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Violente agression dans un hôpital : premiers témoignages en cour

Randy Van Horlick se rendant au palais de justice de Moncton.

Randy Van Horlick, 69 ans, est accusé d'avoir sauvagement agressé une infirmière de l'Hôpital Dr-Georges-L.-Dumont parce qu'il ne voulait pas que sa femme soit transférée de chambre (archives).

Photo :  CBC / Shane Magee

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des infirmières se sont rassemblées devant le palais de justice de Moncton, lundi, où s'est ouvert le procès d'un homme accusé d'avoir agressé deux infirmières dans un hôpital de la ville l'an dernier.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick affirme que la manifestation visait à attirer l'attention sur le manque d'agents de sécurité dans les hôpitaux dans la province, ce qui, selon lui, met en danger la sécurité du personnel soignant.

Bruce Randolph Van Horlick, 69 ans, originaire d'Acadieville, au Nouveau-Brunswick, a été formellement accusé en juin de voies de fait ayant causé des lésions corporelles contre l'infirmière Natasha Poirier. Il a plus tard été accusé d'avoir agressé l'infirmière Teresa Thibault dans le cadre du même incident survenu en mars.

L'homme a plaidé non coupable à deux chefs de voies de fait causant des lésions corporelles.

Témoignages des témoins

Les infirmiers Natasha Poirier, Theresa Thibault et Guy Cormier ont été appelés à la barre des témoins, lundi, pour présenter leur version des faits.

Le tout a commencé le 11 mars 2019, vers 14 h, raconte Mme Poirier. Un homme s’est présenté à son bureau pour exiger que sa femme, qu’on avait changée de chambre dans l’hôpital, retourne dans sa chambre initiale.

Natasha Poirier dit qu’elle a proposé à cet homme à s’asseoir pour discuter, qu’elle n’était pas certaine de quelle patiente il parlait et qu’elle a consulté ses dossiers pour tenter de comprendre.

À ce moment, il était assis. Il s’est penché vers moi et m’a dit : “Je te donne trois secondes pour prendre une décision”. Il s’est levé, est venu me chercher sur ma chaise, m’a tiré par les cheveux, a tourné mon poignet. J’ai commencé à crier, à demander de l’aide. Il était très fort. Il m’a frappé sur la tempe droite à plusieurs reprises. Il m’a visé les genoux. J’ai vu un patient passer. J’ai cru qu’il me verrait, mais l’agresseur m’a frappé au nez, affirme Natasha Poirier.

C’est alors, dit-elle, qu’elle a entendu une femme dire à l'agresseur d’arrêter. Selon elle, il s’est arrêté un instant et il agrippait Theresa Thibault par un poignet.

Deux autres membres du personnel ont alerté le service de sécurité, poursuit Natasha Poirier.

À 14 h 14, précise-t-elle, le chef de la sécurité était à son bureau et elle lui a demandé d’appeler la police.

Theresa Thibault confirme les dires de sa patronne, Natasha Poirier.

J’ai ouvert la porte, Natasha était au sol, Randy Van Horlick la tenait par les cheveux et la frappait. J’ai demandé ce qui se passait et tenté de m’interposer trois fois, la troisième fois il [Randy Van Horlick] a pris mon poignet et l’a tourné, relate-t-elle.

Quelques instants plus tard, lorsque deux infirmiers ont réussi à maîtriser Randy Van Horlick et à le sortir du bureau de l'infirmière, ce dernier s'est adressé aux deux victimes et a déclaré : Vous ne m'avez pas laissé le choix, selon Theresa Thibault.

Un autre témoin, l'infirmier Guy Cormier, affirme en cour qu'il a entendu les cris de Natasha Poirier. Il dit s'être rendu dans son bureau avant de voir Natasha Poirier au sol qui tentait de se protéger la tête. Randy Van Horlicklui tirait les cheveux, selon le témoin. Guy Cormier a saisi l'agresseur et lui a demandé d'arrêter.

Guy Cormier a réussi, avec l'aide d'un autre ambulancier, à sortir Randy Van Horlick du bureau. M. Van Horlick s'est calmé, a rappelé qu'il voulait que sa conjointe revienne dans la chambre initiale et a ensuite voulu s'excuser pour ses gestes.

Plusieurs manifestantes brandissent des pancartes sur lesquelles on peu lire que la violence ne doit pas faire partie du travail.

« Assez, c’est assez », lancent des infirmières rassemblées lundi matin devant le palais de justice de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Un incident choquant qui a provoqué un trou noir

Lors du contre-interrogatoire de Natasha Poirier, l'avocat de la défense suggère que le présumé agresseur aurait démontré de l'agressivité au courant de la fin de semaine avant l'agression. Une infirmière en aurait informé Natasha Poirier, mais aucun rapport n'aurait été fait.

L’avocat suggère également que Natasha Poirier était frustrée parce qu’elle a été interrompue dans sa tâche par Randy Van Horlick lorsqu'il est venu à sa rencontre. Si c’est ce que ton client t’a dit, c’est un mensonge, lance Natasha Poirier.

La défense questionne la victime sur ses déclarations. Il soupçonne un changement dans la version des faits de la présumée victime.

La victime a fait plusieurs tentatives pour obtenir une meilleure compensation financière, déclare l'avocat de la défense.

L'avocat de la défense affirme qu'un incident choquant a provoqué un trou noir chez son client, ce qui a mené à l'agression. Son client affirme que Natasha Poirier était impatiente et frustrée lorsqu'il lui a demandé de changer sa conjointe de chambre.

La victime toujours souffrante depuis les faits

L’avocate de la Couronne a présenté en cour des photographies prises dans le bureau de Natasha Poirier. On voit des gouttes de sang, une partie du mur endommagée et des touffes de cheveux. D'autres photographies montrent des marques sur un bras et sur la tempe de Mme Poirier.

Natasha Poirier est toujours souffrante depuis les faits.

J’ai été diagnostiquée avec une commotion cérébrale. Je souffre de stress post-traumatique. Je grince des dents. J’ai des pertes de mémoire. Je vis beaucoup d’anxiété. Le muscle de mon oeil droit est bloqué. J’ai eu une intervention du plasticien pour ma main. Je n’arrive pas à faire plusieurs tâches. Je dois éviter les foules et le bruit. J’ai dû reprendre une hypothèque sur ma maison. Ç'a eu un impact financier terrible. J’ai toujours de la douleur dans mon cou et mes épaules, explique-t-elle.

Procès ajourné

Le procès de Randy Van Horlick est ajourné jusqu'au 27 février. Il reprendra ensuite les 21 et 22 mai pour le dernier témoignage.

La défense a déjà annoncé que sa preuve se concentrera sur l'état second de M. Van Horlick au moment de l'agression, causé par un élément traumatisant.

Le procès se déroule devant un juge seul. Les procédures devraient durer au moins deux jours, selon l’avocate de la Couronne.

Avec les renseignements de Rose St-Pierre

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