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Coronavirus : un premier décès à l'extérieur de la Chine

Plusieurs personnes dans un commerce, portant des masques chirurgicaux.

Le reportage d’Olivier Bachand.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Les Philippines ont signalé dimanche le premier décès en dehors de la Chine d'une personne atteinte du coronavirus, qui a fait déjà plus de 360 morts et s'est propagé dans de nombreux pays étrangers, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette nouvelle a été annoncée alors qu'un nombre croissant de pays ont décidé de fermer de leurs frontières aux personnes en provenance de Chine.

Depuis son apparition en décembre dans la métropole de Wuhan, le coronavirus a contaminé plus de 16 000 personnes en Chine et s'est propagé dans 24 pays. Wuhan a été placée de facto en quarantaine, imitée dimanche par la ville chinoise de Wenzhoum qui a imposé le confinement de ses quelque 9 millions d'habitants.

En Chine, la journée de dimanche sonne la fin des vacances du Nouvel An lunaire. Les habitants ont donc commencé à rentrer chez eux, en avion et en train, même si de nombreuses entreprises demeureront fermées pendant au moins une semaine.

La Chine, qui souffrait déjà d'un ralentissement de sa croissance avant l'épidémie, a annoncé dimanche l'injection de 1200 milliards de yuans (229 milliards de dollars canadiens) pour soutenir son économie.

La banque centrale effectuera l'opération lundi à la réouverture des marchés financiers chinois après le long congé du Nouvel An lunaire, prolongé en raison du virus.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la semaine dernière l'épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale et de nombreux pays ont annoncé des mesures exceptionnelles en espérant se prémunir contre le virus.

Les États-Unis, l'Australie et Israël ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours.

La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres avec la Chine tandis que la Papouasie Nouvelle-Guinée a fermé mercredi ses entrées aériennes et maritimes à tous les voyageurs étrangers en provenance d'Asie.

Un voyageur portant un masque circule dans un aéroport des Philippines.

Le coronavirus a fait une première victime à l'extérieur de la Chine

Photo : Reuters

Ces mesures pourraient avoir ralenti la propagation du virus, mais ne l'ont pas arrêtée.

Parallèlement, les opérations de rapatriement d'étrangers se trouvant en Chine se poursuivent : un deuxième avion ramenant des étrangers de 30 nationalités différentes depuis Wuhan a atterri dimanche sur une base militaire dans le sud-est de la France. Au Maroc, un avion transportant 167 Marocains de Wuhan a atterri dans la matinée à Benslimane, entre Rabat et Casablanca.

En Italie, un avion militaire a décollé dimanche de Rome à destination de Wuhan, d'où il doit rapatrier 67 personnes. L'Algérie a aussi annoncé qu'elle allait rapatrier, à la demande de leurs gouvernements, dix Tunisiens et des étudiants libyens toujours à Wuhan, avec les 36 Algériens, majoritairement des étudiants, qui s'y trouvent bloqués.

La personne décédée aux Philippines était un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan, a indiqué l'OMS. L'annonce a suivi de peu la décision des Philippines de ne plus accepter de voyageurs étrangers en provenance de Chine.

Il s'agit du premier décès signalé en dehors de la Chine, a déclaré à la presse Rabindra Abeyasinghe, représentant de l'OMS aux Philippines.

Au cours du week-end, la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède ont annoncé leurs premiers cas confirmés.

En Chine, le nombre de morts s'élevait dimanche à 304, les autorités ayant annoncé que 45 personnes étaient décédées au cours des dernières 24 heures.

Le nombre d'infections confirmées dans l'ensemble de la Chine a lui aussi augmenté pour s'établir dimanche à près de 14 500. Ce chiffre dépasse désormais le nombre d'infections enregistrées lors de l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), un virus semblable qui avait fait en 2002-2003 un total de 774 morts, dont la majorité en Chine continentale et à Hong Kong.

Une autre ville confinée

Pékin a pris des mesures sans précédent pour limiter les déplacements des personnes, le virus étant transmissible d'humain à humain.

La plus spectaculaire a été mise en place dans la province du Hubei et sa capitale Wuhan, où le virus a déjà contaminé 661 personnes. Depuis le 23 janvier, quelque 56 millions d'habitants y sont coupés du monde par un cordon sanitaire.

Avec 265 cas de contamination, Wenzhou, l'une des villes de Chine les plus touchées, a annoncé dimanche avoir pris des mesures similaires.

Les habitants de cette ville portuaire, située à environ 800 kilomètres à l'est de Wuhan, sont désormais obligés de rester chez eux. Seule une personne par foyer est autorisée à sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses.

Trois personnes vêtues de combinaisons de protection désinfectent une gare.

Des mesures sans précédent ont été prises pour limiter les déplacements de personnes dans les villes chinoises touchées par le virus.

Photo : Reuters

Les transports publics sont suspendus ainsi que les autocars longue distance. Les grands axes routiers sont presque entièrement fermés.

Ce virus est apparu au pire moment pour la Chine, des centaines de millions de Chinois voyageant lors des congés du Nouvel An lunaire, qui a commencé officiellement le 24 janvier. Ces congés, au cours desquels la plupart des Chinois rentrent dans leurs familles, devaient prendre fin vendredi, mais ils ont été prolongés jusqu'à lundi pour laisser plus de temps aux autorités pour faire face à la crise.

Selon l'agence Chine nouvelle, les autorités ont ordonné des contrôles de température à tous les points de sortie et d'entrée de la capitale chinoise.

Les passagers sont également tenus de remplir un formulaire sur leur état de santé.

Les personnes de retour chez elles sont contrôlées à domicile. Dans de nombreuses stations de métro, la fièvre est contrôlée, ainsi que dans de nombreux bureaux et cafés.

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