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Londres va serrer la vis aux personnes condamnées pour des délits terroristes

Boris Johnson parle dans des micros sur une scène.

Le premier ministre Boris Johnson a brièvement commenté l'attaque lundi, lors d'un discours au Old Royal Naval College, à Greenwich, au sud-est de Londres.

Photo : Getty Images / AFP/Pool/Frank Augstein

Radio-Canada

Les personnes condamnées pour des délits terroristes au Royaume-Uni ne seront bientôt plus admissibles à des libérations conditionnelles automatiques après avoir purgé la moitié de leur peine.

Le gouvernement conservateur de Boris Johnson a décidé de mettre en place une nouvelle mesure après une autre attaque au couteau commise dimanche à Londres.

L'épouvantable incident d'hier démontre clairement qu'il faut une action immédiate, a déclaré lundi au Parlement le ministre britannique de la Justice, Robert Buckland.

Nous allons donc présenter un projet de loi d'urgence pour nous assurer de mettre fin à la libération automatique sans vérification ni révision des auteurs de crimes terroristes qui ont purgé la moitié de leur peine, a-t-il ajouté.

Le projet de loi prévoit que les prisonniers concernés devront avoir purgé les deux tiers de leur peine avant d'être admissibles à une libération conditionnelle.

La commission des libérations conditionnelles devra en outre se pencher sur chacun de ces dossiers.

Ce changement s'appliquera non seulement aux futurs condamnés, mais aussi à ceux qui sont déjà derrière les barreaux, a assuré le ministre Buckland.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Boris Johnson avait annoncé la fin du système de libération conditionnelle automatique, mais semblait moins certain que cela puisse s'appliquer aux détenus actuels.

La difficulté est de l’appliquer de façon rétroactive aux gens qui se qualifient actuellement pour ce système, avait-il déclaré lors d’un discours à Londres.

L’attaque survenue dimanche dans le quartier résidentiel de Streatham a été commise par Sudesh Amman, un homme de 20 ans qui avait écopé d’une peine de trois ans et quatre mois de prison en novembre 2018 pour possession et diffusion de matériel faisant l’apologie d'Al-Qaïda et du groupe armé État islamique (EI).

Amman avait cependant été libéré de prison en janvier après avoir purgé la moitié de sa peine. La police a d’ailleurs confirmé dimanche que des agents de son unité antiterroriste se trouvaient sur place lors de l’attaque dans le cadre d’une opération préventive, suggérant qu’il était en fait surveillé.

L’homme a tout de même réussi à poignarder et blesser deux personnes avant d'être abattu par la police. Une troisième personne a été légèrement blessée par un éclat de verre provoqué par un tir des forces de l'ordre. La police a conclu qu’il s’agissait d’une attaque terroriste de nature islamiste.

L'EI revendique l'attaque

L'EI a revendiqué lundi l'attaque perpétrée par Sudesh Amman, mais sans fournir de preuve à l'appui. L'assaillant [...] fait partie des combattants de l'EI, affirme AMAQ, l'organe de propagande des djihadistes. Il a mené l'attaque en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition internationale qui lutte contre l'EI, ajoute-t-il.

L’affaire n’a pas manqué de soulever l’indignation. Si quelqu'un doit être surveillé par la police dès sa remise en liberté, cela signifie qu'il y a une raison suffisante de le maintenir en prison, a réagi la députée travailliste de Streatham, Bell Ribeiro-Addy, dans une entrevue à Sky News.

Une promesse électorale

Le gouvernement Johnson avait déjà annoncé un durcissement législatif à la suite de l'attaque au couteau qui avait fait deux morts fin novembre au pont de Londres. L'assaillant, un djihadiste en liberté conditionnelle, avait aussi été abattu après avoir tué deux personnes et en avoir blessé trois autres.

Alors en pleine campagne électorale, le dirigeant conservateur avait été accusé, y compris par des proches des victimes, de récupération politique.

Après l’attaque de dimanche, le maire de Londres, Sadiq Khan, s'est dit fâché [...] du manque de progrès dans la réalisation des changements qui nous ont été promis en novembre par le gouvernement.

Selon lui, environ 70 personnes condamnées pour infraction terroriste sont actuellement en liberté dans la capitale britannique. Une des questions que j'ai pour le gouvernement est de savoir ce que nous faisons avec ces quelque 70 personnes, a-t-il lancé sur ITV.

L’ancien chef de l’unité antiterroriste de la police britannique, Mark Rowley, a convenu qu’il serait logique d’imposer des peines de prison d’une durée indéterminée aux personnes condamnées pour des délits terroristes, mais a admis que cela s’annonce difficile.

L’un des défis du premier ministre et de son équipe est [de déterminer] à quel point on peut revenir en arrière et amender les règles pour les gens qui purgent déjà des peines ,  a-t-il déclaré à la BBC. Légalement, c’est très, très difficile.

Mais s’il y en a beaucoup, beaucoup, qui sortent dans le cadre d’un régime qui, croit-on, ne fonctionne pas, est-il possible de changer cela? a ajouté M. Rowley, selon qui des dizaines d’autres personnes condamnées pour des délits terroristes sont sur le point d’être libérées.

La police britannique a indiqué lundi que l’enquête sur l’attaque perpétrée par Sudesh Amman se poursuit à un rythme soutenu. Elle dit avoir mené des perquisitions à deux adresses résidentielles dans le sud de Londres et dans la zone de Bishop's Stortford au nord de Londres, mais sans effectuer d’arrestation.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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