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Coronavirus : Ottawa attend l'autorisation de la Chine pour rapatrier des Canadiens

Pas une voiture ni un passant ne circulent au centre-ville.

La ville de Wuhan, d'où provient le coronavirus, était complètement déserte lundi.

Photo : Reuters / Vladimir Markov/média social

Radio-Canada

Ottawa attend toujours le feu vert du gouvernement chinois pour rapatrier les Canadiens coincés en Chine en raison d'une épidémie de coronavirus et ignore quand cette autorisation sera accordée.

En point de presse pour donner des précisions sur la situation lundi midi, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a répété qu'un avion avait été affrété et qu'il était prêt à partir pour Hanoï, au Vietnam, d'où il se dirigera vers Wuhan, l’épicentre de l’épidémie.

Le gouvernement canadien attend donc maintenant l'autorisation du manifeste de vol ainsi que celle d'atterrir à Wuhan, ville qui a été mise en quarantaine par le gouvernement chinois et dont l'espace aérien est fermé. Tous les documents officiels des Canadiens qui désirent embarquer devront aussi être approuvés par les autorités chinoises, qui font preuve de collaboration, assure le ministre.

Ce ne sont plus 325 personnes, comme mentionné dimanche, mais plutôt 304 qui souhaitent maintenant revenir au pays, a précisé François-Philippe Champagne, qui insiste sur le fait que ce nombre ne cesse de fluctuer. De celles-ci, 280 possèdent un passeport canadien.

M. Champagne a refusé de dévoiler la capacité exacte de l'avion affrété, se bornant à dire que l'avion est grand, et qu'une demande pour qu'un deuxième avion puisse ramener des Canadiens, si nécessaire, a déjà été déposée.

Une évacuation longue et complexe

En entrevue à l'émission 24/60, sur les ondes d'ICI RDI, l'ex-ambassadeur canadien en Chine Guy Saint-Jacques rejette les affirmations voulant que l'évacuation des Canadiens prenne du temps en raison des relations tendues entre Ottawa et Pékin.

En fait, du côté de la santé, il y a un historique de collaboration très étroite [entre les deux pays]; d'ailleurs, il y a des instituts [de santé canadiens] qui cherchent à trouver comment aider les Chinois, a-t-il déclaré.

M. Saint-Jacques juge cependant que l'absence de consulat canadien à Wuhan, métropole de 11 millions d'habitants au cœur de l'épidémie, pourrait avoir joué un rôle dans les difficultés à organiser les efforts de secours.

Quand on parle d'évacuation, il faut avoir des gens sur le terrain pour organiser la logistique; dans ce cas-là, c'est ce qui s'est avéré être un grand handicap, a encore déclaré l'ex-ambassadeur, qui a souligné que la mise en quarantaine de Wuhan a forcé les responsables canadiens à s'y rendre en voiture, plutôt qu'en train ou en avion, en plus de devoir montrer patte blanche aux divers barrages établis par les autorités, une autre étape qui aurait entraîné des délais.

Et si le fait de devoir procéder à l'évacuation des ressortissants étrangers ternit l'image de la Chine, Pékin a compris que le fait de les garder de force à l'intérieur de ses frontières nuirait davantage à son image, a poursuivi M. Saint-Jacques.

Peut-être [que les autorités chinoises] comprennent également que c'est une crise qui risque de perdurer; le nombre de cas que nous voyons n'est peut-être que la pointe de l'iceberg. [...] Cinq millions de Chinois vont revenir à Wuhan, il faut s'attendre à une multiplication des cas à travers toute la Chine, a soutenu l'ex-ambassadeur.

Assurer l'unité familiale?

Il semble régner un certain flou lorsque vient le moment d'établir qui, au sein d'une famille comptant des membres qui ont la citoyenneté chinoise, pourra monter à bord de l'avion à destination du Canada.

Des informations d'abord transmises lundi indiquaient que les résidents permanents du Canada accompagnant des enfants devraient pouvoir revenir au pays.

Ce nouveau développement, communiqué par le ministre Champagne, semblait représenter une volte-face de la part de Pékin.

Les résidents permanents canadiens sans enfant devraient pour leur part rester en Chine jusqu'à nouvel ordre, faisait-on savoir également.

On a insisté sur le concept d'unité familiale. Ce qu'on a demandé aux autorités chinoises, c'est de préserver cette unité familiale. Et on a obtenu confirmation des autorités chinoises que l'unité familiale serait préservée.

Une citation de :Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, lundi midi

Cependant, selon des précisions envoyées en début de soirée par Affaires mondiales Canada, il n'y a aucune garantie que les familles puissent demeurer unies si elles comptent des membres possédant un statut de résident permanent.

Les adultes qui sont des résidents permanents du Canada ou des ressortissants chinois ne pourront ainsi monter à bord de l'avion que dans le seul cas où l'enfant qu'ils accompagnent se retrouverait seul si les adultes en question ne prenaient pas le vol vers le Canada.

Cela signifie que les familles dont un parent est citoyen canadien et dont l'autre n'a qu'une résidence permanente pourraient être scindées.

Affaires mondiales Canada a répété qu'elle inciterait toutes les familles voulant rentrer au pays à rester ensemble, mais que la décision reviendrait au gouvernement chinois.

Protocole en place

Toute une procédure a été mise en place pour s'assurer que les Canadiens rapatriés ne pourront pas contaminer qui que ce soit. Ils devront subir un test de dépistage des autorités chinoises avant d'être autorisés à entrer dans l'aéroport de Wuhan, puis un autre des autorités canadiennes avant de pouvoir embarquer dans l'avion qui leur est destiné. Toute personne présentant des symptômes suspects devra rester sur place et sera prise en charge par les autorités médicales chinoises.

Si des symptômes viennent à apparaître dans l'avion chez un passager, celui-ci sera isolé, puis débarqué à Vancouver pour être conduit à l'hôpital, pendant que l'avion fera le plein de carburant.

L'appareil se rendra ensuite à la base des Forces armées canadiennes de Trenton, en Ontario, où ses passagers seront soumis à des tests de dépistage rigoureux ainsi qu’à une période d’observation de 14 jours.

La ministre canadienne de la Santé, Patty Hajdu, a précisé qu'aucun Canadien ayant signalé son intention de revenir au pays n'était malade.

La vie est devenue particulièrement difficile pour les citoyens de Wuhan, a ajouté la ministre. Rien n'indique, pour les citoyens canadiens qui s'y trouvent, que la situation change à terme.

Au Canada, quatre cas de coronavirus ont été confirmés : trois en Ontario et un en Colombie-Britannique.

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