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Quatre ans après leur arrivée, les réfugiés syriens s'intègrent peu à peu

Khaled Kahkouri et sa famille sont arrivés à Moncton en 2015.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Il y a quatre ans, environ 10 % des 39 636 réfugiés syriens accueillis au Canada s'installaient dans les provinces atlantiques. Si certains d'entre eux ont quitté leur province d'accueil pour s'établir en Ontario ou en Alberta, la plupart sont restés et se sont bien intégrés.

À leur arrivée, en 2016, 75 % des réfugiés syriens n'avaient aucune connaissance de l'anglais ni du français.

Quatre ans plus tard, de grands progrès ont été réalisés sur le plan de la maîtrise d'une des deux langues officielles, de l'emploi et du niveau de vie, selon une étude de Citoyenneté, Immigration et Réfugiés Canada.

La famille Kakhouri représente un exemple de ces modèles de réussite.

Khaled Kahkouri, son épouse Thoraya Alobid et leurs cinq enfants sont d'ailleurs les premiers réfugiés syriens accueillis à Moncton. Ils ont foulé le sol de l'aéroport international le 31 décembre 2015 avec leurs 4 enfants. Depuis leur arrivée, ils n'ont pas chômé.

Ils ont déménagé à trois reprises, la famille s'est agrandie, le petit dernier a maintenant 5 mois et le plus vieux, 14 ans.

Jeune homme et jeune fille sur un divan.

Deux des enfants des la famille Kahkouri.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Un est né ici, un en Jordanie et trois en Syrie, explique Medhi Soudi, qui travaille au CAFI et qui côtoie plusieurs familles syriennes.

Barrière linguistique pour les parents

Bon nombre des parents syriens interrogés pour l'étude de Citoyenneté, Immigration et Réfugiés Canada ont indiqué que leurs enfants d’âge scolaire étaient inscrits à l’école. Mais des défis restent à être relevés.

Selon cette l'étude, la langue s'interpose encore souvent comme une barrière pour les parents et peut entraver leur participation active à l’éducation de leurs enfants.

Mohammad Wafa, Noura, Rama, Abdullah, Youssef et Fatima.

La famille Baher : Mohammad Wafa, Noura, Rama, Abdullah, Youssef et Fatima.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

C'est d'ailleurs le cas de Noura Baher. Enseignante de profession, elle trouve difficile de ne pas pouvoir aider ses plus jeunes avec leurs devoirs à cause de la langue. La famille Baher compte 5 enfants âgés de 5 à 17 ans. Ces derniers fréquentent les écoles françaises l’Odyssée et le Sommet, à Moncton.

Durant leurs trois ans d'exil au Liban, en raison de la guerre en Syrie, ils n'ont pas pu fréquenter l'école. Depuis leur arrivée au Canada, leur progression est rapide et, bientôt, ils maîtriseront trois langues : l'arabe, le français et l'anglais.

Les plus vieux sont même suffisamment à l'aise pour servir d’interprètes lorsque leur mère, Noura, n'arrive pas à s'exprimer.

Comme la majorité des réfugiés, les parents de la famille Baher ont pu bénéficier de cours d'anglais offerts par le gouvernement à leur arrivée. Toutefois, les occasions de pratiquer leur nouvelle langue se font rares en raison de leur emploi du temps respectif.

Noura s'occupe des cinq enfants au foyer familial et Haitam travaille de longues heures – parfois six jours par semaine – chez Fancy Pockket Bakery, une boulangerie spécialisée dans les pains libanais.

Noura Baher se dit tout de même reconnaissante de ce que le Canada offre pour l'avenir de ses enfants, soit la sécurité, un toit et une éducation. Je remercie le Canada, c'est un très bon pays, dit la mère de famille en essuyant une larme.

Des familles jeunes et nombreuses

Alors que la famille canadienne moyenne compte 2,5 personnes par ménage, près de 50 % des familles syriennes nouvellement arrivées comptent de 4 à 9 personnes.

Contrairement à la population canadienne, qui est vieillissante, la moitié des nouveaux arrivants syriens avaient moins de 18 ans à leur arrivée au Canada.

Un homme en entrevue.

Medhi Soudi travaille pour le CAFI et sert d'interprète pour plusieurs nouveaux arrivants syriens.

Photo : Radio-Canada

De grands efforts ont été déployés par les communautés pour l'installation des familles.

Quand on recherche un logement pour cinq enfants, ce n'est pas si facile, ce n'est pas facile de trouver des logements pour eux, explique Medhi Soudi. Employé au CAFI, M. Soudi sert souvent d'interprète pour les familles qui ne maîtrisent ni l'anglais ni le français et qui doivent composer loin de leurs repères habituels.

Khaled Kahkouri se fait tout de même encourageant, puisque la situation n'est aucunement comparable à celle qu'ils ont vécue en période de guerre en Syrie et en exil en Jordanie. Il faut dire que la vie y était largement plus difficile dans un logement ne comptant qu'une seule chambre à coucher.

Ils sont heureux aujourd'hui de pouvoir compter sur un logement subventionné par le programme Habitation NB et ils espèrent un jour ne plus avoir à dépendre de l'aide de l'État.

D'après un reportage de Sophie Désautels

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