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Trois questions pour comprendre les caucus de l'Iowa

Un homme dans l'ombre marche devant un drapeau américain géant.

Les électeurs démocrates de l'Iowa sont les premiers à se prononcer dans la course à l'investiture du parti.

Photo : Associated Press / John Locher

Les caucus de l’Iowa, qui se tiendront lundi soir, lanceront la longue saison de la course à l’investiture démocrate qui prendra fin cet été avec la nomination d’un candidat pour affronter Donald Trump. Petit guide pour comprendre le déroulement et l’importance de l’événement.

Comment ça fonctionne?

Contrairement aux primaires au cours desquelles les électeurs remplissent des bulletins de vote, les caucus requièrent une présence physique le soir du scrutin.

Gymnases, centres communautaires, bibliothèques, églises : les associations démocrates de chaque comté de l’Iowa déterminent un endroit où leurs membres devront se rendre.

Dans la salle, une zone sera attribuée à chacune des campagnes. Les électeurs devront se déplacer vers l’endroit attribué au candidat de leur choix.

Après un premier décompte, les appuis seront comptabilisés. Une campagne doit obtenir 15 % du vote pour se voir attribuer des délégués. Les militants des campagnes n’ayant pas atteint ce seuil seront incités par ceux des autres campagnes à se joindre à eux dans un autre coin de la pièce. 

Au terme du deuxième tour, les appuis finaux seront comptabilisés dans chacun des districts de l’État et le nombre de délégués sera distribué proportionnellement aux résultats des différents candidats. 

Des personnes sont assises dans une salle avec un drapeau de l'Iowa et un drapeau américain.

Des électeurs sont rassemblés lors d'une soirée partisane à Cedar Rapids en Iowa.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

J’aime le fait que tout le monde puisse être ensemble et avoir une conversation, lance Eric Nelly, un électeur de l’Iowa.

Si cette méthode de vote est dynamique, la formule présente néanmoins son lot de défis pour certains militants.

Par exemple, certains électeurs sont au travail et ne peuvent se libérer au moment précis de l’événement. D’autres, plus âgés ou handicapés, ont de la difficulté à se déplacer dans la salle, ce qui est au cœur de l’exercice. Les autorités tentent de pallier ces difficultés en facilitant les transports et en créant des caucus satellites pour les gens qui ne peuvent pas être dans leur district le soir du vote.

Les caucus de l’Iowa s'ouvrent lundi

Pourquoi l’Iowa?

En Iowa, les militants démocrates et républicains rappellent, non sans fierté, qu’ils sont les « premiers dans la nation » à pouvoir se prononcer dans le cadre des courses à l’investiture de leur parti.

Après la convention démocrate de 1968, marquée par des manifestations violentes à l’extérieur et une lutte électorale chaudement disputée à l’intérieur, les instances du parti ont décidé de mieux répartir le choix des déléguées sur une plus longue période de temps à travers le territoire américain.

Dès 1972, le parti démocrate de l’Iowa a commencé, compte tenu de son mode de scrutin complexe, à tenir ses caucus en février. Les républicains ont emboîté le pas quatre ans plus tard.

L’Iowa ne dispose que d’une quarantaine de délégués sur les près de 5000 au niveau national. N’empêche, la performance dans cet État peut donner une indication sur l’état des campagnes et donc influencer la suite de la course à l’investiture.

Ce qui se passe en Iowa, ne reste PAS en Iowa, indiquait ainsi cette fin de semaine la représentante démocrate Ilhan Omar, venue faire campagne pour le candidat Bernie Sanders à Des Moines.

Au sein du Parti démocrate, l’idée que ce petit état du Midwest ait un poids de cette importance est de plus en plus contestée.

Certains comme Julian Castro, ancien candidat à l’investiture, estiment que l’Iowa, dont 89 % de la population est blanche, n’est pas représentatif de la base beaucoup plus diversifiée du Parti démocrate.

D’autres, dont les stratèges du candidat Michael Bloomberg, qui ne participera pas aux caucus, estiment que cela force les candidats à faire campagne dans cet État peu stratégique pendant des mois, alors qu’ils pourraient concentrer leurs efforts dans d’autres États qui seront beaucoup plus déterminants lors de l’élection présidentielle.

N’empêche qu’en Iowa, les électeurs pensent que le moment stratégique des caucus permet de mettre en évidence certains enjeux qui seraient autrement moins intéressants pour les candidats.

Nous prenons notre rôle très au sérieux, indique par exemple Matt Russell, un agriculteur de l’Iowa, qui a profité des derniers mois pour sensibiliser les candidats à l’importance d’encourager les producteurs à adopter des mesures plus vertes.

Matt Russell avec des vaches dans un champ enneigé.

Matt Russell a voulu sensibiliser les candidats démocrates à adopter des mesures plus vertes.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Qui surveiller?

Lundi soir, les électeurs de l’Iowa devront faire un choix parmi dix candidats, mais seulement six d’entre eux ont réussi à se qualifier au dernier débat national qui avait lieu à Des Moines : l’ancien vice-président Joe Biden, les sénateurs Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Amy Klobuchar, l’ancien maire Pete Buttigieg et le milliardaire Tom Steyer.

Les différents sondages menés au cours des dernières semaines vont dans plusieurs directions. Si Bernie Sanders connaît une remontée dans l’opinion des électeurs de l’Iowa depuis quelques semaines, certains coups de sondes montrent aussi Joe Biden en bonne position. Certains observateurs prévoient même une course à quatre ou à cinq lundi.

Les caucus de l’Iowa s’annoncent donc imprévisibles et nous réserveront leur lot de surprises. Les résultats alimenteront la réflexion des différents candidats sur la stratégie à adopter pour les prochains rendez-vous électoraux au New Hampshire, au Nevada et en Caroline du Sud.

Depuis 1972, sept des dix candidats démocrates qui ont remporté le plus de délégués en Iowa sont devenus les candidats de leur parti aux élections présidentielles quelques mois plus tard.

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