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Microbrasseries au Canada : plus de brasseurs, moins de buveurs

Le reportage de Michel Marsolais.

Photo : Radio-Canada

Pendant le week-end du Super Bowl, il n'y a pas que les ailes de poulet qui feront fureur. La bière coulera également à flots. Au Canada, les brasseries se sont multipliées ces dernières années. On en compte maintenant près de 1000, dont près de 250 au Québec, mais le marché des microbrasseries pourrait cependant arriver à son point de saturation dans l’année en cours.

Le marché de la bière, qui génère 22 milliards de dollars au Canada, a bien changé ces dernières années. Depuis 2015, le nombre de brasseries a bondi de 155 %. Il y en a maintenant près de 1000 au pays, dont plus de 240 au Québec. Les microbrasseries continuent de se multiplier, aidées par des mesures fiscales.

Dans certaines régions au Canada, il y a une brasserie pour 15 000 personnes. C'est un modèle d'affaires qui est intéressant en soi et qui crée des emplois, surtout en régions, même si la demande est en chute libre. Les Canadiens et les Québécois ont beaucoup de choix, de dire Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, à l'Université Dalhousie à Halifax.

Au Québec, il y a une brasserie pour 38 000 habitants. Malgré cette abondance de produits, les ventes de bière ont chuté de 4 % l'an dernier. La bière, qui occupait plus de la moitié du marché des produits alcoolisés, n'en occupe plus que 38 %.

Les Canadiens ont consommé en moyenne 55,2 litres en 2018, soit une diminution de 3,5 litres par personne par rapport à 2014. La consommation de bière au Canada devrait continuer à diminuer d'ici 2023.

Lancer de nouveaux produits devient difficile. À la microbrasserie 4 Origines, à Montréal, 50 % des ventes se font sur place.

Je pense que ça devient plus difficile, mais tu peux faire un parallèle avec les restaurants. Il y a beaucoup de restaurants, mais ce sont les meilleurs qui vont rester, pense Keegan Kelertas, vice-président et co-fondateur de la Brasserie 4 Origines.

Changements chez les consommateurs

Dans un marché saturé, les microbrasseurs comptent sur les changements d'habitudes des consommateurs.

C'est possible qu'on voie plus de fermetures. D'un autre côté, les microbrasseries [au Québec] c'est juste 10 % du marché de la bière en ce moment. En Colombie-Britannique, c’est 30 %, rappelle Keegan Kelertas.

Keegan Kelertas sourit lors d'une entrevue dans une microbrasserie.

Keegan Kelertas, vice-président et cofondateur de la Brasserie 4 Origines.

Photo : Radio-Canada

Les millénariaux, particulièrement, carburent à la nouveauté. Ils achètent de plus petites quantités, mais n’hésitent pas à payer plus cher.

Il y a beaucoup de demande pour la bière artisanale et une forte tendance pour les bières limitées. Les gens veulent découvrir des choses en petits lots, ajoute Keegan Kelertas.

Dans l’industrie, on assiste à quelques acquisitions, mais la consolidation du marché reste modeste.

Il n’y a eu que deux acquisitions dans la dernière année. Il y a eu Wild Rose par Sleeman il y a huit mois et, cette semaine, Labatt a acheté Blended Peak en Alberta et c'est tout! Une des raisons, c’est que la plupart de ces brasseries-là n'ont pas la capacité d'augmenter leurs parts de marché en raison des barrières interprovinciales, explique Sylvain Charlebois. L'autre réalité, c'est qu'il y a plusieurs microbrasseries qui perdent de l'argent, qui ne sont pas viables.

Les petits joueurs sont encore confiants d'arracher des parts de marchés aux grandes brasseries comme Molson. Mais avec plus de brasseurs et moins de buveurs, certaines fermetures seront inévitables.

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