•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Le drapeau de l'Union Jack accroché sur la place du Parlement, le 1er février 2020 à Londres.

Le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Union européenne après trois années et demi de crise et de blocages.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Les Britanniques auront eu besoin de trois années et demi pour formaliser leur divorce d’avec l’Union européenne. Un très long détour rempli de revirements, de démissions et de doutes. Le moment est finalement venu… et peu de choses ont vraiment été réglées. Voici quatre questions nées de ce Brexit.

Quels liens le Royaume-Uni tissera-t-il avec l’Europe?

C’est la question qui semble la plus pressante. Celle à laquelle les négociateurs et les diplomates devront s’atteler dans les prochaines semaines. Les deux parties conserveront-elles des liens économiques relativement étroits?

Le gouvernement de Boris Johnson ne donne pas de signaux clairs jusqu’à présent. D’un côté, il semble vouloir se rapprocher des États-Unis de Donald Trump, en relâchant ses réglementations financières et environnementales.

D’un autre côté, sa politique étrangère (sur l’Iran ou la Chine notamment) ne semble pas trop différente de celle prônée par les diplomates européens. Même chose pour ses intentions en matière commerciale, qui semblent inspirées de l’entente conclue entre le Canada et l’Union européenne.

Après trois ans et demi de débats, les Britanniques doivent répondre à une question cruciale : à quel point souhaitent-ils vraiment s’éloigner de l’Union européenne?

Quelle place le Royaume-Uni se taillera-t-il dans le monde?

Des journaux britanniques

Des journaux britanniques le samedi 1er février 2020

Photo : Associated Press / Alberto Pezzali

À l’issue des négociations avec l’Europe, le Royaume-Uni pourrait bien conserver des liens diplomatiques et sécuritaires avec le bloc de pays situés à quelques miles de chez lui.

Certes, les Britanniques possèdent l’arme nucléaire, un siège au Conseil de sécurité de l’ONU et une armée bien puissante. Mais, dans un monde multipolaire et hyper connecté, cela ne suffit plus pour faire avancer ses objectifs diplomatiques et stratégiques.

De ça, il a peu été question dans les nombreux débats entourant le Brexit. Le Royaume-Uni choisira-t-il de projeter son influence seul de par le monde, en concurrence économique et culturelle avec les puissances européennes, chinoises et américaines?

L’UE saura-t-elle conserver sa pertinence?

C’est une question qui préoccupe beaucoup moins Londres… et davantage Bruxelles. Le président français y a fait allusion dans une déclaration quelques heures avant le Brexit.

C’est un signal d’alarme historique, a lancé Emmanuel Macron, avant de souhaiter une transformation de l’UE. Nous avons besoin de plus d’Europe, a-t-il avancé, rêvant d’intégration plus profonde, de citoyens plus impliqués et plus confiants envers le bloc.

Le président français veut faire de l’Union européenne un véritable contrepoids démocratique et libéral aux modèles chinois et américain. Le Brexit a offert une occasion de tester les loyautés au sein de l’Europe.

Pour l’instant, les craintes de voir d’autres pays quitter le bloc semblent avoir disparu… reviendront-elles si le Royaume-Uni fait un succès de son départ?

Le Royaume-Uni existera-t-il encore pour longtemps?

Depuis 2016, il a souvent été question du Royaume désuni. Une allusion aux divisions entre les deux camps lors du référendum. Des lignes de failles profondes, suivant les lignes qui bousculent d’autres démocraties occidentales. Des divisions centrées sur des questions culturelles et identitaires.

Les disputes entre citoyens qui ont accompagné les débats parlementaires sur le Brexit n’ont pas cessé avec le départ de l’UE. Les uns croient toujours que le référendum n’était pas valable. Les autres leur répondent qu’ils sont mauvais perdants.

Avec le Brexit, l’unité britannique en a pris pour son rhume, un peu comme comme celle des États-Unis sous la présidence Trump.

Il y a aussi les Écossais, qui ont majoritairement choisi de rester dans l’Union européenne. Ces jours-ci, leurs leaders parlent d’un autre référendum d’indépendance… un défi de plus à l’unité de la Grande-Bretagne.

Et que dire des Irlandais? Eux qui habitent une île divisée en deux, partagée entre la loyauté à la couronne ou l’affiliation à l’Europe. La solution douanière imaginée par les négociateurs du Brexit saura-t-elle préserver la paix en Irlande du Nord?

Sur papier, le Brexit est fait, le champagne a coulé. Mais les secousses déclenchées par le tremblement de terre de juin 2016 n’ont pas fini de se faire sentir.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique internationale

International