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Le combat de l'artiste Albert Lauzier contre l'oubli

Les œuvres ont voyagé un peu partout dans le monde.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Laurence Gallant

L'artiste Albert Lauzier, originaire de Rimouski, a peint toute sa vie. Ses œuvres sont uniques, et pour plusieurs, reconnaissables entre mille. Le peintre de 79 ans, qui a récemment reçu un diagnostic d'aphasie, cherche depuis plusieurs années à faire reconnaître son travail et au-delà de tout, faire de sa maison un musée à part entière.

Iconoclaste, autodidacte, sans compromis : autant de mots qui qualifient le peintre rimouskois Albert Lauzier, mais qu'il ne peut plus lui-même prononcer. Atteint d'aphasie primaire progressive, une maladie dégénérative qu'on lui a récemment diagnostiquée, l'artiste est petit à petit privé de l'usage de la parole et ne peut plus lire ni écrire.

Un tableau où des hommes tenant une tige marchent en rang.

Une des toiles de Lauzier, accrochée dans la maison paternelle.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

À une certaine époque, ses œuvres voyageaient partout dans le monde. Il a été des artistes sélectionnés pour représenter le Québec à l'exposition universelle d'Osaka, au Japon en 1970 : un moment marquant pour lui, alors que certains de ses tableaux se sont retrouvés notamment aux côtés de ceux de Jean-Paul Riopelle, au Pavillon du Québec.

Celui qui a aussi été ébéniste et sculpteur cherche maintenant à faire reconnaître à nouveau son travail. Mais la tâche se fait de plus en plus difficile. Chaque phrase qu’il parvient à exprimer représente une petite victoire.

Coupure de journal titrée : Un Lauzier à côté d'un Riopel.

Une brève tirée du journal Le Progrès du Golfe, publié le 13 mars 1970

Photo : Progrès du Golfe/BAnQ

Albert, c'est un manuel, c'est un avant-gardiste, décrit son frère, Jean-Paul Lauzier. Ce dernier explique que malgré la maladie, son frère veut continuer de faire rayonner son œuvre.

Il a voulu toujours faire à sa tête. On lui conseillait de faire autrement, mais il était têtu. Il avait son idée puis il réussissait, malgré tout.

Jean-Paul Lauzier, frère de l’artiste

Au fil du temps, les fresques d’Albert Lauzier se sont faites abstraites ou figuratives, représentant des paysages ou bien d'hommes, de femmes, souvent en mouvement, travaillant dans la contrainte ou tout à fait libres.

Un tableau illustrant une série d'hommes nus et un tank.

La guerre, l'un des thèmes de prédilection de l'artiste.

Photo : Radio-Canada

Ceux qu'il appelle ses personnages contribuent à illustrer ce qui le préoccupe le plus : les conflits armés, l’exploitation humaine, la nature, les femmes et la place prépondérante qu'elles devraient, selon lui, occuper dans la société. On pourrait faire mieux , affirme Albert Lauzier, tout sourire.

Les femmes devraient faire plus de politique. [...] Elles ont une belle âme, plus que les hommes.

Albert Lauzier, artiste
Un tableau sur lequel figurent des hommes et des femmes nus.

Les femmes sont au cœur de l'œuvre d'Albert Lauzier.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Près de 200 tableaux sommeilleraient dans la maison d'Albert Lauzier, en attendant d'être mis en valeur. Des centaines d'autres ont été vendus dans les dernières décennies, ici comme à l'étranger.

Ces œuvres, M. Lauzier les a peintes dans les 70 dernières années. Nombre d'entre elles ont été sculptées directement sur une base de ciment-acrylique, usant tantôt d'un pistolet à peinture, tantôt de languettes de papier sablé. Avec ces bas-reliefs, l'artiste aimait créer de la lumière.

Jean-Paul Lauzier et son frère dans le grenier de l'atelier.

« Albert, c'est un manuel, c'est un avant-gardiste », décrit son frère, Jean-Paul Lauzier.

Photo : Radio-Canada

Albert Lauzier a pourtant arrêté de peindre il y a peu de temps, après le décès de la mère de ses enfants, celle qu'il désignait comme sa muse.

Ce qu'il souhaite maintenant plus que tout, c'est de transformer la maison paternelle en un musée ouvert au public, un projet qu’il caresse déjà depuis quelques années.

L'artiste devant sa porte, à l'extérieur.

Albert Lauzier devant chez lui.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Je déménagerais et puis ce serait une place publique. [...] Les enfants d'école et les personnes âgées viendraient ici, avec des autobus, imagine M. Lauzier.

Une reconnaissance par l'extérieur, par les connaisseurs, c'est ça que ça prendrait, ajoute son frère.

Ce rêve, Albert Lauzier souhaiterait le réaliser avec le soutien de ses alliés et ainsi que celui du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Une façon pour lui de s’assurer de ne pas tout à fait tomber dans l'oubli.

La maison d'Albert Lauzier dans la neige.

Albert Lauzier souhaiterait que la maison paternelle devienne un musée à part entière, ouvert au public.

Photo : Radio-Canada

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