heures en incluant les audiences publiques. Il serait plus juste de parler de 58 heures en étude détaillée, ce qui a permis l’adoption de 8 articles sur les 312 de l’épais projet de loi. Le ministre Roberge lui-même a déposé et adopté 11 amendements, une indication que cette pièce législative a besoin de révision.

Il est d’ailleurs connu que les fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont travaillé jusque tard dans la nuit pour rédiger le projet la veille de son dépôt à l’Assemblée nationale. L'empressement du ministre à vouloir adopter le projet de loi laisse craindre des contestations judiciaires.

Santé : l’heure des résultats a sonné

La ministre de la Santé, Danielle McCann, est devenue en un an et demi une redoutable parlementaire. Mais si son ton doucereux a été bien accueilli au sein du réseau de la santé, les résultats tardent à se manifester. Les cliniques d’hiver n’ont pas donné les résultats espérés, le temps d’attente dans les urgences est loin des 90 minutes promises en campagne électorale et l’accès à son médecin demeure très difficile. Le gouvernement met le blâme sur les médecins qui ne prennent pas suffisamment de patients.

L’impatient premier ministre a déclaré dès le début du caucus précédant les travaux parlementaires qu’il devait y avoir des changements concrets en 2020. Et ces changements passent par une modification du mode de rémunération des médecins de famille, ce qui laisse présager de négociations tendues.

Ces négociations se tiendront en marge du renouvellement des conventions collectives des 500 000 employés de l’État. Le gouvernement pense qu’il a l’opinion publique de son côté et d’emblée, malgré les surplus budgétaires importants, tient la ligne dure.

Environnement : un budget vert

L’environnement, pour François Legault, passe par un vaste plan d’électrification de l’économie, et le transport collectif prendra beaucoup de place.

Le gouvernement vise déjà cinq projets de tramway (Québec, Montréal, Rive-Sud [Montréal], Rive-Nord [Montréal] et Gatineau). Il espère un financement fédéral de 40 %.

Mais il y aura d’autres projets de tramway. Le Programme québécois d’infrastructure (PQI) pourrait encore augmenter. Depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ, le PQI 2019-2029 est passé de 110 milliards à 115,4 milliards de dollars. On évoque en coulisse que de nouvelles sommes pourraient être investies dans le PQI; le montant de 117 milliards de dollars est avancé. Les coûts du projet du troisième lien à Québec, plutôt controversé, devaient également être dévoilés.

Des partis d’opposition sans chefs

Ces projets sont évoqués au moment même où les partis d’opposition sont affaiblis. Le PLQ et le PQ sont affairés à se choisir un chef. Un exercice douloureux pour un caucus alors que des camps s’organisent derrière un candidat ou un autre. On sent d’ailleurs déjà les tensions au sein du caucus libéral. Difficile donc de faire l’unité pour affronter le gouvernement de François Legault.

Ainsi, la CAQ, très populaire, pourra aussi profiter de la faiblesse de ses adversaires.

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