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Steven Guilbeault se défend de vouloir réglementer les médias d'information

Un homme barbu accorde une entrevue à la caméra.

Steven Guilbeault , ministre du Patrimoine canadien

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

La Presse canadienne

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a été rattrapé par le rapport Yale, lundi matin. L'opposition l'accuse de vouloir mettre les médias d'information au pas.

Le flou artistique provient du fait que le rapport Yale, dévoilé la semaine dernière, recommande que les entreprises de contenu médiatique soient obligées d'obtenir une licence et de contribuer à soutenir le contenu canadien.

Le rapport fait clairement la distinction entre les services de diffusion de contenu médiatique (Amazon Prime, Crave, Netflix, Spotify et illico.tv), les sites d'agrégateurs de nouvelles (MSN Actualités et Yahoo! Actualités) et les sites de partage de contenu (YouTube, Facebook et autres).

En entrevue avec CTV, dimanche matin, M. Guilbeault a déclaré que les distributeurs de contenu, petits et grands, pourraient être soumis à ces obligations contenues dans le rapport.

Ses opposants y ont vu la preuve que le gouvernement s'apprête à mettre les médias d'information au pas.

Lundi matin, M. Guilbeault s'est présenté devant les médias avec un texte pour préciser sa pensée.

Permettez-moi d'être clair : notre gouvernement n'a aucune intention d'exiger des licences pour les médias d'information, pas plus que nous n'allons en réglementer le contenu.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

Il a admis que le terme média peut être mélangeant, parce qu'on ne parle pas de médias d'information, mais bien d'un ensemble d'entreprises médiatiques.

M. Guilbeault a ajouté du même coup que personne ne lui a demandé de tenir un point de presse et qu'il a décidé de clarifier ses propos tout seul, comme un grand garçon.

Son explication n'a pas convaincu l'opposition conservatrice, qui lui reproche toujours d'entretenir une ambiguïté quant à ce qui constitue un média qui devra être réglementé.

Pourquoi devons-nous exiger une licence pour quoi que ce soit?

Michelle Rempel Garner, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Industrie et de Développement économique

Steven Blaney, qui est porte-parole des conservateurs en matière de Patrimoine canadien, est allé un peu plus loin : On se croirait, ce matin, en Corée du Nord ou encore au royaume de Big Brother!

Mme Rempel Garner a repris son collègue, en précisant que le Canada devrait toujours défendre le concept de liberté de presse et lutter contre toute ingérence dans ce domaine.

M. Guilbeault a l'intention de déposer un projet de loi pour moderniser l'industrie des communications d'ici la fin de l'année. Il pourrait s'inspirer des 97 recommandations contenues dans le rapport Yale.

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