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Le nouveau coronavirus plus meurtrier que le SRAS en Chine

Les bourses de Shanghai et de Shenzhen, qui ont rouvert après un long congé, ont brutalement chuté.

Des ouvriers portant des masques travaillent sur un immeuble.

Des ouvriers achèvent de construire l'Hôpital de la montagne du dieu du feu, entièrement dédié à combattre le virus 2019-nCoV, à Wuhan.

Photo : Getty Images / AFP

Radio-Canada

Le bilan du coronavirus 2019-nCoV atteint 425 morts, dont un seul hors de la Chine continentale, où il dépasse désormais celui du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Un hôpital construit en un temps record à Wuhan pour faire face à l'afflux de malades devait ouvrir lundi, mais aucun n'y a encore été admis.

La Commission nationale de la santé a fait état d'un bilan de 425 morts, en grande majorité des personnes âgées ou déjà affaiblies.

Il y a désormais en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) plus de morts dues à ce coronavirus qu'à l'épidémie de SRAS, qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003. Le SRAS avait tué au total 774 personnes dans le monde, dont 44 au Canada, tous dans la grande région de Toronto.

Le virus 2019-nCoV a en outre fait un mort pour la première fois hors de la Chine : un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, avait annoncé dimanche matin l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le nombre d'infections confirmées en Chine a grimpé à plus de 20 400.



La très grande majorité des décès et des cas de contamination par le nouveau coronavirus sont à déplorer à Wuhan et dans sa province, le Hubei, où quelque 56 millions d'habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

La mise en quasi-quarantaine a été étendue dimanche à Wenzhou, une ville portuaire de plus de 9 millions d'habitants située à 800 km à l'est de Wuhan. Seule une personne par foyer est autorisée à sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses.

Les bourses dégringolent

Deux hommes en combinaison de protection répandent un produit sur le sol.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Du désinfectant a été vaporisé devant l'entrée de la bourse de Shanghai, lundi.

Photo : Getty Images / Yifan Ding

Traditionnellement fermés pendant les congés du Nouvel An lunaire, qui se sont cette fois-ci prolongés de trois jours, les marchés boursiers chinois ont rouvert lundi, recevant en plein visage l'impact de l'épidémie.

Shanghai a ainsi chuté de 7,72 % et Shenzhen de 8,41 %. C'était le plus important recul des indices chinois depuis le krach de 2015.

Les autorités chinoises avaient pourtant pris les devants pour rassurer les investisseurs : la banque centrale avait indiqué dimanche qu'elle allait injecter 1200 milliards de yuans (environ 226 milliards de dollars canadiens) dans le système bancaire.

Mais les observateurs sont désormais convaincus que le virus et les mesures prises pour freiner sa propagation auront un effet négatif sur la croissance économique chinoise.

Si le congé de 10 jours du Nouvel An s'est officiellement achevé dimanche, la Chine fonctionnait toujours au ralenti, lundi, nombre d'entreprises l'ayant prolongé d'une semaine ou ayant permis à leurs employés de travailler de la maison.

Le gouvernement avait octroyé trois jours de congés supplémentaires dans l'espoir de retarder le retour vers les villes des centaines de millions de travailleurs retournés dans leurs régions d'origine pour le Nouvel An. Ceux-ci ont maintenant commencé à regagner les grandes villes pour retourner au travail.

Un hôpital neuf pour faire face à l'épidémie

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Construire un hôpital en 10 jours

Les premiers patients devaient être reçus lundi dans un nouvel hôpital de 1000 lits construit à Wuhan spécifiquement pour faire face à l'épidémie. Il a été érigé dans un délai record de 10 jours. Quelque 1400 militaires sont censés y prendre soin des patients.

Toutefois, au petit matin, mardi, on n'avait pas encore signalé la moindre admission.

Le système hospitalier de Wuhan étant débordé, les autorités avaient annoncé la construction presque instantanée de deux nouveaux établissements.

La construction de l'Hôpital de la montagne du dieu du feu a eu lieu à grand renfort de propagande, avec des images diffusées en boucle à la télévision. Il était aussi possible de suivre en permanence l'évolution des travaux grâce à une vidéo présentée en direct sur le web.

Un second hôpital encore plus grand (1600 lits) est en construction dans la même ville. Il doit ouvrir ses portes mercredi.

Pékin accuse Washington de semer la panique

Pékin a vilipendé les autorités américaines, lundi, leur reprochant d'avoir mené la charge des restrictions visant les ressortissants chinois en raison du coronavirus.

Le gouvernement américain a été le premier à évacuer le personnel de son consulat à Wuhan, à suggérer le retrait partiel de son personnel d'ambassade et à imposer une interdiction d'entrée sur le territoire aux voyageurs chinois, a sermonné Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il n'a de cesse de créer et semer la panique.

Washington interdit l'entrée sur son territoire de tous les non-résidents arrivant de Chine, et recommande aux Américains d'éviter de se rendre en Chine ou d'en repartir s'ils s'y trouvent déjà.

La porte-parole chinoise a souligné que le Canada n'avait pas imposé de restrictions similaires, un contraste tranchant avec le comportement des États-Unis.

Hua Chunying a noté que la Chine, qui a un urgent besoin de fournitures médicales comme des masques, des lunettes et des combinaisons de protection, en a reçu d'une dizaine de pays comme la France, le Royaume-Uni, le Japon, l'Iran ou la Russie, mais pas des États-Unis.

Le gouvernement américain ne nous a pour l'instant fourni aucune aide substantielle.

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

De nombreux pays ont multiplié les mesures de protection, outre les États-Unis : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Irak, Israël et les Philippines notamment ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant récemment rendus en Chine. La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leur frontière terrestre avec la Chine.

Les croisiéristes ont pour leur part décidé d'interdire la présence à bord de leurs navires de passagers ou membres d'équipage qui ont séjourné en Chine dans les deux dernières semaines.

Un avion Boeing au-dessus d'arbres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un appareil de l'armée italienne arrive à Rome avec à son bord des citoyens rapatriés de la région de Wuhan. Ceux-ci seront placés en quarantaine.

Photo : Getty Images / AFP / Andreas Solaro

Parallèlement, les opérations de rapatriement d'étrangers se poursuivent : un deuxième avion français ramenant 254 passagers de 30 nationalités différentes de Wuhan a atterri dimanche dans le sud-est de la France. Un avion transportant 167 Marocains a atterri au Maroc. Et un avion ramenant 243 personnes, dont 89 enfants, a atterri lundi en Australie, qui envisage l'envoi d'un deuxième appareil.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a indiqué lundi midi qu'Ottawa attendait toujours l'autorisation de Pékin pour envoyer un avion récupérer des citoyens canadiens.

La Chine et le Canada sont en communication à sujet, a indiqué Hua Chunying, sans dire à quel moment cette autorisation pourrait arriver.

Les États-Unis entendent poursuivre les évacuations d'Américains. Et la Russie a annoncé des rapatriements depuis Wuhan à partir de lundi tout en suspendant les liaisons ferroviaires avec la Chine.

L'OMS, qui a décrété l'urgence internationale la semaine dernière, a indiqué lundi qu'elle travaillait avec des géants du web pour contrer la désinformation autour du coronavirus. Elle collabore en particulier avec Google, mais Twitter, Facebook, Tencent et Tiktok participent aussi à l'effort de guerre.

Des équipes de l'OMS tentent notamment d'identifier les rumeurs les plus répandues, entre autres les conseils erronés sur la manière de traiter la maladie.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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