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Un traitement qui contribue à guérir certains cancers maintenant offert à Québec

La chirurgienne-oncologue Cindy Boulanger-Gobeil en compagnie de la patiente Michèle Lafrenière. Cette dernière a été la première a recevoir le traitement au CHU de Québec.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Nicole Germain

Le CHU de Québec offre désormais un traitement prometteur qui augmente les chances de rémission de certains cancers.

Les patients de l'est du Québec atteints du cancer colorectal avec métastases à l'abdomen devaient par exemple se déplacer à Montréal pour recevoir un traitement prometteur. Depuis décembre, le CHU de Québec offre lui aussi cette option thérapeutique.

La Chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) a été développée il y a quelques années aux États-Unis. Elle consiste à combiner la chirurgie avec la chimiothérapie à haute température.

Il n'y a pas si longtemps, les malades souffrant de ce type de cancer n'avaient pratiquement aucune chance de guérison. Mais avec l'arrivée de la procédure CHIP, près de la moitié des cas traités sont aujourd'hui guéris.

La chirurgie est la partie cruciale dans l'opération. On doit pouvoir retirer tous les nodules cancéreux de l'abdomen sinon l'opération ne sera pas bénéfique, souligne Cindy Boulanger-Gobeil, chirurgienne-oncologue du CHU de Québec. Ensuite, on va aller perfuser de la chimiothérapie chauffée à 42 °C directement dans le ventre.

Cette deuxième opération va permettre d'envoyer une plus grande concentration de chimiothérapie et de tuer les cellules microscopiques qu'on ne peut voir à l’œil nu. , ajoute la Dre Boulanger-Gobeil.

On brasse la chimiothérapie dans l'abdomen comme on brasse une soupe pour s'assurer que la chimiothérapie vient en contact avec toutes les cellules de cancer.

Cindy Boulanger-Gobeil, chirurgienne-oncologue du CHU de Québec
Une femme assise devant un écran sur lequel on voit une photo d'une opération à un abdomen avec des tubes de couleur rouge.

La chirurgienne-oncologue Cindy Boulanger-Gobeil explique que lors de l'opération, un tube est introduit dans l'abdomen et une pompe permet de chauffer le produit.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Utilisé pour d'autres types de cancer

Pour offrir ce traitement, les métastases des patients doivent être localisées uniquement dans l'abdomen. Les objectifs de guérison ne sont pas atteints lorsqu'il y a des métastases ailleurs dans le corps.

Également, c'est une procédure qui est quand même une grosse opération avec des risques de complications et de décès entre 1 et 2 %. Donc on doit avoir des patients qui sont assez en forme pour subir l'opération, précise la chirurgienne.

Les complications sont de l'ordre de 30 à 40 %. Les plus fréquentes sont les infections après l'opération.

Le traitement CHIP est également utilisé pour les cancers du côlon, du rectum, ainsi que pour ceux de l'appendice et le péritoine, la membrane qui enveloppe les organes abdominaux.

Pour certains cas de cancer de l'ovaire, il y a des preuves que ce traitement peut être bénéfique. Au CHU de Québec, on ne l'offre pas encore mais cela fait partie des plans de l'élargir à ces patientes, ajoute Cindy Boulanger-Gobeil.

Premier cas à Québec

Le 3 décembre dernier, Michèle Lafrenière a été la première patiente traitée au CHU de Québec. La dame de 70 ans a reçu un diagnostic de cancer du côlon avec métastases à l'abdomen.

Deux femmes discutent assises devant un bureau et un ordinateur

Michèle Lafrenière est la première patiente à recevoir le traitement CHIP au CHU de Québec.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Je suis consciente que j'aurais pu mourir, que l'opération était dangereuse. Mais j'en suis sortie. J'en suis très contente.

Michèle Lafrenière

Dans le cas de Mme Lafrenière, la chirurgienne mentionne que les chances de guérison sont bonnes.

L'avenir va nous le dire, mais Mme Lafrenière était un excellent cas pour le traitement, indique Cindy Boulanger-Gobeil. Elle a très bien répondu à la chimiothérapie intraveineuse traditionnelle qu'elle a reçue avant le traitement CHIP. Des nodules avaient fondu. Ça nous démontre qu'on a des chances de la guérir.

D'après elle, cette patiente pourrait se trouver parmi les 30 à 40 % des patients qui survivent au moins cinq années après le traitement CHIP.

Le fait qu'on l'implante ici, à Québec, pour moi c'était important de pouvoir faciliter l'accès à ce traitement-là, mentionne la chirurgienne-oncologue.

Le CHU de Québec prévoit traiter une dizaine de patients atteints de ces cancers au cours de la première année d'utilisation de ce traitement.

Au cours des prochaines années, ce nombre augmentera à 25 annuellement.

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