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Un plan provisoire pour réduire la pollution au phosphore dans le lac Winnipeg

Des algues bleues vertes recouvrent les plages du lac Winnipeg.

Des algues bleues vertes toxiques recouvrent les plages du lac Winnipeg à cause de la forte concentration en phosphore des eaux.

Photo : Trish Richardson

Mohamed-Amin Kehel

La province du Manitoba et la Ville de Winnipeg se sont mises d’accord sur un plan provisoire pour réduire la pollution au phosphore dans le lac Winnipeg.

Le maire de Winnipeg, Brian Bowman, et la ministre des Conservation et du climat, Sarah Guillemard, se sont présentés tous les deux à l’hôtel de ville pour faire cette annonce.

L’objectif est de tester plusieurs produits au centre de traitement des eaux usées du North End pour déterminer quelle quantité de phosphore peut être éliminée.

La pollution au phosphore est l'une des principales raisons de la prolifération d’algues bleu-vert toxiques sur les plages du lac Winnipeg.

Le spécialiste en biologie marine au marais Oak Hammock, Pascal Badiou, accueille d’un bon œil ce pas en avant. Il estime que traiter les eaux usées de la ville de Winnipeg est la solution la plus facile pour diminuer la pollution au phosphore.

Il précise néanmoins que les eaux usées de la ville de Winnipeg ne représentent que 5 % des émissions totales de phosphore dans le lac Winnipeg. Pascal Badiou explique que la grande majorité de cette pollution provient des terres agricoles qui bordent le lac et pense que, sur le long terne, c’est ce problème que la ville devrait régler.

Le problème de la pollution au phosphore est relié au fait que la taille du bassin versant du lac Winnipeg est très grande, au-delà d’un million de kilomètres carrés. [...] C’est vraiment les terrains environnementaux et agricoles qui contribuent à plus de 80 % au phosphore qui s’écoule dans le lac.

Pascal Badiou, spécialiste en biologie marine au marais Oak Hammock

Un projet controversé

Durant les derniers mois, la province et la Ville se rejetaient la balle quant à la restauration de la station d’épuration du quartier North End. Winnipeg demandait un délai de deux ans pour mettre en place un plan de réduction de la quantité de phosphore rejetée par l’usine de traitement des eaux usées, mais le gouvernement manitobain a sommé la Ville de proposer un plan plus rapide.

Les deux niveaux de gouvernement se sont donc mis d’accord sur une stratégie provisoire pour réduire le niveau de phosphore rejeté en 2020, sans pour autant que la province ne s’engage à financer une partie du projet de restauration.

Dans un communiqué, la responsable du pôle environnement du Nouveau parti démocratique du Manitoba, Lisa Naylor, a qualifié cette annonce d’occasion perdue.

Les conservateurs de Pallister refusent toujours de financer les améliorations de la station d’épuration, même si cela peut sauver le lac Winnipeg et le préserver pour les générations futures, déplore-t-elle.

La station d’épuration du North End est active depuis 1937 et le coût des améliorations est évalué à 1,8 milliard de dollars.

Un plan divisant cette somme en trois phases a été accepté en 2014 par la Ville, qui s’était engagée à financer sa part de la première phase. Elle attendait toutefois une réponse du gouvernement manitobain à une demande de financement de 267 millions de dollars.

À l’heure actuelle, la station d’épuration ne traite pas le phosphore présent dans les eaux usées. Par conséquent, l’eau relâchée dans la rivière Rouge, et qui rejoint ensuite le lac Winnipeg, contient trois fois plus de phosphore que la limite autorisée.

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Manitoba

Protection des écosystèmes