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Il faut plus de vols directs à Québec, selon le président du Club Med

Henri Giscard d'Estaing, président du Club Med.

Henri Giscard d'Estaing, président du Club Med

Photo : Radio-Canada

Le manque de liaisons directes entre l'aéroport de Québec et de grandes villes internationales est un « sujet fondamental », selon le président du Club Med. À moins de deux ans de l'ouverture de ses installations dans Charlevoix, Henri Giscard d'Estaing reconnaît qu'il reste bien du travail à faire.

On ne peut réussir à se développer dans le tourisme, et c'est le grand enjeu de Québec et de sa région, que si on a effectivement un accès facile, direct à la destination, lance M. Giscard d'Estaing.

De passage à Québec, lundi matin, il sortait à peine d'une rencontre avec les dirigeants de l'aéroport international Jean-Lesage.

En 2019, il n'y avait que 18 liaisons directes avec des villes étrangères. La majorité d'entre elles étaient des destinations soleil, telles que Cayo Coco et Punta Cana.

Or, ce n'est pas de là que viendront les futurs clients du Club Med Québec Charlevoix. Le complexe misera beaucoup sur la clientèle américaine.

« Il sera fondamental effectivement que l'accès de New York, de Boston, de Philadelphie soit renforcé en direct sur Québec. »

— Une citation de  Henri Giscard d'Estaing, président du Club Med
Henri Giscard d'Estaing (à droite) en entrevue à Radio-Canada.

Henri Giscard d'Estaing (à droite) en entrevue à Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Prendre des risques

En plus d'augmenter la fréquence de vols existants, dont celui en provenance de Paris, M. Giscard d'Estaing veut développer de nouveaux trajets.

Ce sont toutefois les transporteurs aériens qui ont le gros bout du bâton. Nous devons faire un travail marketing auprès de ces compagnies aériennes américaines, essentiellement, pour les convaincre de le faire.

« Je suis confiant sur la capacité à les convaincre. Il faudra peut-être qu'on prenne tous des risques en étant clairs sur ce qu'on attend, sur les volumes qu'on est prêts à développer. »

— Une citation de  Henri Giscard d'Estaing

Initialement prévue pour décembre 2020, l'ouverture du Club Med Québec Charlevoix a été repoussée à décembre 2021.

Un croquis du futur Club Med Québec Charlevoix

Un croquis du futur Club Med Québec Charlevoix

Photo : Club Med

M. Giscard d'Estaing assure que cela n'a rien à voir avec le manque de vols internationaux, mais il reconnaît qu'il a maintenant plus de temps pour convaincre les transporteurs.

Le Club Med Québec Charlevoix serait-il viable dans l'état actuel des choses, sans nouveau vol direct? L'homme d'affaires esquive habilement la question. Je ne prends pas cette hypothèse comme hypothèse de travail.

« Je dirais que l'attractivité de l'offre que nous aurons va nous permettre d'atteindre nos objectifs. Si je le dis, ce n'est pas seulement par conviction. C'est par expérience. »

— Une citation de  Henri Giscard d'Estaing
L'aéroport international Jean-Lesage lors de la tempête, le 12 décembre.

L'aéroport international Jean-Lesage lors de la tempête, le 12 décembre

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Par ailleurs, l'idée d'utiliser le train touristique de Charlevoix pour transporter les clients entre Québec et Petite-Rivière-Saint-François n'est pas dans les cartons d'Henri Giscard d'Estaing.

L'homme d'affaires convient que ce serait une expérience intéressante à offrir aux clients qui voudraient visiter Québec, par exemple. Le transport officiel des clients se fera toutefois en navette, comme ailleurs dans le monde.

Je pense qu'il faut qu'on soit très pratique. Les gens, aujourd'hui, les familles en particulier, elles attendent la simplicité, l'efficacité dans leur voyage, explique-t-il.

Pénurie de main-d'oeuvre

Outre le transport, la main-d'oeuvre représente un défi de taille pour le Club Med. Au début de l'année, il manquait environ une cinquantaine de travailleurs au Massif de Charlevoix.

Henri Giscard d'Estaing ne s'en fait pas outre mesure. Il rappelle que le Club Med emploie plus de 400 animateurs (communément appelés G.O.) québécois dans le monde; certains d'entre eux voudront assurément rentrer au bercail et travailler à Petite-Rivière-Saint-François.

D'autre part, le Club Med travaille conjointement avec des partenaires du milieu de l'éducation pour former des professionnels et essayer de créer une filière qui, naturellement, pourra déboucher dans ce Club Med.

M. Giscard d'Estaing compte également recruter des travailleurs en dehors du Québec. Il rappelle que son but est de créer de l'emploi, pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul dans la région de Charlevoix.

« Il est très important que les autres activités de Charlevoix, de restauration, d'agriculture, de culture, d'excursion et de découvertes, elles fonctionnent à plein, parce que nous en aurons besoin pour nos clients. »

— Une citation de  Henri Giscard d'Estaing

Jusqu'en 2036?

L'entente entre le Club Med, qui exploitera les lieux, et le Groupe Le Massif, qui sera le propriétaire des actifs, est d'une durée de 15 ans. Si les affaires ne vont pas comme prévu, le Club Med pourrait-il retirer ses billes avant 2036?

Ce n'est en aucun cas notre objectif [ni] comme ça que nous planifions les choses, dit M. Giscard d'Estaing. Si le Club Med n'avait pas cru en ce projet, il n'y aurait pas investi, assure-t-il.

« Nous l'avons fait pour montrer notre confiance dans le projet [...] C'est d'ailleurs quelque chose que nous ne faisons pas habituellement. »

— Une citation de  Henri Giscard d'Estaing, président du Club Med

Ce modèle d'exploitant est néanmoins relativement rare. Il ne représente que 14 % des activités du Club Med à travers le monde. Ailleurs, il est propriétaire (24 %) ou locataire (62 %).

M. Giscard d'Estaing explique ce choix par la flexibilité qu'il apporte dans la gestion d'un établissement. Le risque est partagé, et le risque d'exploitation, c'est nous qui le supportons.

Le chantier progresse

Malgré le retard annoncé, le chantier va bon train à Petite-Rivière-Saint-François, assure M. Giscard d'Estaing. Des images des futures aires de restauration ont d'ailleurs été dévoilées, lundi.

Le Club Med souhaite faire la part belle aux traditions de Charlevoix, tout en misant sur la modernité. C'est ce savant mélange qui contribuera à rendre attrayant ce tout premier Club Med en Amérique du Nord, selon le président de l'entreprise.

Si on ne le faisait pas, on n'apporterait pas une réponse et on ne serait pas différent d'une expérience dans les Alpes, en Europe, ou dans les montagnes Rocheuses, ici au Canada ou aux États-Unis.

Le futur «Gourmet Lounge du Club Med Québec Charlevoix.

Le futur Gourmet Lounge du Club Med Québec Charlevoix

Photo : Club Med

Le Club Med prévoit drainer environ 50 000 clients chaque année dans Charlevoix, dont la moitié seront des Canadiens. Outre les Américains et les Français, les Sud-Américains seront parmi les clientèles ciblées.

Quand je vois arriver les enfants brésiliens dans les Alpes, ils sont émerveillés, illustre M. Giscard d'Estaing. Ils n'ont jamais vu la neige. Ils sont aussi émerveillés que les enfants québécois quand ils découvrent une plage de sable blanc avec une mer turquoise et des palmiers.

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