•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tragédie du vol PS752 : l'Iran savait dès le début, accuse l'Ukraine

Des gens fouillent les débris au sol à la suite de l'écrasement d'un avion.

Des gens marchent autour des débris résultant de l’écrasement d’un Boeing d’Ukraine International Airlines, le 8 janvier 2020, à Téhéran.

Photo : Reuters / Wana News Agency

Radio-Canada

L’Iran a su dès le départ que le vol PS752 d’Ukraine International Airlines (UIA) avait été abattu par un missile, accuse le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sur la foi d’une conversation dévoilée dimanche par une télévision ukrainienne.

L'enregistrement de la conversation a été diffusé dimanche soir par la chaîne 1+1, dont le propriétaire est un oligarque considéré comme proche de M. Zelensky et possède des parts dans la compagnie UIA.

On peut y entendre deux hommes, identifiés comme un aiguilleur de l'aéroport de Téhéran et un pilote de la compagnie Iran Aseman Airlines qui s’apprêtait à y atterrir, discuter en farsi le 8 janvier, tout juste avant l'écrasement.

Sur notre itinéraire, il y a des lumières, comme un missile. Y a-t-il quelque chose?, demande à la tour de contrôle le pilote du vol EP3768, en provenance de Chiraz.

À quoi ça ressemble? À quoi ressemble cette lumière?, lui répond l’aiguilleur, après avoir dit au pilote qu’il ne détenait aucune information à ce sujet.

C'est la lueur d’un missile, réitère le pilote. Après quoi, l'aiguilleur essaie à plusieurs reprises sans succès de joindre le vol d'UIA qui venait de décoller.

C'était une explosion, nous avons vu une très grande lumière. Je ne sais pas vraiment ce que c'était, ajoute encore le pilote.

Cela prouve que la partie iranienne savait dès le début que notre avion avait été abattu par un missile, ils le savaient dès sa chute, a commenté le président ukrainien Zelensky dans une interview publiée sur le site de 1+1.

La chaîne ukrainienne a affirmé avoir reçu l’enregistrement des services spéciaux, mais le chef du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l'Ukraine, Oleksiy Danilov, a nié que la fuite puisse provenir de Kiev.

Ce sont 176 passagers et membres d'équipage qui ont perdu la vie dans la tragédie du vol PS752. Parmi eux se trouvaient 57 Canadiens et 29 résidents permanents du Canada.

Téhéran confirme l'authenticité de l'enregistrement

L’enregistrement contredit de facto la version fournie par Téhéran, qui a nié la thèse du missile pendant trois jours avant de confirmer que le Boeing d’UIA avait bel et bien été abattu par un missile, par erreur.

Le ou les missiles en question ont été lancés par la division aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution islamiste, qui relève non pas du gouvernement, mais du guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a expliqué quelques jours plus tard que le président iranien Hassan Rohani et lui n’avaient appris que le 10 janvier que le Boeing de l'UIA avait été abattu.

Le directeur général du bureau d'enquête sur les accidents de l'organisation iranienne de l'aviation civile, Hassan Rezaeifar, a confirmé lundi que l’enregistrement était authentique et qu’il avait été remis aux autorités ukrainiennes.

Selon l’agence semi-officielle Mehr, M. Rezaeifar a toutefois estimé qu’il était non professionnel de la divulguer et a laissé entendre que Téhéran n’allait pas partager d’autres preuves avec les Ukrainiens.

Ce développement risque de nuire aux négociations sur le sort des boîtes noires du Boeing d'UIA, qui contiennent des informations cruciales pour l'enquête.

Elles sont actuellement en possession de l'Iran, mais l'Ukraine cherche à les obtenir pour les analyser elle-même.

« Continuer de mettre de la pression » sur l'Iran

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré lundi être extrêmement préoccupé par le fait que l’Iran continue à essayer d’étudier les boîtes noires, alors que le pays n’a pas la capacité technique pour le faire.

M. Trudeau a indiqué qu’il était obligé de continuer de mettre la pression sur l’Iran.

Parallèlement, le Groupe international de coordination et d'intervention pour les victimes du vol PS752 s'apprêtait à exiger, une fois de plus, que l'Iran respecte les règles de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), règles qui prévoient que les boîtes noires, après un accident, soient analysées sans délai.

Ce groupe est composé du Canada, de l'Ukraine, de la Suède, de l'Afghanistan et du Royaume-Uni, pays qui comptent des ressortissants parmi les victimes.

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, qui s’apprête à s’entretenir avec son homologue iranien, estime que, dans l’intérêt de la transparence et de la vérité, ces boîtes-là doivent être envoyées à Paris le plus rapidement possible.

Les familles nous demandent d'avoir la vérité. Le gouvernement du Canada demande de savoir évidemment le contenu des boîtes noires. Les pays qui font partie du Groupe international de coordination demandent la même chose.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne

Par ailleurs, le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a encouragé son homologue iranien à demander de l'aide technique.

Il m'a répondu de façon, je dirais, encourageante, a indiqué M. Garneau, précisant que son homologue ne lui a pas donné de date.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Écrasement d'avion

International