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Le mécontentement gronde chez des partisans de l’Alliance des gens du N.-B.

Kris Austin lors d'une allocution à l'Assemblée législative

Des partisans de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick estiment que leur chef, Kris Austin, et les deux autres députés du parti ne font pas assez d'efforts contre le bilinguisme officiel.

Photo : Assemblée législative du Nouveau-Brunswick

Radio-Canada

Un Néo-Brunswickois qui s’oppose farouchement au bilinguisme officiel dans la province se sent abandonné par l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick sur cette question.

Jason McBride et d’autres membres de son groupe Facebook nommé United Citizens of New Brunswick reprochent au chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, et aux deux autres députés du parti de ne pas en faire assez en matière de bilinguisme depuis les élections de 2018.

Jason McBride dit qu’il n’est plus un partisan de l’Alliance parce que Kris Austin n’a pas présenté à l’Assemblée législative ses milliers de pétitions contre le bilinguisme officiel. Les pétitions sont dans le bureau de M. Austin depuis six mois, souligne-t-il dans une publication sur Facebook.

L’Alliance doit faire quelque chose avec ce dossier, lance Bruce Messer, un autre membre du groupe Facebook.

En entrevue, M. Messer dit être généralement satisfait du travail des députés de l’Alliance, mais qu’il aimerait voir le plan du parti en matière de bilinguisme officiel d’ici les prochaines élections pour prendre des décisions.

Kris Austin lors de son allocution devant ses militants

Kris Austin, qui s'adresse ci-dessus à ses partisans lors de la soirée électorale en 2018, explique que l'approche du parti en matière de bilinguisme officielle n'est pas la même que celle de certains partisans.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Une approche fondée sur le bon sens

La pétition de M. McBride réclame un référendum contre le bilinguisme officiel, qui est inscrit dans une loi au Nouveau-Brunswick depuis 1969 et dans la Constitution canadienne depuis 1982.

L’Alliance n'a pas présenté la pétition à l’Assemblée législative. Tout d’abord, explique Kris Austin, Jason McBride avait promis en août une pétition portant la signature de milliers de personnes, mais il n’y en a qu’environ 2400 dont certaines qui remontent à cinq ou six ans.

De plus, ajoute M. Austin, la pétition va bien au-delà de la prise de position du parti qui, précise-t-il, demande une approche plus fondée sur le bon sens en matière de bilinguisme officiel et qui ne s’attaque pas à la Constitution canadienne.

L’Alliance des gens n’a jamais réclamé l’élimination du bilinguisme ni un référendum sur le bilinguisme, assure Kris Austin.

Une vidéo attise le débat

Lorsque Jason McBride a remis ses pétitions à Kris Austin en août, il a publié sur Facebook une vidéo dans laquelle il soutient que c'est grâce à son groupe que l’Alliance a fait une percée électorale. Les trois députés de l’Alliance, dit-il, peuvent présenter les pétitions.

Le 26 janvier, M. McBride a publié à nouveau cette vidéo en écrivant qu’il n’a pas vu M. Austin parler des pétitions depuis ce moment. Il a demandé aux autres membres du groupe s’ils l’avaient vu les mentionner. C’est ce qui a déclenché la discussion en ligne.

Égoportrait de Jason McBride devant l'édifice de l'Assemblée législative

Jason McBride demande aux membre de son groupe Facebook s'ils ont entendu Kris Austin parler de la pétition à l'Assemblée législative.

Photo : Facebook/United Citizens of New Brunswick

Jason McBride a communiqué avec CBC à ce sujet, mais il n’a pas répondu à une demande d’entrevue.

Les députés alliancistes appuient le gouvernement progressiste-conservateur minoritaire lors des votes de confiance depuis les élections de 2018. L’Alliance des gens exerce ainsi un poids politique, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle peut atteindre tous ses objectifs, a déjà expliqué Kris Austin.

Les partisans, selon M. Austin, comprennent cette situation et les progrès accomplis dans certains dossiers. Il souligne à titre d’exemple l’embauche d’ambulanciers unilingues dans les équipes flottantes affectées au transport des patients entre hôpitaux.

La majorité des partisans de l’Alliance ne demande pas ce que réclame Jason McBride, ajoute M. Austin. Son bureau, dit-il, n’est pas inondé de courriels à ce sujet.

Le printemps dernier, M. Austin a fait entendre à l’Assemblée législative qu’il essayerait de faire modifier la loi sur les langues officielles afin d’en exempter les ambulanciers, mais il a dit que d’autres dossiers en matière de soins ambulanciers étaient prioritaires et que son projet de loi ne serait probablement pas déposé durant la session législative courante.

D’autres partisans appuient Kris Austin

D’autres membres du groupe Facebook se sont portés à la défense de Kris Austin et ont demandé à ceux qui le critiquent d’aider à faire élire plus de députés alliancistes aux prochaines élections, car le parti n’occupe que 3 sièges sur 49 à l’Assemblée législative.

Kris Austin doit naviguer stratégiquement jusqu’aux prochaines élections, selon le partisan Matt Wood. Mais d’autres partisans critiquent M. Austin. Il n’a dit que ce que les gens voulaient entendre, lance l'un d'eux, Peter Robinson.

Un partisan de longue date, Joshua MacDonald, dit que sa confiance est ébranlée. Il dénonce l’appui de M. Austin au Parti progressiste-conservateur.

Le mécontentement des partisans d’un parti populiste présent à l’Assemblée législative n’est pas une nouveauté dans la province. Le parti Confederation of Regions (CoR) qui a remporté huit sièges et formé l’opposition officielle en 1991 a vite été secoué par des querelles internes.

Certains membres du parti reprochaient alors aux huit députés de ne pas en faire plus contre le bilinguisme officiel.

L’un de ces anciens députés, Greg Hargrove, est intervenu dans la discussion sur Facebook en disant que les opposants au bilinguisme ont eu une chance d’agir avec le CoR, mais les électeurs anglophones ont ensuite abandonné le parti. Il leur dit de se taire et de souffrir en silence, car ils sont responsables de la situation, selon lui.

Avec les renseignements de Jacques Poitras, de CBC

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