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Des formations sur le terrain qui contrent le décrochage en Basse-Côte-Nord

Sept personnes participent à la formation.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Laurence Royer

À Pakua Shipi et Unamen Shipu, des jeunes peuvent désormais obtenir les certifications pour travailler dans le domaine de la construction sans avoir à quitter la région. Un programme de formation en charpenterie-menuiserie a été mis en place par l’entreprise innue Mitshuap avec les communautés.

Les jeunes innus de la Basse-Côte-Nord qui souhaitaient suivre une telle formation devaient auparavant quitter leur communauté. Le taux de décrochage est d'ailleurs très élevé lorsque les jeunes vont étudier à l’extérieur, selon le gestionnaire du programme de formation, Hermel Bégin.

Environ 50 à 60 % de ceux qui vont à l’extérieur pour étudier reviennent dans leur communauté parce qu’ils ont eu un problème d’adaptation au système scolaire, à la vie en ville, la vie culturelle.

Un avis que partage la conseillère pédagogique pour l’entreprise Mitshuap, Marie-Chantale Pelletier. Elle ajoute que les réalités des jeunes en Basse-Côte-Nord ne leur permettent pas toujours de quitter facilement la région pour étudier.

Nos apprentis, à eux seuls, ont 21 enfants et même des bébés en route, donc c’est important pour eux de rester dans la communauté avec leur famille.

Une dizaine de personnes sont assis à une table

Les jeunes n'ont plus besoin de quitter la communauté pour devenir charpentier-menuisier.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Aide du Ministère

De son côté, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ne dispose pas de données sur le taux de décrochage des jeunes issus des Premières Nations, mais il confirme avoir observé le phénomène.

Lorsqu’ils vont à l’extérieur, plusieurs étudiants abandonnent leurs études dès la première année, alors qu’à Unamen Shipu, la motivation semble persister même plusieurs mois après avoir commencé le programme, se réjouit Hermel Bégin.

Par exemple, on a récupéré deux jeunes décrocheurs. Ils n’avaient pas de motivation à aller à l’école de façon régulière et depuis qu’on les a intégrés ici, ils sont parfaitement autonomes, ils ont hâte de venir au chantier, sont heureux de venir travailler et d’apprendre quelque chose de concret. Donc on a une bonne preuve que lorsque les formations sont apportées dans les communautés, le taux de diplomation est meilleur.

Une maison est en train d'être construite.

Les apprentis construisent une maison sur le territoire d'Unamen Shipu

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Sept personnes suivent actuellement la formation, qui leur permettra d’obtenir leur carte de compétence auprès de la Commission de la construction du Québec. Les responsables du programme se réjouissent des impacts de la formation sur les jeunes des communautés.

Les jeunes qui suivent la formation et qui participent à la construction d’infrastructures sur le territoire de la communauté sont fiers du travail qu’ils accomplissent, selon l’entrepreneur général pour Mitshuap, René Buckell.

Ça leur donne une joie pis une fierté de réalisation de tout ça. Ils disent "c’est nous qui avons fait ça, c’est les gens de la communauté".

René Buckell, entrepreneur général pour Mitshuap

Marie-Chantale Pelletier ajoute que la formation motive des jeunes à retourner aux études.

Il y en a même qui voudraient peut-être faire l’université. Il y en a qui voudraient être gestionnaires de projet, obtenir un DEP. On voit qu’il y a vraiment des aspirations, des rêves.

Plus de formations dans les communautés

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur dit vouloir soutenir les communautés qui souhaitent offrir la formation sur leur territoire.

D’ailleurs, Pakua Shipi et Unamen Shipu veulent élargir leur offre de formation. Dès le mois d’avril, les gens de la région pourront suivre un cours de conduite d’engin de chantier.

Un programme de protection et d’exploitation de la faune avait déjà été offert en 2017 et 2018 à Unamen Shipu.

D'après le reportage de Nicolas Lachapelle

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