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Il y a 75 ans commençait la conférence de Yalta

Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Joseph Staline assis ensemble à Yalta.

La conférence de Yalta s'est ouverte le 4 février 1945.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La conférence de Yalta s'est déroulée il y a 75 ans. Des décisions historiques y ont été prises. Mais contrairement à une idée reçue, ce n'est pas là que les blocs occidental et soviétique se sont formés, divisant l'Europe en deux.

L’Europe divisée à Yalta?

Du 4 au 11 février 1945, le président américain Franklin D. Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill et le numéro un soviétique Joseph Staline se rencontrent à Yalta.

C’est la deuxième fois que les trois principaux chefs alliés se réunissent.

À la fin de l’année 1943, ils s’étaient vus à Téhéran. Lors de cette rencontre, le principe d’un démembrement de l’Allemagne et d’un déplacement territorial de la Pologne vers l’ouest avait été convenu.

Roosevelt, Churchill et Staline se revoient donc à Yalta, une station balnéaire située en Crimée sur la mer noire.

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Le Point, 21 novembre 1989

Le 21 novembre 1989, l’animateur de l’émission Le Point Simon Durivage présente cette conférence comme étant celle où les trois Alliés se sont partagé l’Europe.

Après tout, Joseph Staline y aurait obtenu une partie de l’Allemagne, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie.

Churchill et Roosevelt y auraient pour leur part préservé la présence dans le camp occidental de la plupart des autres pays européens.

Mais est-ce bien la réalité? 

Raymond Saint-Pierre renversé

Si l'on veut parler d’un partage, il aurait pu avoir lieu à la conférence d’octobre 1944 à Moscou, quand Churchill est allé rencontrer Staline.

André Champagne, 2005

Le 13 mars 2005, le correspondant international Raymond Saint-Pierre anime l’émission radiophonique Pourquoi pas dimanche.

Il y reçoit, pour souligner les 60 ans de la conférence de Yalta, l’historien André Champagne.

Or, ce dernier apprend à un Raymond Saint-Pierre renversé que le partage du monde et de l’Europe à Yalta est un mythe qu’ont déconstruit les historiens au fil des décennies.

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Carte où est située la station balnéaire de Yalta en Crimée sur la mer noire.

Pourquoi pas dimanche, 13 mars 2005 (audio)

Photo : Radio-Canada

Dans les faits, les prémisses d’un partage du monde et d’un dépeçage de l’Europe auraient été acceptées dès octobre 1944. À cette époque Winston Churchill rencontre Joseph Staline à Moscou en l’absence du président Roosevelt.

Lors de cette rencontre à Moscou, Churchill et Staline sont en profond désaccord sur le sort de la Pologne une fois la guerre terminée.

Pour amadouer Staline, Churchill fait alors une proposition lourde de conséquences. Il soumet au Soviétique un accord de pourcentage qui divise l’Europe en « zones d’influence ».

Dans cet accord, la Roumanie serait cédée à 90 % au contrôle soviétique; la Bulgarie à 75 %; la Hongrie et la Yougoslavie à 50 % selon le bout de papier griffonné par Churchill.

Le premier ministre britannique semble céder beaucoup à Staline. Mais dans les faits, il n'a pas trop le choix.

André Champagne rappelle le point de vue de Staline sur l'après-guerre. Ce point de vue intransigeant est influencé par le rôle que joue l'Union soviétique dans la conduite de la guerre.

Depuis 1941, c’est l’Union soviétique qui a essuyé le plus de pertes humaines et matérielles parce qu’elle a été envahie par l’Allemagne.

Par ailleurs, Roosevelt et Churchill ont retardé au maximum le débarquement des Alliés en France pour que l’Allemagne nazie et l’Union soviétique s’affaiblissent au maximum.

Staline considère que les Alliés ont une dette morale envers Moscou.

Dans cette perspective, les territoires occupés par l’Union soviétique dorénavant devront former un tampon qui protégera son territoire des invasions.

La réalité militaire sur le terrain a aussi joué un rôle primordial. En février 1945, les armées soviétiques sont aux portes de Berlin.

Roosevelt et Churchill veulent par ailleurs que l’Union soviétique déclare la guerre au Japon. Ils doivent donc céder aux exigences de Staline.

La conférence de Yalta ne fait qu’officialiser — couler dans le béton comme le disent Raymond Saint-Pierre et André Champagne — les décisions de la conférence de Moscou.

La guerre froide s’installe dans la foulée de la conférence de Yalta.

Elle figera le monde dans un ordre rigide et plus ou moins belliqueux pendant plus de 35 ans.

Yalta, prémisse de la guerre froide

À la fin de 1979, l’Union soviétique envahit l’Afghanistan, ce qui relance la guerre froide avec le bloc occidental.

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Télémag, 15 janvier 1980

C’est l’occasion pour l’émission Télémag et son animateur Pierre Olivier de rappeler, le 15 janvier 1980, certaines étapes de cette période de l’histoire contemporaine.

« Les Alliés se sont entendus à Yalta dans un esprit de solidarité et de coopération, mais bientôt le vernis craque » comme le rappelle Pierre Olivier.

Les guerres et les crises internationales s’enchaînent.

Les camps occidental et soviétique s’affrontent en Chine, en Corée, à Cuba et dans la Corne de l’Afrique.

Ils se regardent en chiens de faïence en Hongrie et en Tchécoslovaquie.

Le monde vit dans l’équilibre de la terreur nucléaire.

Dix ans plus tard, les régimes communistes d'Europe de l'Est et l'empire soviétique disparaissaient.

Les conférences de Moscou et de Yalta devenaient des chapitres dans l'Histoire.

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